‹ Trsite de Chimie Generale ElementaireChapitre 84 sur 106 · C‘1IM O · texte numérisé non relu

C‘1IM O

La composition de l’acide glycolique est représentée par la formule

CH’ O”

Acide lactique. (Éq. = 90.)

§ 606. Ce composé, découvert par Scheele dans le lait aigri, fut retrouvé |)lus tard par Berzélius dans la chair des animaux récemment tués. Braconnot l’a rencontré dans l’eau sûre des amidonniers, dans le jus de betterave fermenté, dans les pois et les haricots cuits. M. Liebig en a constaté l’existence dans la choucroûte, qui le renferme en assez grande abondance. Plus récemment, M. Strecker a fait voir dans d’intéressantes recherches que l’acide lactique pouvait se rattacher à l’aldéhyde, dont on le fait dériver à l’aide de réactions fort ingénieuses. Il résulte en outre des travaux de M. Wurtz sur les glycols que ce produit prend encore naissance dans l’oxydation lente du propylglycol. Enfin, toutes les fois que du sucre ou des matières amylacées se trouvent en présence de certains ferments, ces substances se transforment en acide lactique.

ACIDE LACTIQUE.

L’acide lactique prend naissance dans des conditions variées ; nous nous contenterons d’énumérer les principales. On l’obtient :

i“ Par l’oxydation lente du propylglycol :

C*lP0'-h40 = C'irO'-hll’O’;

2 “ Par l’action de l’eau sur l’acide chloropropionique ou sur un de ses sels ;

C* IV Cl 0‘ -f- H’ O’ = II Cl H- C® H® O® ;

3“ Par l’action de l’acide nitreux sur l’alanine :

C® IPAz O' -H Az IIO' = C® H® O® -i- IP O’ ^ Az’ ;

, Alanine.

4° Par l’hydrogénation de l’acide pyruvique, résultat qu'on obtient en traitant par l’amalgame de sodium une solution aqueuse de cet acide :

Ac. pyruvique.

Aucun des procédés que nous venons d’indiquer sommairement n’est employé dans les arts pour la préparation en grand de cet acide. Pour atteindre ce but, on a recours aux matières amylacées ou sucrées qu’on soumet aux traitements suivants.

Si l’on introduit, par exemple, dans un vase, de l’orge germée fortement humectée d’eau, l’amidon contenu dans le grain se change d’abord en sucre sous l’influence de la diastase qui y est contenue, puis cette dernière, se modifiant graduellement par son exposition à l’air, se convertit finalement en un ferment capable de changer à son tour le sucre en acide lactique.

Les membranes animales, convenablement modifiées par leur exposition à l’air, peuvent également, d'après les observations intéressantes de M. Fremy, transformer, d’une manière complète, une dissolution de sucre en acide lactique.

Enfin la méthode suivante, due à MM. Boutron et Fremy, permet d’obtenir cet acide en quantité considérable. Elle est fondée sur l’action exercée par la caséine soit sur le lactose contenu dans

ACIDE LACTIQUE.

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le lait, soit sur le glucose ou le sucre cristallisable. A cet effet, on introduit, dans un flacon de G à 7 litres de capacilé, 3 à 4 litres de lait, auxquels on ajoute aoo à 3 oo grammes de lactose ou de glucose, et l'on abandonne les matières à l’air à la lempôraturc d’environ 20 degrés. Au bout de quelques jours, la liqueur ayant acquis une réaction fortement acide, on la sature par du bicar- Tjonale de soude, de manière à la neutraliser complètement. Cette précaution est importante, car, sans cela, la caséine, se coagulant sous l’influence de l’acide lactique formé, deviendrait inactive. Au bout d’un certain temps, la liqueur manifestant une réaction acide, ■on la sature comme précédemment, et l’on répète ces traitements jusqu’à la conversion complète du sucre en acide lactique. Une fois que la transformation est entièrement opérée, on fait bouillir le lait afin de coaguler la caséine, on filtre et l’on évapore avec précaution ; on obtient de la sorte une matière sirupeuse fortement acide qu’on reprend par de l’alcool bouillant qui ne dissout que le lactate de soude. On verse alors dans cette liqueur une quantité convenable d’acide sulfurique, qui forme avec la soude un précipité, tandis que l’acide lactique demeure en dissolution. Afin de l’obtenir plus pur, on le sature par de la craie, on fait cristalliser le lactate de chaux, on le dissout dans l’eau, puis on décompose la dissolution par une quantité calculée d’acide oxalique.

M. Bensch conseille, une fois qu’on s’est procuré le lactate de •chaux, de f.iire agir sur ce sel la quantité d’acide sulfurique nécessaire pour précipiter toute la chaux, de filtrer et de faire bouillir pendant environ un quart d’heure la liqueur acide avec (lu carbonate de zinc. Le liquide filtré bouillant laisse déposer du lactate de zinc sous la forme de croûtes cristallines; l’évaporation des eaux mères en fournit une nouvelle proportion.

Le lactate de zinc, étant redissous dans l’eau, est décomposé par un courant d’acide sulfhydrique. On fait bouillir pour chasser 4 ’excès de gaz, on filtre et l’on évapore à l’étuve le liquide clair qui laisse finalement de l’acide sirupeux.

Il est important, dans la préparation de l’acide lactique au moyen de la fermentation du sucre, de ne pas abandonner le mélange à l’air pendant un temps trop considérable, sans quoi l’acide

ACIDE LACTIQUE. 285

lactique se décomposerait à son tour pour donner naissance à de l’acide butyrique.

§ 607. L’acide lactique bien pur est incolore et dépourvu d’odeur; sa saveur est fortement acide. Il se dissout en toutes proportions dans l’eau et dans l’alcool, il est peu soluble dans l’élher.

Dans son plus grand état de concentration il est sirupeux ; sa densité est égale à i,2i5.

L’acide azotique concentré le transforme en acide oxalique. Il coagule sur-le-champ le lait bouillant. Il dissout avec une extrême facilité le phosphate de chaux des os. Peut-être faut-il rapporter à sa production anormale dans l’économie le causes du rachitisme.

Quand on le fait bouillir avec de l’acétate de potasse, il en dégage de l’acide acétique. Il ne forme aucun trouble dans les eaux de chaux, de baryte et de strontiane. Lorsqu’on chauiïe l’acide lactique avec de l’acide sulfurique concentré, de l’oxyde de carbone pur se dégage sans trace d’acide carbonique. Verset-on de l’eau dans la dissolution qui est fortement colorée en brun, alors que le gaz a cessé de se dégager, il se sépare une matière noire.

Lorsqu’on maintient de l’acide lactique sirupeux pendant longtemps entre i3o et i5o degrés, il perd de l’eau qui entraîne en se dégageant une faible quantité d’acide, tandis qu’il reste pour résidu de l’acide lactique anhydre

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