‹ Trypanosomes et trypanosomiasesChapitre 72 sur 412 · Schein, Ani. Inst. Pasteur, l. XXI, 1907, p · texte numérisé non relu

Schein, Ani. Inst. Pasteur, l. XXI, 1907, p

3. Allain cl ÏHAUTMANN, Bull. Soc. Palli. cxot., t. III, 1910, p. 23.

4. Thomas et Breinl, Liverpool. Sch. of trop. Med., mém. XV, 1903, p. 1.

5. NisSLE, Hygicn. liundichau, t. XIV, 1904, p. 1039, el Arch. f. Hyg., t. LUI, 1903, p. 181.

G. HoDET, RuBixsTEiN ct Badeh, BuU. Soc. Paih. cxot., t. m, 1910, p. 83.

injections sous-culanées de streptocoque chez des lapins et des chiens. Même, dans deux cas où Tinjection bactérienne (b. d'Eberth dans le péritoine du cobaye) Sl précédé l'infection à trypan., celle-ci a évolué avec une rapidité anormale.

Les seules recherches expérimentales suivies, ayant donné des résultats positifs nets, ont porté sur de.s Protistes aberrants, les spirochètes du sang, agents des fièvres récurrentes. Trautmann *, puis Daels ^, ont surtout expérimenté avec les souris naganées, dont l'infection, du type aigu, durant 4-5 jours, est d'une telle régularité que toute action perturbatrice exercée par les spirochètes (Sp. Diiltoni) apparaît très nettement.

Pour Trautmann, la survie est la plus longue quand les souris sont inoculées d'abord de nagana sous la peau, puis le lendemain de spirochètes, dans le péritoine; des souris ont ainsi résisté de 30 à 'M jours (au lieu de 4 à o). L'évolution des trypan. devient tout à fait irrégulière; il y a une série de poussées, séparées par des intervalles durant lesquels l'examen du sang est négatif. L'évolution des spirochètes est également modifiée : la poussée du début est moins considérable; elle est suivie généralement de trois crises (coïncidant avec les régressions de trypan.), alors qu'il n'y en a pas plus de deux normalement. 11 faut noter qu'à côté des souris, chez lesquelles les deux infections sont ainsi influencées, il y en a d'autres chez lesquelles elles évoluent à la façon normale, amenant rapidement la mort.

Quand l'inoculation des spirochètes et des trypan. est simultanée, soit en mélange, soit tryp. sous la peau et spir. dans le péritoine, on obtient encore une régression des trypan. et une survie, mais moindre que dans le cas précédent.

Ni l'immunité pour les spirochètes, ni l'inoculation d'un culot de spir. morts n'influent sur la marche normale du nagana chez la souris.

D'accord avec Trautmann pour la majorité des faits, Daels en diflere sur quelques points. Par exemple, il cite des expériences où il y a action alors que l'infection à spirochètes précède l'infection à trypan. Pour lui, on a de bons résultats par 1 inoculation intrapéritonéale de trypan. au milieu ou à la fin de la spirillose.

Mais Daels est d'accord avec Trautmann pour constater que ce sont les spirochètes vivants qui agissent, qu'il y a en somme une véritable concurrence vitale dans le corps de la souris. Il note par exemple que la poussée finale de trypanosomes coïncide avec la fin ou le déclin de l'infection spirillaire. Des souris peuvent vivre plu-

i. TnAUTMANN, Ann. Inst. Pasteur, t. XXI, oct. 1907, p. 808. 2. Daels, Arch. f. Hyg., t. LXII, 1910, p. 237.

sieurs jours avec un nombre considérable de trypan. dans le sang, qui les tue d'habitude en 24 heures.

Pour Trautmann. il n'y a pas atténuation vraie de virulence des trypan., car, inoculés à de nouvelles souris, ils les tuent dans le temps normal; mais, fait intéressant, ces nouvelles infections ne sont plus, pendant quelques générations, influençables (en règle générale) par les spirochètes; les trypan. ont acquis une sorte de vaccination héréditaire.

Pour Daels, il n"y a aucune accoutumance des trypan, à l'action gênante des spirochètes, au contraire, les trypan. se sensibilisent de plus en plus à l'action nocive. Ainsi l'inoculation d'un mélange de spir. et de trypan., pris en combinaison chez un animal, donne une infection à rechutes, alors que le mélange de spir. et de trypan. ordinaires produit une maladie aiguë normale. Daels a obtenu aussi, avec ces trypan. sensibilisés, des infections avec de longues périodes où le sang n'est même plus infectant. 11 ne croit pas que les spir. agissent par des substances solubles, car les trypan. peuvent se développer dans un sang rempli de spir. Cette conclusion n'est-elle pas en contradiction avec le fait, qu'il a observé chez les rats (où la combinaison spir.-trypan. a la même action que chez la souris), que des spirochètes protégés par des sacs et introduits dans le péritoine, déterminent une perturbation de la trypanosomiase?

Daels, dans le même travail, note encore que, chez les souris cancéreuses, arrivées à la période cachectique, l'infection par le 7>. Briicei est allongée.

Trautmann a constaté également un antagonisme du S. Diitloni et des Tr. Evansi, equiperdum, gamhiense. En revanche, les infections à Tr. Lewisi sont réfractaires à l'action des spirochètes, même quand le rat présente une infection intense.

D'autres affections des animaux en expérience paraissent favoriser l'infection trypanosomique. C'est ainsi que nous avons constaté une influence favorisante, peut-être indirecte, de l'acariose cutanée des rats sur l'infection due à un Tr. gamhiense de virulence peu marquée.

G. Martin * a eu l'occasion d'observer un cas de réveil, par la clavelée, de la trypanosomiase, chez un mouton infecté de Tr. dimorphon, dont le sang n'était plus infectant pour le cobaye à la dose de 5 ce. : les trypan. sont revenus assez nombreux dans la circulation.

Il existe, dans tous les pays du monde, des trypan. propres aux bovidés et à peu près dépourvus de pathogénité. Ces trypan. sont rarement visibles à l'examen direct du sang et il est généralement nécessaire d'ensemencer ce sang pour déceler leur présence (voir ch. XII). Or ils ont été reconnus à l'examen direct chez des

1. G. Martin, Les Trypanosomiascs en Gainée française, Paris, Maloine, 1908.

bovidés atteints d'affections diverses : galziekte (Theiler'), peste bovine (Holmes -, Luhs*). piroplasmose (Holmes, Stockman*).

Nous verrons, au chapitre Pathogénie, que l'ablation de la rate ifinflue pas sur l'évolution d'une trypanosomiase subséquente.

Chez un animal en bonne santé et dans des conditions physiologiques normales. Tâge joue quelquefois un rôle.

Ainsi, nous avons constaté que les jeunes rats étaient beaucoup plus sensibles à Tinfection par le Tr. Lewisi que les rats adultes. D'autre part, les animaux usés par Tâge paraissent moins résistants que ceux en pleine vigueur.

La fatigue, une nourriture mauvaise ou insuffisante, produisent des résultats de même ordre. On a souvent remarqué, au cours d'épizooties, que les animaux bien nourris et laissés au repos résistaient longtemps et pouvaient même guérir, alors que les animaux soumis au travail succombaient assez rapidement. L'insuffisance de nourriture est un facteur favorisant de la maladie du sommeil.

L'adaptation à une région infectée semble rendre les animaux plus résistants. De nombreux observateurs ont constaté, par exemple, que les chiens importés aux Indes ou en Afrique australe étaient beaucoup plus sensibles aux trypanosomiases de ces régions que les chiens indigènes. Les bœufs de Madagascar importés à Tîle Maurice ont éprouvé une forte mortalité du fait du même surra qui est si peu pathogène pour les bo'ufs dans l'Inde. Le cas des Ruminants sauvages, tolérants aux trypanosomiases de la région, est évidemment à citer ici.

Enfin, il existe des particularités individuelles que nous ne savons pas discerner et qui font que, dans un lot d'animaux en apparence identiques, certains se montrent réfractaires, tandis que d'autres s'infectent à des degrés divers; mais pareils faits ne se présentent généralement que quand le trypan. est mal adapté à l'espèce animale, ou bien est peu virulent pour elle. ^

v; 2. — Moyens de défense de rorganisme.

Nous avons vu qu'un même trypanosome détermine, chez les diverses espèces animales auxquelles on l'inocule, des maladies très différentes, en particulier au point de vue de la durée et de la présence des trypan. dans la circulation. Cette simple constatation prouve que l'organisme réagit plus ou moins, et aussi de façons

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