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CHAPITRE IX

ACIDES AMIDËS DÉRIVÉS DES ACIDES MONOBASIQÜES. GLYCOCOLLES.

Généralités sur les glycocolles. — Étnde du glycocolle vinique ou acide acétamique. — Alanine, glycocolle propyliquc ou acide propionamique. — Leucine ou acide caproamique. — Glycocolles aroinaliques : Acides benzamique, cuminaniiquc, amidodracylique, etc.

§ 328. Aux acides monobasiques, que nous avons étudiés dans un précédent Chapitre, viennent se rattacher des produits dont le glycocolle peut être considéré comme le type, et qui ne diffèrent des acides normaux qu’en ce qu’un équivalent d’hydrogène (inétalloïdique) s'y trouve remplacé par le résidu AzH’. Nous en ferons une famille spéciale, désignant la collection des individus qui la composent sous le nom générique de glycocolles, qui rappelle les analogies de leur constitution et de leurs fonctions chimiques avec celles de ce corps.

Obtenus pour la première fois par l’accouplement des aldéhydes de l’acide cyanhydrique et de l’eau, déterminé par l’intervention d’un acide minéral, ces composés ont postérieurement été obtenus par une méthode générale qui m’a conduit à les considérer comme de véritables acides amidés d’une nature particulière, dérivant, ainsi que nous venons de le dire, de l’acide normal, par la substitution de i molécule d’amidogène à i molécule d’hydrogène.

L’hydrogène, à l’égard duquel la substitution s’est opérée, n’étant pas celui que les métaux peuvent déplacer, les nouveaux composés possèdent encore la propriété de s’unir aux bases ; mais, le remplacement de l’hydrogène par l’amidogène imprimant à ces composés des propriétés basiques, ils forment avec les acides des

GLYCOCOLLES.

sels bien définis : de là les caractères mixtes que nous présentent ces composés qui sont à la fois susceptibles de se comporter comme des acides et de jouer le rôle de véritables alcaloïdes.

Tels sont les résultats que j’ai mis en lumière dans un travail que j’ai publié sur les acides amidés, et dans lequel j’ai fait voir que la réaction de l’acide monochloracétique sur l’ammoniaque engendrait un produit entièrement identique au glycocolle : c’est ce qu’exprime l’équation

C*H*C10‘ -H aAzlP = cm, Azir -h C'ir( Azir)0 ‘.

Aride monochloracétique. Acide acélamique ou glycocolle.

Les différents acides monochlorés de cette série donnent naissance à des composés analogues :

C”"H’™-'C10‘ -t- aAzH’ =C1H, AzH’ -f- C’"H’*-'(AzH’)0’.

Les acides monochlorés du groupe benzoïque traités par l’ammoniaque, ou les acides mononitrés de cette série réduits par l’acide sulfhydrique, donnent naissance à des acides amidés, dont la constitution est analogue à celle des précédents, et qui présentent un ensemble de propriétés entièrement comparables à celles que nous offre le glycocolle. C’est ainsi que l’acide benzamique et ses homologues, qui se combinent avec les bases et forment des sels bien définis, s’unissent aux divers acides en donnant naissance à des combinaisons cristallisables. Ces exemples, qui nous démontrent la possibilité d’obtenir une même substance par des méthodes très-diverses, nous prouvent bien évidemment qu’il est impossible d'établir do formule rationnelle à l’égard de ces composés.

Ces acifles benzamique, cuminamique, etc., dont les analogies avec le glycocolle sont des plus évidentes, seront considérés par nous comme jouant dans la série aromatique le môme rôle que le glycocolle et ses divers homologues dans la série grasse.

Tous les acides de ce groupe se scindent, sous l’influence des bases alcalino-lerreuses anhydres et de la chaleur, en acide carbonique qui se fixe sur la base et en une ammoniaque composée qui ne diffère de l’hydrocarbure que fournirait l’acide normal

CiLYCOCOLLES. 198

placé dans les mêmes conditions que par la substitution de AzH' à 1 molécule d’hydrogène de cet hydrocarbure. En effet,

10 C‘H* 0 ' iBaO = C’O', 2BaO +

Acide benzoïque. Benzine.

2“ C“H‘(AzJl^ H- 2BaO = C’O', zBaO -+- C'MB(AzH» ).

Acide amidobenzoïque. Amidobenzine ou aniline.

Tous les composés de ce groupe se dédoublent également lorsqu’on fait passer un courant d’acide nitreux à travers leur dissolution aqueuse en un acide qui ne diffère de l’acide normal, d’où ils dérivent, que par 2 équivalents d’oxygène en plus ; il se sépare en même temps de l’azote libre et de l’eau. C’est ainsi que le glycocolle se change en acide glycollique et l’acide amidobenzoïque en acide oxy benzoïque.

C'"H’"-'{AzH’) 0 ' -H AzHO' = 2 Az -i- H’ O’ -f-

C’'"H>”-»(AzH’) 0 ‘ -h AzHO' = 2Àz + IHO’ +

Lorsque, dans l’expérience précédente, on remplace la dissolution aqueuse de l’acide amidé par une dissolution alcoolique de cet acide, ou plus simplement l’acide nitreux par son éther, on n’observe plus de dégagement d’azote, ainsi que l’a constaté M. Griess dans un remarquable travail d’ensemble sur l’action réciproque des différents composés amidés et de l’acide nitreux en présence de l’alcool. Le produit, soumis à la réaction, perd, dans ce cas, 3 équivalents d’hydrogène qui se séparent à l’état d’eau, ceux-ci étant remplacés par i molécule triatomique d’azote. Si nousprenonspour exemple l’acide amidobenzoïque (glycocolle benzoïque), nous aurons

2(C’'H’AzO') h- .AzIIO' = 2 H‘ 0 ’ -+- C='H"Az’ 0 ’.

La substance qui prend naissance dans cette circonstance est un acide bibasique. Chaque glycocolle nous offrirait un résultat semblable.

Ces acides amidés jouissent en outre do la propriété de s’unir à l’acide cyanique, combinaison dont on réalise facilement la

GLYCOCOLLES.

production au moyen de l’action réciproque du cyanate de potasse et du sulfate de l’acide amidé. Le glycocolle vinique engendrant, dans CCS circonstances, un composé déjà connu sous le nom é'aride Itydantoïquc , nous désignerons, par suite, sous le nom générique acides hydantoïques, les composés analogues formés par les differents acides amidés dans les circonstances précédentes.

Ces produits peuvent donner naissance à deux groupes de composés méthylés, éthylés, propylés, etc., isomères suivant la nature de l’hydrogène, qui est remplacé par le radical alcoolique. C’est ainsi qu’on connaît >

1 ° Un glycocollate de méthyle C'IU (C’H’) (AzH*) 0‘.

2 " Un méthylglycocolle ou sarcosine. C‘lU(AzlI,CMP)0*.

En s’unissant molécule à molécule avec la cyanamide, ces acides amidés peuvent engendrer des composés dont les fonctions sont identiques à celles de la créatine, et que, pour cette raison, nous désignerons sous le nom générique de créatines, de même que nous avons compris sous le nom générique de glyrncollcs tous les composés dont la constitution est analogue à celle du glycocolle (acide acétamique).

Ces généralités ainsi exposées, nous allons examiner sommairement quelques représentants de ce groupe de corps.

r.LYCOCOLLK OU ACIDE ACÉTAMIQUE.

prÈmièke famille.

(Formule générale :

GeYCOCOLLE ou acide ACÉTAMIQUE. (Éq. = 75.)

§ 329. En faisant bouillir pendant plusieurs heures de la gélatine avec de l’acide sulfurique affaibli, neutralisant la liqueur avec de la craie, puis faisant évaporer le liquide fdtré jusqu’à consistance de sirop, Braconnot obtint une substance cristallisée, douée d’une saveur douce et sucrée, à laquelle il donna le nom de sucre (le gélatine, qu’on a remplacé postérieurement par celui de glycocolle. L’action des alcalis, potasse ou soude, sur la gélatine conduirait au même résultat.

Depuis cette époque, M. Dessaignes a découvert un moyen plus simple de préparation, qui fournit en outre celte substance dans un plus grand état de pureté. Celui-ci consiste à faire bouillir l’acide hippurique avec une dissolution concentrée d’acide chlorliydrique. Ce dernier, fixant dans cette circonstance i molécule d’eau, se transforme, en effet, en acide benzoïque et glycocollc, ainsi que l’exprime l’équation suivante :

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