DEUXIEME FAMILLE
Glycocolles aromatiques.
(Formule ijénérale :
Acide axidobenzoïql e ou glvcocolle benzoïque. (É({. = 137.)
§ 535. Ce composé, qui dérive de l’acide benzoïque normal par la substitution du résidu Az a l’une des molécules d’hydrogène de cet acide remplaçable par les métalloïdes, prend naissance toutes les fois qu’on faitagirlhydrogènenaissantsurracidenitrobenzoïque. On peut l’obtenir, par exemple, en faisant passer jusqu’à refus un courant d’acide sulfhydrique dans une dissolution de nitrobenzoate d’ammcniaque. Le mélange, abandonné à luimême pendant quelques heures, se trouble lorsqu’on le porte à l’ébullition. On sature de nouveau d’acide sulfhydrique, puis on fait bouillir comme précédemment, après une digestion de quelques heures. On obtient ainsi un dépôt abondant de soufre et une liqueur brunâtre ; on filtre, puis on sursature par l’acide acétique concentré. Il se dépose alors de l’acide amidobenzoïque qu’on dissout dans l’eau bouillante et qu’on décolore par du noir animal. En remplaçant l’acide acétique par de l’acide chlorhydrique, on obtiendrait du chlorhydrate d’acide amidobenzoïque qu’on purifierait par la cristallisation.
L’acide nitrobenzoïque se change également en acide amidobenzoïque lorsqu’on le fait bouillir avec de l’acide chlorhydrique auquel on ajoute des lames d’étain. Il se forme, dans ce cas, un chlorure double d’étain et d’acide amidobenzoïque.
On jX)urrait évidemment l’obtenir, à la manière du glycocolle, en faisant agir l’ammoniaque sur l’acide benzoïque monochloré ou monobromé.
§ 536. L’acide amidobenzoïque pur se présente sous la forme de petits mamelons formés d’aiguilles très-fines qui se transforment en une poudre amorphe par la dessiccation. Une dissolu-
2o 4 GLYCOCOLtE BENZOÏQUE. ACIDE AMIDOBENZOÏQUE.
lion aqueuse de cet acide, refroidie très-lentement, le laisse déposer en assez gros cristaux. 11 se sépare à l’état amorphe de sa dissolution alcoolique.
11 se dissout très-bien dans l’eau bouillante. L’alcool et l’éther le dissolvent facilement. 11 est inodore. Sa saveur est douceâtre et légèrement aigrelette. Sa dissolution s'altère assez promptement au contact de l’air. Chauffé, il commence par fondre, puis se décompose en laissant un résidu de charbon assez abondant.
Chauffé avec de la potasse caustique, il laisse dégager de l’ammoniaque et de l’aniline ; il se forme en même temps du carbonate de potasse.
De l’acide nitreux qu’on fait arriver dans sa dissolution aqueuse le change en acide oxybenzoïque. L’acide amidodracylique, son isomère, se change, dans les mêmes circonstances, en acide paroxybenzoïque, et l’acide anthraniliquc, son second isomère, en acide salicyliquo. Lorsqu’on fait passer l’acide azoteux non plus dans une dissolution aqueuse d’acide amidobenzoïque, mais dans une dissolution alcoolique, il se forme un nouveau composé, Vaeide diazoamidobenzoïque
C”H"Az’0*.
Sa formation s’explique au moyen de l’équation
a(C“H’AzO‘) + AzHO' = aH’O* -t- C"H" Az’O*.
Chauffé en vase clos à i4o degrés avec de l’acide acétique concentré ou traité parle chlorure d’acétyle, l’acide amidobenzoïque se change en un acide isomère de l’acide hippurique.
En remplaçant le chlorure d’acétyle par le chlorure de benzoïïe, on obtient un dérivé benzoïque analogue au précédent, qui se dissout difficilement dans les différents dissolvants.
Les autres chlorures des radicaux d’acides se comporteraient probablement d’une manière semblable.
Le perchlorure de phosphore l’attaque à l’aide d’une douce chaleur. Le produit de la réaction, traité par l’eau, se charge de phosphate amidobenzoïque cristallisable en belles aiguilles; il se sépare en même temps une matière résinoïde insoluble dans l’eau.
GLYCOCOLLE BENZOÏQUE. ACIDE AHIDOBENZOÏQUE. 2o5
Traité par l’eau de brome, il donne de \ acide tribromoamidobenzoïque et de la tribromaniline.
L’acide amidobenzoïquo, à la manière du glycocolle, forme des combinaisons définies et très-nettement cristallisées, avec les acides minéraux et organiques, dans lesquelles il joue le rôle de base.
Il s’unit également aux oxydes métalliques, avec lesquels il forme de^véritables sels.
- Il donne pareillement naissance à des éthers.
Ces derniers s’obtiennent facilement par la réduction des éthers nitrobenzoïques correspondants. V amidobenzoate de méthyle s’obtient en réduisant le nitrobenzoate de méthyle par le sulfhydrate d’ammoniaque. C’est une huile incolore plus dense que l’eau.
'L'amidobenzoate d'éthyle s’obtient en réduisant le nitrobenzoate d’éthyle de la même manière que le précédent. C’est une substance huileuse, presque incolore, qui présente la plus grande ressemblance avec l’amidobenzoate de méthyle. Ces deux composés ne paraissent pas s’unir aux bases, mais ils forment avec les acides des combinaisons parfaitement définies.
En faisant agir les iodures de méthyle et d’éthyle sur l’acide amidobenzoïque, en présence de la potasse, M. P. Griessadonné naissance à des isomères des composés précédents, dont ils diffèrent en ce qu’ils s’unissent aux bases: de là les noms éi acides méthylamidobenzoïque, éthylamidobenzoique, par lesquels il les désigne. De même, que l’acide amidobenzoïque, ils se combinent avec les acides.
En augmentant la proportion de potasse et celle de l’iodure du radical alcoolique, M. P. Griess a réalisé la production de composés dans lesquels 2 et 3 équivalents d’hydrogène sont remplacés par a ou 3 équivalents du radical alcoolique. Ces derniers forment, comme les précédents, des combinaisons définies avec les acides.
Lorsqu’on fait agir une solution de cyanate de potasse sur la dissolution du chlorhydrate ou du sulfate d’acide amidobenzoïque, du sulfate de potasse ou du chlorure de potassium prennent naissance en même temps qu’il se sépare un produit cristallisable