‹ Trypanosomes et trypanosomiasesChapitre 176 sur 412 · S.-G. Haji, Journ. oftrop.veter. Se, 1910, t. V, fasc · texte numérisé non relu

S.-G. Haji, Journ. oftrop.veter. Se, 1910, t. V, fasc

4. J.-R. Mohler et W. Thompson, Annual Rep. of the Bureau of animal Indastry for the year 1909, Washington, 1911.

SURRA 387

En juillet 1906^ des zébus provenant de Tlnde et paraissant en bonne santé ont été importés aux Etats-Unis et ont provoqué une petite épizootie de surra qui a été rapidement enrayée par Tabatage des animaux infectés.

51 zébus ont été mis en quarantaine dans une île à New- York. L'examen histologique du sang avait été fait avec résultat négatif; on inocula à des lapins 2 ce. du sang de chaque animal, 3 lapins s'infectèrent. Il y avait à ce moment dans lîle beaucoup de taons et de stomoxes. Dans une seconde série d'inoculations, 7 animaux furent trouvés infectés et, dans deux autres séries, on constata encore 6 infections. Tous les animaux infectés furent abattus et l'épizootie s'arrêta.

Ces faits montrent bien qu'il est nécessaire, dans certains cas, de recourir aux animaux d'épreuve.

Il est indispensable que les vétérinaires de tous les pays se familiarisent avec la recherche des trypanosomes.

Supposons maintenant qu'une épizootie de surra a commencé à se développer dans un pays jusque-là indemne; les localités dans lesquelles existent des animaux malades seront déclarées infectées, il sera défendu d'envoyer, de ces localités dans d'autres, des animaux susceptibles de propager la maladie; toutes les écuries seront visitées; les animaux qui auront été reconnus atteints de trypanosomiase seront abattus ou soumis à un traitement approprié qui peut donner, comme on l'a vu, de très bons résultats chez les équidés.

Les équidés non traités succombent invariablement, il y a donc lieu de les abattre le plus tôt possible, quand ils ne peuvent pas être traités, afin qu'ils ne servent pas à infecter les mouches piquantes qui propagent la maladie.

Les bovidés placés dans de bonnes conditions d'hygiène, guérissent dans une forte proportion, mais ils constituent une cause d'infection pour les animaux sains; il est donc indiqué de les abattre rapidement, alors que l'état général est encore satisfaisant et qu'ils peuvent être utilisés pour la boucherie. Le surra n'est pas transmissible à l'homme qui, d'ailleurs, ne consomme la viande qu'après cuisson.

Les trypan. restent vivants dans le sang des animaux morts du surra pendant un laps de temps variable avec, les conditions atmosphériques, aussi des animaux peuvent-ils s'infecler en dévorant les cadavres; le fait n'est pas rare pour les chiens, les chats et, d'après Musgrave et Clegg, pour les rats d'égout.

Les animaux qui meurent du surra et qu'on abandonne dans la campagne ou sur les routes sont une cause de propagation de la maladie, attendu qu'ils deviennent la proie des mouches piquantes ; leurs cadavres devi-ont être enfouis profondément.

Les animaux suspects seront gardés dans des écuries protégées, à l'aide de toiles métalliques, contre Taccès des mouches.

On n'importera pas, dans les régions infectées, d'animaux sains, afin de ne pas fournir à l'épizootie de nouveaux aliments.

L'histoire des épizooties de surra de Maurice et de Java montre bien l'importance des mesures de prophylaxie que nous venons d'indiquer.

Au début de l'épizootie de Maurice, la nature de la maladie a été méconnue; lorsque l'existence du Tr. Evansi dans le sang des animaux malades a été enfin constatée, l'épizootie avait envahi une grande partie de l'île. L'abatage des animaux malades était rejeté à cause de l'hécatombe qu'il aurait entraînée et l'on perdait du temps à chercher des moyens de traitement. L'épizootie se généralisait, et, au mois de janvier 1903, les chevaux et les mules avaient disparu presque complètement. Les planteurs étaient obligés de recourir à la traction mécanique pour la récolte de la canne à sucre. Les Mauriciens ont commis une dernière faute, ils ont importé un grand nombre de mules et de chevaux destinés à remplacer les animaux morts et ces importations ont fourni un aliment au surra.

A Java, en 1900 et 1901, le diagnostic a été porté dès le début de l'épizootie; les districts dans lesquels des cas de surra avaient été constatés ont été déclarés contaminés et toutes les écuries ou étables ont été soumises à une inspection rigoureuse. Les animaux malades ont été abattus ou isolés des animaux sains. Grâce à ces mesures, l'épizootie est restée très limitée et elle n'a pas tardé à décroître et à disparaître.

Dans les régions où le surra règne à l'état endémique, la prophylaxie présente de grandes difficultés, principalement en ce qui concerne les équidés. Les équidés traités et guéris n'ont pas l'immunité pour le surra.

Les bovidés, les moutons et les chèvres guérissent dans une forte proportion et. après guérison naturelle, jouissent de l'immunité. On recherchera les races indigènes qui sont les plus résistantes au surra.

Les zones dans lesquelles abondent les mouches piquantes sont les plus dangereuses; on évitera d'y parquer des bestiaux; quand il sera nécessaire de faire traverser ces zones à des troupeaux, on le fera de nuit, les mouches ne piquant que le jour.

On protégera les écuries contre l'accès des mouches à l'aide de toiles métalliques; dans certaines parties de l'Afrique, les indigènes enfument les cases qui servent d'écurie et ils ne font sortir les animaux que pendant la nuit pour les conduire dans les pâturages ou à l'abreuvoir; ce sont là des mesures très rationnelles.

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On détruira, à proximité des habitations, et dans une étendue aussi grande que possible, la brousse qui sert d'abri aux mouches piquantes.

L'hygiène générale a, dans la prophylaxie du surra, une grande importance; les animaux surmenés et mal nourris sont beaucoup plus éprouvés que ceux qui reçoivent une nourriture abondante et de bonne qualité et qui ne sont soumis qu'à un travail modéré; le fait a été constaté notamment pendant l'épizootie de l'île Maurice.

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