VoGES, Zeilschr. f. Ilyg., t. XXXIX
4. Schilling, Arb. a. d. Kaiserl. Gesundheitsamte, t. XXI, 1904. ."). Mesnil ot Martin, C. R. Soc. Biologie, t. LX, 1906, p. 739.
G. GOEBEL. G. R. Soc. Biologie, t. LXI, 1908, p. .321, et Arch. f. Scli. u. Trop. Hyg., t. XII, 1908, p. 511.
n'ont été vus à l'examen microscopique et il faut recourir à l'inocula lion du sang aux animaux sensibles.
Les Vertébrés à sang froid présentent, eux aussi, une certaine sensibilité, ou plutôt tolérance, aux trypan. pathogènes des mammifères, ainsi qu'au Tr. Leivisi.
Wendelstadt et Mlle Fellmer', en opérant avec la couleuvre à collier (Tropidonotus nalrix), ont constaté que les trypan., inoculés dans le péritoine, se retrouvent pendant plusieurs jours dans la circulation générale; les premiers jours, on peut parfois constater leur présence à l'examen direct du sang; mais le moyen le plus sûr est toujours d'inoculer une certaine quantité de sang au rat.
Wendelstadt et Mlle Fellmer ont ainsi infecté 7 couleuvres sur 16 de Tr. Brucei, 3 sur 12 de Tr. Lewisi. Ils ont eu une très faible i)roportion d'infections chez les lézards, les tortues de marais, les salamandres et les grenouilles; aucune avec les tritons et les orvets. Les passages directs d'un vertébré à sang froid à l'autre n'ont jamais réussi ; il était toujours nécessaire d'intercaler un rat. Dans ces conditions, la virulence pour l'animal à sang froid paraît s'élever par les passages. Ultérieurement, ils ont constaté que le Tr. Brucei se retrouvait encore au bout de 7 jours chez un coléoptère du genre Cychrus, 2 jours chez un autre coléoptère, du genre Aphodius, et chez la limace Arion empiricorum.
Laveran et Pettit- qui ont confirmé les résultats que nous venons d'indiquer chez la couleuvre à collier, classent les autres vertébrés avec lesquels ils ont expérimenté en 2 catégories. Viennent d'abord : lîana lemporaria, Coliiber cadopeltis, Laceria uiridis, Clemmys leprosa et Testudo maurilanica, chez lesquels il passe dans la circulation peu de trypan., qui n'y séjournent pas longtemps. Chez Triton vulgaris, Rana esculenta, Cyprinus carpio, Anguilla vulgaris, il ne passe rien.
Nous avons vu (p. 86) que Laveran et Pettit ont établi un rapport entre le degré de résistance des vertébrés en question et le pouvoir trypanolytique de leur sérum.
Wendelstadt et Mlle Fellmer insistent sur les variations de virulence et de morphologie que subissent les trypan. par passages chez les vertébrés à sang froid.
D'après eux, la virulence du Tr. Brucei, ayant passé chez la couleuvre, augmente pour le rat; on la constate au lo«, 20* passage ou môme plus tard : les rats succombent alors en 4 jours, 2 jours et même moins, alors que la race originelle les tuait en o-7 jours. Laveran et Pettit n'ont constaté aucune variation de virulence chez les souris du 1" et du 2'' passage.
1. Wendelstadt et T. Fellmer, Mediz. Klln., 18 avril 1909, p. 608. — Zeitschr. f. Imm. forsch., t. III, 1909, p. 422, cl t. V, 1910, p. 337.
2. Laveran et Pettit, C. R. Acad. Sciences, l. GXLIX, 1909, pp. 329 et 500.
POUVOIR INFECTIEUX ET VIllULENGE 129
Au bout de 8 jours, Wendelsladt et Mlle Fellmer trouvent, chez les couleuvres inoculées de Tr. Briicei, des trypan. très petits (la moitié de la longueur des trypan. normaux). Reportés sur rats, les trypan. sont au contraire supérieurs à la normale.
Avec le Tr. Leivisi, qui a passé par couleuvre, ou à la fois par couleuvre et par grenouille, on obtient chez le rat des formes à protoplasme particulièrement chromophile et avec une extrémité postérieure très fine et extrêmement longue.
A mesure que les études progressent sur les divers trypan. pathogènes, on se rend compte que les différences dans le pouvoir infectieux et la virulence sont assez secondaires, si on les met en balance avec les ressemblances. Il est probable qu'un certain nombre do différences qui subsistent encore pourront disparaître ou être atténuées, par une étude plus approfondie, établie en vue de les combler. Mais nous sommes persuadés que, malgré tout, des différences persisteront.
En l'état actuel de nos connaissances, quelques-unes de ces différences méritent d'être citées dans ce chapitre général.
Avec un grand nombre d'espèces de trypan. path., on arrive à donner à la souris et au rat une infection à marche aiguë, dans laquelle les trypan. vont constamment en augmentant de nombre dans la circulation, jusqu'à dépasser un million par millimètre cube de sang; cette infection évolue en 3-5 jours quand l'inoculation a été faite sous la peau, en moins de temps encore quand elle est faite dans le péritoine. Pour d'autres espèces (groupe du dimorphon, Tr. cquiperdiim), l'infection n'est qu'exceptionnellement aiguë; elle est généralement subaiguë ou chronique et, dans ce dernier cas, un certain nombre d'animaux guérissent. Entre les 2 catégories, on observe des intermédiaires; dans certains cas, la maladie débute comme dans les infections aiguës à marche rapide; mais la mort ne survient que quelques jours plus tard et, pendant ce temps, les trypan. continuent à augmenter dans la circulation (certaines races de Tr. Evansi). C'est encore un nouvel exemple de l'indépendance relative du pouvoir infectieux et de la virulence.
Certaines espèces {Briicei, togolense, Pecaiidi) paraissent plus pathogènes pour le cheval que d'autres ; la maladie évolue plus vite ; les intermittences dans la présence des trypan. à l'examen direct sont plus rares. Le Tr. Evansi viendrait ensuite, avec ses intermittences régulières et assez prolongées; puis le Tr. equinum, et enfin le Tr. equiperdum qui donne une maladie chronique, avec parasites extrêmement rares dans la circulation. D'autres trypan., par ex. le Tr. dimorphon, méritent une place à part. La maladie due au dimorphon n'est pas aussi chronique que la dourine; les trypan.