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P. Delanoë, Soc. de Biologie, 29 avril

IDENTIFICATION DES TRYPANOSOMES 235

difl'érentes espèces animales, symptômes, terminaison, altérations analomiqiies, fournissent d'utiles indications.

Les symptômes de la dourine, chez le cheval, diffèrent de ceux du surra ou du mal de caderas. L'évolution des infections produites par Tr. Evansi ou par Tr. Briicei est beaucoup plus rapide que celle des infections dues au Tr. soudanense, etc.

Malheureusement, la symptomatologie et Tanatomie pathologique de beaucoup de trypanosomiases présentent de grandes ressemblances.

Le mode de propagation doit aussi entrer en ligne de compte. La dourine a mérité le nom de mal du coït. Plusieurs trypanosomiases africaines, la maladie du sommeil entre autres, sont propagées par les Glossma et ne paraissent pas pouvoir être transmises par d'autres insectes. Le surra et les infections dues au Tr. soudanense sont propagés par différentes mouches piquantes autres que les Glossina.

D'après R. Koch, il faudrait tenir grand compte de l'évolution que les trypanosomes subissent chez les animaux invertébrés qui les propagent'. Il serait évidemment peu pratique, pour identifier un trypanosome, de rechercher comment le parasite évolue dans les insectes qui le propagent, d'autant que la question, bien qu'elle ait fait de grands progrès dans ces dernières années, est loin d'être encore complètement élucidée.

G. — MÉTHODES SPÉCIALES d'iDENTIFIGATION DES TRYPAXOSOMES. —

L'étude morphologique et biologique des trypanosomes ne fournissant pas toujours des données assez précises, on a cherché des méthodes d'identification plus sûres.

Epreuve de V immunité croisée. — Deux trypanosomes A et B étant donnés, on recherche si un animal ayant acquis l'immunité pour A possède ou non l'immunité pour B, et réciproquement. S'il y a immunité croisée, les virus sont de même espèce; dans le cas contraire, on peut conclure qu'il s'agit de deux virus différents.

Cette méthode que nous avons préconisée a fait ses preuves; elle a servi à résoudre maint problème difficile -. Nous savons, grûce à elle, que Tr. Brucei et Tr. Evansi appartiennent à deux espèces bien distinctes; que le surra de Nha-Trang ne doit pas être identifié au surra indien; que Tr. congolense diffère de Tr. dimorphon; Tr. pecorum de Tr. congolense; Tr. hippicuni de Tr. Evansi; que le trypanosome de la mbori est une simple variété de Tr. Evansi; que le surra de Maurice doit êlre identifié au surra de l'Inde, et Tr. soudanense

1. R. Koch, Uflit'r die Unterschciduiii!: der Trypanosomenarten, Sitzungsbcrichte dcr Konigl. preussisckc Akademie der Wisseiisckaflen, 11)0").

2. Voyez noUimnicnt A. Laveran et F. Mesnil, Acad. des Sciences, 27 mars 1905. — A. Laveran, Acad. des Sciences, 27 février 1911, et Soc. de path. exotique, 14 février 1912.

aux trypanosomes des épizooties algériennes connues sous les noms d'el-debab et de mal de la Zousfana; que Tr. r/zot/es/ense appartient à une autre espèce que Tr. ganibiense.

Les chèvres, les moutons et les^bovidés qui, places dans de bonnes conditions, offrent une grande résistance aux trypanosomiases, et qui acquièrent d'ordinaire l'immunité à la suite d'une première atteinte, sont les animaux de choix pour l'épreuve d'immunité croisée. Bien entendu, avant de déclarer qu'un animal est guéri d'une trypanosomiase donnée, il faut s'assurer, en inoculant à des animaux sensibles de fortes quantités de sang (30 à 50 ce), que la guérison est réelle; lorsqu'on a acquis cette conviction, l'animal est réinoculé avec une forte dose du même virus; une quinzaine de jours après cette réinoculation, on injecte de nouveau du sang (30 à 50 ce.) à des animaux d'épreuve, et c'est seulement lorsqu'on s'est assuré que ces animaux ne se sont pas infectés qu'on inocule le virus à identifier.

De ce que des animaux ayant acquis l'immunité pour un trypanosome s'infectent quand on leur inocule un trypanosome d'une autre origine, on ne peut pas conclure qu'il s'agit de parasites d'espèces différentes, des animaux qui résistent à une variété peu virulente dun trypanosome pouvant être infectés par une variété plus virulente; l'épreuve d'immunité croisée, telle qu'elle est définie plus haut, répond à cette objection.

On peut reprocher à celte épreuve la longueur des expériences qu'elle nécessite, aussi a-t-on cherché des méthodes d'identification plus rapides.

Méthodes de se'ro-diagnostic. — En 1906, nous avons appelé l'attention sur les services que peut rendre le séro-diagnostic.

Le sérum d'un animal qui a acquis l'immunité contre un trypanosome se montre actif quand on lemploie, à dose suffisante, en mélange avec le sang contenant ce trypanosome, inactif quand on fait le même essai avec d'autres trypanosomes; le sérum acquiert donc souvent, -à un degré assez élevé, des propriétés spécifiques qui peuvent être utilisées pour l'identification des trypanosomes'.

Le sérum d'un animal qui a acquis l'immunité contre un trypanosome peut conserver pendant longtemps son activité spécifique en mélange. Laveran a cité l'exemple d'un sérum de bouc qui avait conservé son activité dix-sept mois après guérison d'une infection par Tr. dimorphon et celui d'un mouton qui était encore actif en mélange deux ans et six mois après guérison d'une infection par le même trypanosome ''^.

Le sérum des animaux atteints dune trypanosomiase à marche

1. A. Laveran et F. Mesnil, Acad. des Sciences, 2.j juin 1906.

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