‹ TruandaillesChapitre 10 sur 13 · DONNES FILLES · texte numérisé non relu

DONNES FILLES

La môme voix de tout à l'heure (la voix d'une débrouillarde) reprit :

— Faut le tirer au sort.

Le môme chœur unanime répondit :

— Ça y est.

Et le silence religieux se rétablit à nouveau, plus religieux encore, accru d'angoisses, un silence à entendre battre tous les cœurs.

Le chanteur en profita pour déclarer lentement :

— Ça non plus, j'peux pas. Ni toutes à la fois, ni l'une après l'autre, ni l'une ni l'autre ! J'vous dis que j'peux pas.

— Pourquoi ? Pourquoi ?

Et les voix, à présent, glapissaient, colères tout ensemble et désolées. Desjoues avaient passé de l'écarlate au livide. Des yeux fulguraient. Quelques poings étaient brandis, menaçants.

— Silence ! hurla celle qui avait parlé la première. Taisez-vous donc, tas de salopes ! Qu'il s'explique ! Qu'il dise pourquoi !

— Oui, oui, taisons-nous! Qu'il s'explique, nom de Dieu !

Alors, dans le silence devenu farouche, le chanteur articula, en ouvrant ses bras tout

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grands par un geste d'impuissance désespérée :

— Que qu'vous voulez? C'est embêtant; mais j'aime pas ça. J'suis comm' vous.

J'aime que mon p'tit homme.

Et c'était dit d'un accent si convaincu, et l'on sentait si bien qu'il aimait à sa façon, et passionnément, et follement, que toutes ces passionnées, toutes ces folles, n'eurent pas le coeur de lui en vouloir, et que plusieurs murmurèrent en sanglotant :

— Pauvre amour, va 1

LOPINION DE JULOT

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