C’HO
nous aurons le composé
C’I10‘, C>HO‘ = C'lEO',
qui, renfermant 2 équivalents d hydrogène typique, sera nécessairement bibasique.
En remplaçant le second fragment CUIO' par scs divers ho-
3l4 ACIDE OXALIQUE.
mologues, nous aurons la série des acides
Malonique C’HO‘, C‘H’0' = C‘H'0‘,
Succinique. . . . C’HO', C*1P0' = C'H‘0',
Ces acides, qui forment un groupe nombreux, dont les plus importants sont, dans 1a série grasse, les acides oxalique et succinique, présentent entre eux des relations exactement semblables à celles qu’on observe entre les acides du groupe formique.
Ces deux séries qui, présentant un parallélisme parfait, ont entre elles les liens les plus étroits, et l’expérience de M. Dessaignes, relativement à la conversion de l’acide butyrique on acide succinique, prouve, d’une manière assez évidente, avec quelle facilité on peut passer de l’une à l’autre. Le tableau suivant fait d’ailleurs parfaitement ressortir les analogies que nous venons de signaler entre ces deux séries :
Ac. formique C’ ID 0‘
» acétique C‘ H* O'
» propionique. ... C* H* O',
» butyrique C‘ H’ 0‘
i> valérique C'*H"0‘
» caproïque C‘’H‘’0‘
» œnanlhylique . . C“H'*0‘,
» caprylique C'®H“0‘
» pélargoniquo. . . C‘*H'*0*
» caprique.. .... C”H”0'
Ac. oxalique C* IF O*,
» malonique C® H' O*,
1 ) succinique C* H® O*,
» pyrotartrique. .. C"ll* O*,
» adipique *
n pimélique C“H'’0*,
n subérique C'“H‘*0*,
» sébacique C”H'*0*.
Nous allons étudier successivement ces différents composés, en nous appesantissant d'une manière plus particulière sur l’acide oxalique, le plus important de cette série.
Acide oxalique.
§ 63 i. Cet acide se rencontre dans la nature. 11 prend naissance dans une foule de réactions chimiques. On le désignait autrefois sous le nom ù’ acide saccharin, pour rappeler sa formation au moyen de l’action de l’acide azotique sur le sucre.
JICIDB OXALIQÜB. 3l5
Schéele démontra l’identité parfaite de ce dernier avec l’acide retiré du sel d’oseille.
On ne le connaît pas à l’état anhydre. Tel qu’on le rencontre dans le commerce, il a pour formule
Desséché, il perd i équivalents d’eau et présente alors la composition
L’acide oxalique affecte la forme de prismes quadrilatères incolores et transparents, terminés par des sommets dièdres. 11 cristallise mieux dans l’alcool étendu que dans l’eau.
Sa saveur est très-aigre ; il rougit fortement le tournesol.
Soumis à l’action de la chaleur, il fond dans son eau de cristallisation vers 100 degrés, perd graduellement de iio à i6o degrés ses 2 équivalents d’eau de cristallisation, puis se décompose et se volatilise en partie. Il se dégage un mélange d’acide carbonique et d’oxyde de carbone, il distille de l'acide formique et il se sublime en môme temps de l’acide monohydraté. Si l’acide est bien pur, il ne reste qu’une proportion insignifiante d’un résidu charbonneux.
loo parties d’eau dissolvent 6,5 parties d’acide oxalique à la température de lo degrés, io,5 parties à i4 degrés et une quantité beaucoup plus considérable à loo degrés. Ces dissolutions sont vénéneuses. L’acide oxalique est employé comme mordant, il sert à blanchir la paille et nettoyer les objets de cuivre, il enlève les taches d’encre.
L’hydrogène naissant transforme l’acide oxalique en acides glycolique, glyoxylique et acétique, ainsi qu’on peut s’en rendre compte à l’inspection des équations suivantes :
CMPO'-i- IP= H’0’-i-C'H»0‘,
Ac. oxalique. Ac. glyoxylique.
Ac. oxalique. A. glycollique.
C4P0' -+- 3H’ = alPO' 4- C^ILOL
Ac. oxalique. Ac. acétique.
ACIDE OXALIQUE
L’oxygèno ne l’allère pas. 11 en est de môme du chlore. L’acide chlorhydrique le dissout sans l’attaquer. L'acide azotique concentré le décompose à l’aide de la chaleur et le transforme en acide carbonique. Chauffé avec un grand excès d’aride sulfurique concentré, il SC décompose en acide carbonique et oxyde de carbone qui se dégagent à volumes égaux. On met à profit cette décomposition, pour SC procurer d’une manière commode l’o.\yde de carbone.
Les peroxydes de plomb, de manganèse, de cobalt, etc., détruisent une partie do l’acide oxalique avec lequel on les fait bouillir, et, ramenés à l’état de protoxyde, ils se combinent avec la portion non altérée. Il se dégage en même temps de l’acide carbonique.
La réaction s’explique au moyen de l’équation a(C’0“, 3H’0’) -i- aMnO’ = C^O', aMnO -i- 4CO’ -h 6H’OL
Cette réaction est utilisée pour faire l’essai d’un oxyde de manganèse.
Lorsqu’on triture l’acide oxalique sec avec cinq fois son poi(Js de peroxyde de plomb, l’action est tellement vive que la masse s’échauffe jusqu’au rouge.
La potasse le dédouble sous l’influence de la chaleur en carbonate, eau et hydrogène. En effet, on a
CME O" 4 { K HO’ ) = 2 { C’ K’O" ) 4- 2 H’ O' + HL
L’acide oxalique dissous décompose le chlorure d’or ; de l’acide carbonique se dégage et l’on obtient un dépôt d’or métallique.
Cet acide, présentant une énergie très-supérieure à celle de l’acide carbonique, bien qu’il contienne moins d’oxygène que ce dernier, M. Dulong avait proposé de le considérer comme un hydracide représenté par la formule suivante :
C<0‘, ir,
dans le but de faire disparaître cette difficulté.
§ 635. L’acide oxalique prend naissance dans un grand nombre de réactions. On peut l’obtenir :
ACIDE OXALIQUE. 3l’J
1° Par l’action de la potasse sur le sesquichlorure de carbone Cl* -i- 8 ( K HO’ ) = 6 K Cl -H C‘ K’ O" -H 4 IP O’ ;
2 ® Par l’action d’un excès de potasse sur les formiates 4 ( C’ Il KO’ ) -h 2 ( K HO’ ) = C K’ O* -H 2 ( C’ K’ O*) -H 3 IP ;
3“ Par l’action réciproque du cyanogène et do l’eau 2 C’Az-+-4H’0’ = C‘(AzH')’0*.
Cet acide se rencontre en assez grande quantité dans la nature à l’état de combinaisons salines. On a constaté l’existence de l’oxalate acide de potasse, dans un assez grand nombre de plantes et principalement dans celles du genre Oxalis, de là le nom de sel oseille, sous lequel on le désigne dans le commerce.
La soude existe à l’état d’oxalate dans les plantes qui végètent dans des tei rains salés. Enfin les lichens qui croissent sur les pierres calcaires contiennent d’énormes quantités d’oxalate de chaux.
Certains calculs de l’homme sont presque entièrement formés de cet oxalate ; comme ceux-ci sont recouverts d’aspérités , ils déchirent souvent la vessie et se recouvrent de sang qui les colore en rouge brun, ce qui leur donne l’aspect des mûres; c’est en raison de cette apparence qu’on leur donne le nom de calculs mûranx.
Enfin on a signalé l’existence de l’acide oxalique libre dans le périsperme des pois chiches et dans quelques champignons.
§ 636. On l’extrait facilement du sel d’oseille. A cet effet, on dissout ce sel dans l’eau, puis on verse dans la dissolution de l’acétate de plomb ; il se produit ainsi do l’oxalate de plomb insoluble qu’on lave et qu’on décompose ensuite, soit par l’acide sulfurique étendu, soit par l’hydrogène sulfuré.
On peut le préparer artificiellement en faisant réagir sur i partie de sucre ou d’amidon 7 à 8 parties d’acide nitrique du commerce. On fait subir à l’acide ainsi préparé plusieurs cristallisations; on l’obtient en dernier lieu sous forme de cristaux assez volumineux et très-purs.
Il est important de prolonger suffisamment l’action de l’acide
ACIDE OXALIQUE
nitrique, sans quoi l’on n’obtiendrait qu’un acide visqueux, désigné sous le nom A'acide saccharique .
On peut également l’obtenir, d’après Vauquelin et Gay-Lussac, par l’action de la potasse ou de la soude caustique sur la cellulose, l’amidon, la dextrine et d’autres substances analogues.
MM. Roberts, Dale et C' ont mis à profit cette observation pour fabriquer, dans leur usine de Manchester, ce composé sur une grande échelle. A cet effet ils font agir un mélange de potasse et de soude sur la sciure de bois ou le son à une température de 23 o à 240 degrés.
La potasse employée seule donne un rendement plus considérable que la soude.
On peut opérer soit avec les matières employées toutes deux sous forme solide et chauffer progressivement jusqu’à ce qu’on ait atteint la température de 240 degrés, avec la précaution d’agiter constamment la masse; ou bien on peut imbiber la sciure ou le son avec une lessive marquant 4^ degrés Baumé, de manière que celle-ci soit complètement absorbée, puis chauffer sur un plateau en fer une couche de cette matière d’une épaisseur de I centimètre environ.
Dans les deux cas, en employant la sciure et l’alcali dans les rapports de i à 2, on obtient un bon rendement.
En dirigeant un courant d’air chaud sur le mélange, on n’augmente pas la proportion d’acide oxalique formé, mais on rend sa production plus rapide.
La nature du bois employé parait, au contraire, pour une même proportion en poids et pour une même proportion de matière alcaline, exercer une influence assez considérable sur le rendement en acide. Des expériences comparatives ont démontré que les bois légers, tels que le sapin, le pin, le peuplier, donnent un rendement plus considérable que les bois durs, tels que le chêne.
Au moyen d’un lessivage bien conduit, on peut extraire de la masse chauffée de l’oxalate de soude, qu’il e.'^t facile de convertir ultérieurement en oxalate de chaux par l’addition d’un lait de chaux bien liquide.
L’action d’un léger excès d’acide sulfurique, convenablement
ACIDE OXALIQUE. 3ig
«lilué, sur le sel calcaire, met en liberté l’acide oxalique qu’on purifie par une ou deux cristallisations.
Lorsqu’on fait usage de son, l’acide oxalique est plus pur dès la première cristallisation ; mais, comme le rendement n’est pas beaucoup plus considérable et que cette matière est plus coûteuse que la sciure de bois, il est préférable d’employer cette dernière.
L’acide oxalique étant bibasique donne nécessairement naissance à deux séries de sels, savoir :
Les oxalates neutres C‘0®, a MO = C M’O*,
Les oxalates acides ou bioxalates. . C*0*, MO, HO = C* IIMO*.
On connaît, en outre, des quadroxalates qu’on doit considérer comme des combinaisons des bioxalates avec l’acide oxalique.
Les oxalates anhydres sont détruits par la distillation sans laisser de résidu charbonneux. Si le sel contient une base susceptible de retenir l’acide carbonique au rouge, il se dégagera de l’oxyde de carbone pur. Si le carbonate ne peut résistera cette température, il se dégagera des mélanges d’acide carbonique et d’oxyde de carbone. Enfin si l’oxalate contient un oxyde très-réductible, il ne se dégagera que de l’acide carbonique et l’on obtiendra le métal pour résidu. C’est ce qu’expriment les équations
C*0*, 2 KO == C’O', aKO -F 2 CO,
CO', 2PbO -= Pb’O 3CO’ 4 - CO,
CO', aAgO = ik% 4- aC'O*.
Si l’oxalate est hydraté, il se dégage en outre des composés de carbone et d’hydrogène.
Chauffés avec l’acide sulfurique concentré, les oxalates se décomposent, à la manière de l’acide oxalique libre, en dégageant un gaz formé d’acide carbonique et d’oxyde de carbone à volumes égaux, sans dépôt de charbon.
Fondus avec les alcalis, les oxalates se changent en carbonates avec dégagement d'hydrogène pur.
Les oxalates sont en général fort peu solubles. Les oxalates neutres solubles perdent de leur solubilité lorsqu’on leur ajoute
ACIDE OXALIQUE
3îO
un excès d’acide ; le contraire a lieu pour les oxalales insolubles.
Ces composés peuvent s’obtenir soit par la réaction du métal sur l’acide dissous dans l’eau, soit en faisant réagir cet acide sur les bases libres ou carbonatées, ou bien enfin par la méthode des doubles décompositions. On connaît do nombreux oxalates doubles.
§ 637. L’oxalate d’ammoniaque donne à la distillation des produits remarquables dont on doit la découverte à M. Dumas, Pour opérer cette dernière, on introduit l’oxalate dans une cornue munie d’un récipient tubulé auquel on adapte un tube propre à recueillir les gaz. On chauffe peu à peu la cornue, l’oxalate devient opaque, puis laisse dégager une eau ammoniacale; la décomposition se propage bientôt dans toute la masse, et l’on obtient un léger résidu de charbon.
Pendant la distillation il se dégage de l’acide carbonique, de l’oxyde de carbone, de l’ammoniaque et du cyanogène.
On trouve dans l’allonge et dans le récipient une grande quantité de carbonate d’ammoniaque accompagnée d'une matière d’un blanc grisâtre, insoluble dans l’eau, qu’il est facile de purifier en le lavant à plusieurs reprises avec ce liquide.
Cette matière, à laquelle M. Dumas a donné le nom à!oxamicIc, se représente par la formule
CH'Az’O',
qu’on peut écrire ainsi :
C’O', AzMP.
Sa formation au moyen de l’oxalate d’ammoniaque s’explique facilement. En effet on a
C'(AzH')’0* = 2 IPO’ -t- C‘0‘, Az’H'.
L’oxamide se détruisant sous l’infiuence de la chaleur, on ne recueille pas, à beaucoup près, au moyen de cette méthode, la proportion de cette substance indiquée par la théorie. C’est la première amide connue.
On peut obtenir de l’oxamide dans un assez grand nombre de réactions où le cyanogène intervient, l’oxamide pouvant être, en
ACIDE OXALIQUE
effet, considérée comme un hydrate de cyanogène C'irAz’O' = CAz% 2ll’0’.
Mais de tous les procédés qu’on peut mettre en œuvre pour la préparation de cette substance, le meilleur est, sans contredit, celui qui consiste à faire agir sur l’éther oxalique une dissolution aqueuse d’ammoniaque, ainsi que nous l’avons vu § 307.
§ 638. L’oxamide à l’état de pureté est d’un beau blanc. Elle est dépourvue d’odeur et de saveur. Son action sur les réactifs colorés est nulle. Soumise à la distillation, une partie se sublime, l’autre se décompose.
L’eau froide la dissout à peine; l’eau bouillante en dissout un peu et l’abandonne par le refroidissement sous forme de flocons cristallins.
Sous diverses influences, l’oxamide peut, en fixant les éléments de l’eau, reproduire de l’oxalale d’ammoniaque ; c’est ainsi qu’agissent les acides puissants et les bases énergiques.
L’oxamide est le type de cette classe de composés qu’on désigne sous le nom A’amidcs.
En remplaçant dans l'oxamide tout ou partie de l’hydrogène de l’amidogène par des radicaux d’alcools ou des radicaux aromatiques, on obtient une série de composés dont les fonctions chimiques sont analogues à celles de cette substance.
§ 639. Lorsqu’on remplace dans l’opération précédente l’oxalate neutre d’ammoniaque par l’oxalate acide, on obtient un acide amidé, découvert par M. Balard, et désigné par lui sous le nom (X'acide n.ramique. La formation de ce produit s’explique au moyen de l'équation
C'AzH' O* = H-0^+ CqrAzO».
Oxalate acide d’ammoniaque. Acide oxamide.
L’acide oxamique se présente sous la forme d’une poudre grenue, incolore, un peu soluble dans l’eau froide, moins soluble dans l’alcool, entièrement insoluble dans l’éther. 11 fond à 173 degrés et se décompose à une température supérieure en eau, oxamide et acide formique.
Par une ébullition prolongée au sein de l’eau, l’acide oxa-
3aa ACIDE OXAUQCE.
mique s’assimile i molécule de cette substance et se change en oxalate d’ammoniaque. En effet on a
C‘ H’ Az O" + H’ O’ = C’ ( Az H' )= O*.
L’acide oxamique donne naissance à des sels parfaitement définis. Il donne également naissance à des éthers qu’on obtient très-facilement en faisant agir sur les différents éthers oxaliques de l’ammoniaque en proportion insuffisante pour en amener la décomposition complète. Nous avons fait connaître, § 307, le mode de formation de \ oxaméthane ou éther oxamique en traitant de l’éther oxalique.
§ 6i0. Lorsqu’on traite les divers éthers oxaliques successivement par le zinc éthyle et ses homologues, puis par l’eau, ces composés, échangeant O’ contre a équivalents d’un radical alcoolique, engendrent de nouveaux acides appartenant à la série lactique. On peut réaliser leur formation d’une manière plus simple en remplaçant le zinc éthylé ou le zinc méthyle par les iodures de ces radicaux auxquels on ajoute du zinc amalgamé, de telle sorte que le composé organo-métallique réagisse au moment même de sa production sur l’éther oxalique, en présence duquel il se trouve.
Avec l’éther oxalique et le ?inc méthyle, on obtient finalement, après le traitement par l’eau, l’éther
lequel, "par la saponification, donne un sel dont l’acide, représenté par la formule
est l’isomère de l’acide oxybutyrique.
MM. Franckland et Duppa, considérant que ces acides ne diffèrent de ceux du groupe acrylique que par i molécule d’eau en plus, ont eu l’idée de faire agir sur leurs éthers des corps avides d’eau, tels que le terchlorure de phosphore ou l’acide phosphorique. Ils ont ainsi réalisé leurs prévisions et donné naissance à toute une série d’isomères des acides de la série acrylique.
ACIDE MALONIQÜE.
La réaction s’explique de la manière suivante :
c'ir(C‘H‘)0‘ = H’0’ + C'ii‘(cnr)0‘,
d’où l’on retire l’acide
Ac. mélhacryliqae.
La composition de l’acide oxalique est représentée par la formule
C‘H*0*= C’O', allO.
§ 641 . Dans le traitement des acides gras à molécule complexe, tels que les acides margarique, stéarique, oléique, par l’acide azotique de concentration moyenne, il se forme simultanément des acides appartenant au groupe formique et au groupe oxalique, tels que les acides succinique, pimélique, subérique, etc. Nous allons passer en revue d’une manière sommaire ces différents composés, dont il est regrettable qu’on n’ait pas fait une étude suffisamment approfondie.
Acide halonique. (Éq. — • 104. )
§ 642. Cet acide, dont on doit la découverte à M. Dessaignes, vient se placer comme intermédiaire entre les acides oxalique et succinique. 11 s’obtient en oxydant directement l’acide malique par le bichromate de potasse. La réaction, qui est des plus simples, s’explique au moyen de l’équation
CMl-’O'* ^ O* = C’O' -H CH^O'.
Ac. malique. Ac. malonique.
On peut également se procurer cet acide en faisant bouillir l’acide cyanacétique avec une dissolution de potasse employée en excès, sursaturant le résidu par l’acide acétique et reprenant par l’éther. L’évaporation de la solution élhérée laisse déposer l’acide malonique, qu’on purifie par de nouvelles cristallisations. L’équation suivante rend compte de la formation de l’acide ma-
ACIDE SUCCINIQUE.
Ionique :
C'iPfC^Az^O' -t- 2 (KHO’) = AzH‘ -h C^K^*.
Ac. cyaDacétique. Malooate de puUsse.
Il prend également naissance dans le dédoublement qu’éprouve \ acide barbitiiriif UC ( malonylurée) au contact de la potasse.
§ 643. L’acide malonique cristallise en rhomboèdres suivant M. Dessaignes.
Il est très-soluble dans l’eau, l’alcool et l’éther. C’est un acide assez énergique.
11 fond vers i 4 o degrés et commence à se décomposer à i5o. Chauffé brusquement, il se dédouble en acides carbonique et acétique
c‘iro* = c’0'^C'ii'o*.
Ac. malonique. Ac. acétique.
Il réduit à l'ébullition les sels de mercure et d’or.
Il forme des sels bien définis dont quelques-uns cristallisent très-nettement.
h'éther inalonifjue est un liquide incolore, plus dense que l’eau, dont l’odeur est aromatique et la saveur amère. Il bout à 195 degrés.
La composition de l’acide malonique est représentée par la formule
Acide succinique. (Éq. = 118.)
§ 6 U. Cet acide, connu depuis fort longtemps, fut obtenu pour la première fois dans la distillation sèche du succin, ce qui lui fit donner son nom. On le rencontre à l’état salin dans les feuilles et les tiges de l’absinthe, ainsi que dans la laitue vireuse.
Par l’action prolongée de l’acide azotique sur les corps gras, on donne naissance à des quantités plus ou moins considérables de cet acide. L’acide butyrique, par une longue ébullition avec cet agent, se transforme pareillement, suivant M. Dessaignes, en acide succinique, ainsi que nous l’avons Vu § 633.
ACIDE SUGCINIQUB.
L’asparagine et le malate de chaux se transforment également au moyen de la fermentation, qui agit d’une manière tout inverse, en acide succinique.
Le procédé le plus avantageux pour la préparation de cet acide consiste à faire fermenter du malate de chaux avec du fromage pourri. Les proportions les plus convenables, suivant M. Liebig, sont 1 ^ kilogramme de malate de chaux brut, 5 litres d’eau chauffée à 4o degrés et 120 grammes de fromage pourri préalablement réduit à l’état d’émulsion avec une petite quantité d’eau. Le mélange, abandonné à lui-méme à une température de 3 o à 40 degrés, dégage du gaz carbonique pendant quatre à cinq jours. Dans une semblable expérience, i { kilogramme de malalc de chaux a fourni de 45 a à 480 grammes d’acide succinique parfaitement blanc, c’est-à-dire environ le tiers du poids de mainte employé.
Les acides malique et tartrique peuvent également se changer en acide succinique sous l’inlluence de l’acide iodhydrique, ainsi que l’a démontré M. Schmilt. C’est ce qu’expriment les équations
C'H'^ 0 "’ -H 2IH = -f 2I -h C"H« 0 » ,
Ac. malique. Ac. succinique.
G* ii« O” 4 III = 2 H’O’ -t- 4 1 -r- C«H° 0 “.
Ac. tartrique. Ac. succinique.
Cette transformation s’exécute dans des tubes scellés à la lampe à la température de 120 degrés, maintenue jiendant environ dix heures. Lorsque l’expérience est terminée, on fait bouillir le contenu des tubes, en ayant soin de renouveler l’eau qui s’évapore, jusqu’à complète expulsion de l’iode et de l’acide iodhydrique. La solution, évaporée au bain-marie, laisse déposer des cristaux d’acide succinique.
Enfin M. Maxwell Simpson a opéré la]synthèse de cet acide au moyen du gaz oléliant, en le transformant d’abord en dibromure, puis C.0 dernier en dicyanure. L’action d’une dissolution bouillante de potasse sur ce produit le change en succinate avec dégagement d’ammoniaque
CMI', (C'Az)“ i-zKlIO’ , 2U’0’.= C''IDK’ 0 " -i-2AzH’.
G. Ch, org. — 11. 28
AClÜi: SUCCINIQUE.
M. Jungfleisch a moüiûé d’une manière avantageuse le procédé de M. Simpson en faisant bouillir le dicyanure avec de l’acide azotique étendu ; l’acide neutralisé par la potasse est transformé en sel de plomb, qu’on décompose par l’acide sulfhydrique.
Ce dernier mode d’opération donne une réaction plus nette que l’emploi de la potasse, de plus l’acide azotique oxyde les matières étrangères sans attaquer l’acide succinique, ce qui permet d’obtenir une liqueur incolore.
La transformation du dicyanure d’éthylène en acide succinique, dans ce dernier cas, s’explique facilement au moyen de l’équation
C'H‘(C’Az)*-+-2(AzI10“)-f CIPO*4- 2 (AzO‘, AzH', HO).
§ G45. L’acide succinique cristallise en prismes rhomboïdaux ; il se présente ordinairement sous la forme de tables rhombes ou de tables hexagones. Les cristaux, dépourvus d’odeur, sont inaltérables à l’air et possèdent une saveur fortement acide.
Il est soluble dans l’eau, plus à chaud qu’à froid.
L’alcool le dissout moins bien ; l’éther n’en dissout que des traces. Il fond à i8o degrés, et bout à 235 en se dédoublant en eau et en acide succinique anhydre.
L’acide azotique bouillant n’altère pas l’acide succinique ; il n’est pas attaqué non plus par un mélange d’acide sulfurique et de bichromate de potasse. Le chlore gazeux ou dissous ne l’attaque pas; il on est de même d’un mélange d’acide chlorhydrique et de chlorate de potasse. Le perchlorure de phosphore employé en petite quantité le transforme en acide succinique anhydre, acide chlorhydrique et oxychlorure do phosphore. D’après Tromsdorff, lorsqu’on le distille avec un mélange d’acide sulfurique et de peroxyde de manganèse, il donne de l’acide acétique.
Au contact d’un excès do perchlorure de phosphore, l’acide succinique anhydre se transforme en chlorure do succinyle. C’est CO qu’exprime l’équation
C» H‘ 0“ -H Ph CP = Ph CP 0’ -f- Cl H f C* IP Cl 0'.
La composition de l’acide succinique est représentée par la formule
CIPO”
ACIDE ADÏPIQDK.
Cet acide forme avec les bases deux classes de sels, qui sont représentées par les formules
Succinates neutres C'H'O®, 2 MO
Succinates acides C»I1‘0", (MO, HO) = C*H‘MO».
La plupart de ces sels résistent à la température do 200 degrés.
Les succinates alcslins sont solubles et forment dans les sels de peroxyde de fer un précipité brun, dont on met la formation à profit dans l’analyse chimique.
Lorsqu’on soumet à la distillation un mélange d’acide succinique et do chaux, on recueille une grande quantité d’un gaz dont une partie seulement est absorbée par le brome. La portion non absorbée renferme du carbone et do l’hydrogène ; c’est trèsprobablement de l’hydrure d’éthyle
§ 64G. On connaît une modification isomérique de l’acide succinique qui prend naissance lorsqu’on fait agir la potasse sur Y acide cynnopropioniqiic .
Cet acide, qui se forme dans des conditions semblables à celles qui permettent de réaliser la formation de l’acide malonique, en constitue le véritable homologue et se dédouble comme lui en acides carbonique et propionique. C’est ce qu’exprime l’équation
Acide adipique. (Éq. = 146 .)
§ 647. Cet acide est l’un des produits de l’action do l’acide azotique sur un grand nombre de matières grasses. Pour le préparer, on fait bouillir, dans une grande cornue munie d’un récipient, du suif avec de l’acide azotique du commerce, qu’on a soin de renouveler à mesure qu’il distille. On maintient l’ébullition jusqu’à ce que la totalité de la matière grasse ait disparu. La liqueur acide concentrée se prend par le refroidissement en une masse cristalline; on jette cette dernière sur un entonnoir.
ACIDE ADIPIQUE.
dans la douille duquel on a disposé de l’amiante ; on la lave d’abord avec de l’acide azotique concentré, puis avec de l’acide azotique affaibli, et- (inalement avec de l’eau froide. Le produit est purifié par une dissolution dans l’eau bouillante, de laquelle il se sépare, sous forme de cristaux, par le refroidissement.
M. Grum Brown s’est procuré, de son côté, de l’acide adipique en chauffant en tubes scellés pendant environ vingt à vingtquatre heures un mélange d’acide mucique, d’acide iodhydrique et de phosphore. A l’ouverture des tubes, il se dégage de l’acide carbonique. Le produit de la réaction est traité par le carbonate de plomb jusqu’à neutralisation.
La liqueur filtrée, décomposée par l’acide sulfhydrique, puis filtrée de nouveau, laisse déposer par l’évaporation une petite quantité de cristaux qui présentent les caractères de l’acide adipique.
La réaction s’explique au moyen de l’équation C”H'<’0"-+-81H= 81 -h
Acide muciqne. Acide adipique.
L’acide adipique cristallise sous la forme de tubercules rayonnés, souvent hémisphériques ; il se dissout très-facilement dans l’eau, l'alcool et l’éther bouillants. Il fond vers i3o degrés ; à une température plus élevée, il distille sans altération et se sublime sous la forme de barbes de plume.
La composition de l’acide adipique est exprimée par la formule
C’ir‘0".
L’acide adipique étant bibasique forme, à la manière de l’acide succinique, deux séries de sels, qui sont représentées par les formules