Forme ordinaire
Fig. LXXVII. — Tr. equiperdum.
2 et 3. Deux stades de la division binaire. — 1. Forme avec vacuole.
(2 et 3). Cette extrémité est sans doute très rétractile et vraisemblablement un peu moins sur les bords que suivant Taxe.
Le protoplasme se colore en bleu assez uniforme, peut-être moins intense que chez les autres trypan. pathogènes. Nous l'avions du moins noté ainsi dans notre l""" édition. En réalité, cette coloration et la présence de granules mélachromatiques dans le cytoplasme dépendent surtout de l'état de l'animal infecté et du nombre des trypan. au moment où l'on fait la préparation de sang.
Nous avons vu, dans les trypan. du sang d'une souris sur le point de mourir, de grosses granulations cytoplasmiques assez nombreuses.
Enfin, nous devons attirer l'attention sur la vacuole antécentrosomique de la figure LXXVII, 4. Elle rappelle la vacuole semblablement située chez les Tr. gambiense et r/iodesiense.
La longueur du trypanosome est de 2o à 28 a, même chez le cheval ; il est donc plus court que Tr. Brucei; il paraît aussi un peu moins large chez le chien et le cheval, mais chez la souris, on observe des formes aussi trapues.
La figure LXXVII (2 et 3) représente deux stades de division longitudinale binaire. Rien de particulier à signaler.
DOUUINE 579
Notons que, dans une préparation, nous avons observé un trypanosome avec 6 noyaux, dont 2 étaient encore en voie de division. Nous avons signalé des formes de division analogues pour Tr. Briicei et Tr. eqainum. De leur côté, Rabinowitsch et Kempner signalent (p. 812) des formes avec 8 et 10 noyaux aboutissant à des sortes de rosaces.
Culture. — Dans un essai sur milieu Novy-Mc Neal, Thomas et Breinl ' ont gardé le Tr. eqiiiperdum vivant et virulent pendant 17 jours.
Zvvick et Fischer ont ensemencé du sang, pour lequel l'examen direct avait été négatif, dans des tubes contenant du bouillon mélangé à du liquide amniotique; dans les jours qui suivent, on trouve dans ces tubes des amas de trypan. ; la survie ne dépasse pas une semaine. Les auteurs conseillent dutiliser ce procédé dans un but de diagnostic.
Mohler (/. c.) est le premier qui ait véritablement réussi la culture, il est parti d'un virus algérien donnant au rat des infections intenses. Après o essais infructueux, il a obtenu une culture qui a pu être réensemencée : 3 des 14 tubes ensemencés ont présenté un développement et, depuis 9 mois, le trypan. a été conservé à travers 14 réensemencements successifs. Le trypan. de culture se maintient virulent, mais avec une certaine baisse.
§ 3. — Mode de propagation.
La dourine est transmise par le coït.
En dehors de toute connaissance de l'agent pathogène, « la démonstration expérimentale de ce mode, déjà donnée par Hertwig, est fournie encore en 1861-1862 par Prince et Lafosse. De lo juments saines livrées à 4 étalons dourinés, 10 sont infectées (dont o gravement) et o restent indemnes. Deux étalons, accouplés avec les juments contaminées, contractent la maladie. Trasbot en 1877, Peuch en 1898, obtiennent la transmission à des juments en les faisant saillir par des étalons malades.
« De nombreux faits d'observation montrent que l'étalon douriné transmet l'affection à la plupart des juments saillies et pendant toute la saison de la monte; on peut admettre que les deux tiers ou les trois quarts des femelles exposées sont contaminées. » (Nocard et Leclainche, p. 626.)
Ces faits ont été corroborés et expliqués depuis la découverte de l'agent pathogène; on a vu en effet que le trypan. de la dourine
1. Thomas et Breinl, Liverpool Schoolof trop. Med., Méin. XVI, 1903.
pouvait traverser les muqueuses saines et déterminer ainsi une infection. La maladie expérimentale produite chez les chevaux, chiens et lapins par un mode artificiel quelconque (injection souscutanée, dépôt du parasite sur une muqueuse), peut être transmise d'un sexe à l'autre par le coït. Rouget en a donnné le premier exemple et depuis, Schneider, Buffard, Nocard,... ont recueilli un grand nombre de faits de cet ordre.
Rabinowitsch et Kempner (/. c, p. 808) disent avoir réussi à transmettre la dourine de rat à rat (de même sexe) au moyen des puces.
Sieber et Gonder* ont vu un cheval, placé dans une stalle voisine de celle occupée par un cheval douriné, s'infecter; ils pensent que les stomoxes ont servi d'intermédiaires. En fait, Schuberg et Xubu-^ ont réussi, avec ces insectes, à transmettre le Tr. equiperdiim de rat à souris, et de rat à rat, en ne laissant pas d'intervalle entre les piqûres des deux animaux. On peut aussi obtenir des résultats positifs en écrasant des stomoxes infectés sur la peau d'animaux sains. ManteufeP avait d'ailleurs établi que le Tr. equiperdum, comme le Tr. Lewisi, traverse assez facilement la peau intacte.
La transmission par le coït n'en reste pas moins le seul mode naturel de propagation de la dourine chez les Equidés. « L'infection en dehors du coït est d'une rareté extrême et procède toujours sans doute d'une inoculation immédiate; les quelques cas observés chez des chevaux hongres ou des femelles vierges ont été rapportés à une inoculation, sur la muqueuse génitale, par les instruments de pansage (éponges) ou par les litières. » (N. et L., p. 626.)
§ 6. — Individualité de la Dourine. Diagnostic. Pronostic.
Le trypan. de la dourine diffère peu des autres trypan. du type Briicei. Mais il est particulièrement rare dans le sang des Equidés malades.
Au point de vue de son évolution chez les Equidés, la dourine présente des ressemblances et des différences avec les autres trypanosomiases animales. Les points de ressemblance sont : l'anémie, la fièvre, les œdèmes affectant particulièrement les parties génitales et les régions déclives du corps, les lésions de l'œil et des paupières, l'amaigrissement (malgré la conservation ou même l'exagération de l'appétit), la faiblesse musculaire surtout marquée au train postérieur. Les différences portent sur la durée de la maladie, la présence des plaques cutanées, les symptômes de paralysie du train posté-
1. Sieber et Gonder. Auch. f. Sch. ii. Trop. Ilyg., t. XII, 1908, p. G46.
2. Schuberg et Kuhn, Arb. a. d. Kais. Gesundli., t. XXXV, févr. 1911.