COURS EN
Fin
septembre
Le p'vis haut
l.c plus bas
Galico Primera, action de lf.
Hritish Oil and Cake, action
de 1 î
Brilish Cotton Dyers, 1 £.. .
Ass. Portland, action de 10 £.
Cory and Son. action de 5 £.
La Sait Union n'a rien distribué depuis 1897, VUnited Alkali également depuis sa création, /. et P. Coats a donné de gros dividendes, Fine Cotton Spinners 8 en 1900, 10 en 1901, 8 en 1902; les actions de la Borax Consolidated qui distribue 5 1/2 0/0 font prime; il en est de même pour celles de Cory. Il semble presque que ce soient des exceptions. Les actions des grandes entreprises métallurgiques, qui se sont consolidées, renforcée?, font au contraire bonne figure à la cote.
Il y a des exemples bien curieux d'erreurs commises : on pourrait dire que l'Union ne fait pas la force. Prenez les imprimeurs sur tissus de coton, au capital de £ 8,228,840, embrassant 85 0/0 de la brandie. Les « accountants » établissent que le bénéfice des cinq dernières années a été de
£ 455,000, moins £ 100,000, pour l'amortissement, sur l'ensemble des affaires. Le premier exercice laisse un bénéfice de £ 385,000, le second une perte de <£ G6,000. Les promesses du prospectus* font monter les actions à 27 shellings, le résultat des deux premiers exercices les ramènent à 7 sh. 1/2. Dan3 les 18 premiers mois, la compagnie a changé trois fois de président. Le premier semestre de 1902 a été meilleur : il a donné un bénéfice de £ 158,000, qui ne sera pas distribué.
JjEnglish Sewing Cotton Company a traversé de mauvais jours. Sous les auspices de la toutepuissante compagnie, /. et F. Coats, une réorganisation a eu lieu. Il est curieux de relever dans le bilan que Y American Thread Company doit £ 214,691 à VEnglish Sewing.
M. Maerosty, dans Y Economie Journal, a étudié les trusts anglais au point de vue du résultat financier. Il fait différentes observations très instructives : tout d'abord si le nombre des associés dans les affaires a augmenté par l'accession des actionnaires, le contrôle n'a pas été mis dans les mains du public, auquel on a cédé surtout les obligations et les actions privilégiées. Les vendeurs ont souvent gardé la haute main, ils se sont assuré des places dans le conseil d'administration, en proportion de leur importance, et le résultat a été qu'on a des conseils de 84 membres (Calico Printers), de 49 (Bleachers), de 45 (British Cotton Dyers), de 41 (Bradford Dyers), de 33 (Cernent Manufacturer), les
fabricants de papier de tenture, qui font d'excellentes affaires, n'ont que 13 administrateurs. Ces conseils, qui sont de petits parlements, fonctionnent assez mal ; on y supplée par un comité qui doit consulter tous les membres dans les affaires importantes. Le président de l'association des Calico Printers avoue qu'on a commis des erreurs, que les administrateurs se connaissaient mal, qu'ils ont eu de la peine à admettre les changements indispensables pour réaliser les avantages énoncés dans le prospectus et qui exigent des sacrifices individuels. Les Américains ne connaissent pas ces conseils nombreux. Ij United States Steel Corporation, avec 1,382 millions de dollars de capital, est dirigée par un conseil de 24 personne».
Beaucoup dépend de la qualité des personnes et de la qualité des affaires qui ont été fusionnées; on en a de bien faibles, à côté de quelques-unes qui sont florissantes. Alors que les Calico Printers ont fait de mauvaises affaires et perdu de l'argent, leurs principaux rivaux MM. F. Steiner and C° ont distribué 8 0/0 en 1898-99 et 1899-1900, 3 0/0 en 1900-L. Il n'y a rien de magique dans le nom ni dans la forme de trust. Les Yankees n'auraient jamais admis les prétentions de ceux qui ont formé l'association des Calico Printers, de conserver chacun pendant cinq ans la direction de son établissement.
L'influence des vendeurs se traduit aussi par une augmentation exagérée du capital : on a pris
comme règle empirique qu'un trust pour réussir doit comprendre 70 0/0 des affaires, et afin d'avoir ce chiffre, on a payé des prix exagérés pour quelques établissements, sans avoir fait d'enquête suffisante. M. ilacrosty cite des cas où les taxateurs se sont — de très bonne foi — grossièrement trompés. D'autre part, il ne manque pas de grandes maisons qui n'ont rien demandé pour le goodwill, pour le pas de porte, la clientèle. W. Cory et fils, les grands marchands de houille, ont estimé leur fonds de commerce comme équivalant au bénéfice de six années, Y Impérial Tobacco à huit ans. On considère trois ans de bénéfice comme un équivalent raisonnable. UEnglisk Sewing Cotton Company a pris £ 447,000 pour le goodtvill d'entreprises qui luttaient contre des difficultés. Les peigneurs de laine du Yorkshire (Yorkshire Woolcombers) ont payé £ 43,000 pour une entreprise, qui fit faillite avec un actif de £ 5,545.
On a réalisé des économies en fermant des usines (Calico Printers 15, Cotton and Wool Dyers 12, etc.), on aurait aussi bien pu se dispenser de les englober lorsqu'elles étaient petites et de peu d'importance. J. et P. Coats ne. se sont alliés qu'avec les maisons les plus puissantes, ils ont laissé les autres en dehors. Les groupements nouveaux ont pu, lorsqu'ils étaient bien administrés, effectuer de sérieuses économies aussi bien à l'achat des matières premières qu'à la vente des produits fabriqués.
Afin de s'assurer le débouché, de s'attacher leur
clientèle, les trusta anglais ont imaginé différentes formes, — contrats pour la fourniture ferme pendant un nombre d'années, rabais à ceux qui se servent exclusivement pendant toute Tannée des services du trust; les teinturiers de Bradford (Dyers) accordent jusqu'à 20 0/0 de bonification, suivant l'importance des travaux exécutés.
M. Macrosty croit que les trusts n'ont pas exagéré le relèvement des prix; l'échec subi par la Sait Union et Y United Alkali, qui avaient abusé de la situation et qui ont été les premières victimes, a servi de leçon. Cependant les fabricants de papier mural ont relevé leurs prix assez sensiblement, d'autres trusts aussi, mais c'était sous la pression de la liausse générale.
Le mouvement d'expansion et d'absorption continue; d'autre part il y a "des défections qui se produisent, des contrats qui se dénoncent. C'est la marche habituelle des choses.
L'Association britannique pour l'avancement des sciences s'est occupée en 1902 du problème des trusts. Le piofesseur W. Graham l'a examiné au point de vue de la doctrine économique. Les avantages que l'on fait valoir en faveur des trusts sont la division et l'organisation du travail, la production sur une grande échelle, une réduction sur le coût de la matière première, sur les frais d'annonces, de meilleures conditions de transport, lorsqu'il s'agit de grandes quantités, moins d'intermédiaires, d'acheteurs, de voyageurs et moins d'où-
vriers. Il en résulterait de plus gros bénéfices nets et une augmentation correspondante de la richesse nationale. Dans certains cas, il est incontestable que les dépenses initiales d'achat des entreprises, de gros paiements aux financiers, des appointements élevés aux directeurs et ainsi de suite absorberont toute la marge de profit. Mais là où une grande compétence pouvait s'exercer sur un terrain favorable, on obtient de grands profits et dividendes.
Les ouvriers peuvent-ils espérer avoir une part de cette prospérité ? Aussi longtemps que la concurrence subsiste et que le trust n'a pas un monopole absolu, l'ouvrier peut profiter par l'action de forces économiques ou par la pression des T 'rade-Unions. Cela pourrait être encore le cas, même si le trust embrasse les quatre cinquièmes des ouvriers. Dans cette circonstance, le trust pourra être heureux de s'assurer le contentement et le zèle de ses ouvriers par de gros salaires. Dans cette phase première des trusts, lorsqu'il y a possibilité d'une concurrence, des salaires extra, des suppléments seront donnés, surtout aux ouvriers habiles. On établira sans doute alors la participation aux bénéfices; les trusts américains se sont très habilement affiliés au mouvement de la participation pour s'assurer la coopération des ouvriers. On pourrait dire que le consommateur souffre; mais, tant que les prix ne sont pas réellement relevés, il ne saurait en être ainsi. Cependant, les avertissements et les symptômes d'agitation ne manquent pas aux Etats-Unis.
Supposons qu'un trust ait réussi à créer un véritable monopole; il pourrait y avoir tendance à peser sur le salaire, mais ce n'est pas l'avis de M. Graham. Plus de travail sera nécessaire pour maintenir les gros dividendes, le trust n'aura pas intérêt à ce que la qualité du travail se détériore sous le coup de la baisse du salaire. Il y a aussi le frein des grèves : la grève des ouvriers de l'acier a imposé de grosses pertes au trust. M. Graham pense, d'autre part, qu'en face de combinaisons aussi gigantesques, les grèves auront peu d'efficacité, mais il ne faut pas oublier que les ouvriers ont un pouvoir politique dont .ils peuvent faire usage, et ils auront peut-être les classes moyennes avec eux contre les trusts.
M. Graham croit que, dans les conflits entre trusts et ouvriers, on aura recours à l'arbitrage, e4. qu'en cas de dissentiment provenant d'une baisse de salaires, l'arbitre se prononcera pour les ouvriers, ce qui serait un avertissement pour les autres.
Sous le régime de la concurrence, les prix dépendent du coût de la production; sous un système de monopole, le coût de la production sert à indiquer le prix minimum. Un trust qui réussit peut augmenter ou diminuer l'offre. Parfois le trust a trouvé son avantage à baisser le prix de vente pour stimuler la demande et gagner sur un plus grand mouvement de marchandises. D'autre part, une petite restriction, lorsqu'il s'agit d'achats indispensables,
peut amener un grand renchérissement. Dans le cas d'une récolte surabondante, on entrevoit la possibilité d'en détruire une fi action; les Hollandais l'ont fait pour les épices; le trust du lait, à New- York, détruisait une partie de ce qui venait sur le marché. Un autre procédé consiste à réduire les heures de travail sans réduire les salaires. On a limité la production du charbon. La prudence, le sens commun, la conscience empêcheront les chefs des trusts d'arriver à des mesures extrêmes. L'intérêt bien entendu agira sur les trusts pour les détourner d'abuser de la situation.
En Amérique, certains syndicats ont abaissé les prix, ce sont généralement ceux qui ont prospéré (pétroles, sucres). En Angleterre, des trusts qui ont forcé la note du renchérissement ont périclité.
Ces observations du professeur Graham sont intéressantes; elles représentent le point de vue des défenseurs des trusts, défenseurs éclairés qui signalent les abus et les dangers.
Un correspondant du Time* a attiré l'attention sur la difficulté où se tiouvcnt les fondateurs des trusts de ne pas majorer les apports; ceux qui participent à la fondation du trust et qui sont bien outillés, bien placés, savent que leur concours est indispensable; ils chei client à se faire payer le plus cher possible, c'est-à-dire au delà de la valeur léelle. Il y a les brevets, la clientèle pour lesquels on peut demander des prix de fantaisie. Xous avons montré que les trusts anglais n'ont pas échappé à
Yovercapitolisation. Il paraît que les compagnies à capital exagéré et difficile à rémunérer ne dépensent jamais assez pour le renouvellement de l'outillage, pour des recherches; elles sont entravées dès le début; elles ne peuvent plus attirer de nouveaux capitaux et elles sont dans une mauvaise passe lorsqu'il s'agit de nouveaux concurrents bien équipés (1).
(1) La Yorkshire Woolcombcrs' Association est dans les mains d'un syndic de faillite depuis la fin de 1902. On propose une réduction considérable du capital. Nous nous sommes occupés, dans ce volume, plus particulièrement des trusts industriels envisagés dans leur aspect le plus récent et au point de rue financier. Il est un côté de la question qui mérite l'attention ; c'est l'organisation de services publics (transport, éclairage, canalisation d'eau), qui offrent un vaste champ à des tentatives de monopolisation, et qui cnt fourni matière, aux Etats-Unis et en Angleterre, à des groupements plus ou moins puissants, plus ou moins envahissants, plus ou moins dédaigneux des intérêts généraux. Voir Robert Donald, (The Trust ox the town, Con~ tcmporary Reriew, July 1903.)