‹ Trypanosomes et trypanosomiasesChapitre 73 sur 412 · LuHS, Arch. de Parasit., t. X, 1908, p · texte numérisé non relu

LuHS, Arch. de Parasit., t. X, 1908, p

4. Stockman, Journ. of comp. Palh. a. Ther., t. XXIII, 1909, p. 189.

13G TRYPANOSOMES ET TRYPANOSOMIASES

diverses, contre le parasite envahisseur. On peut dire que cette défense est générale, elle doit môme exister dans les infections aiguës qui durent seulement quelques jours, comme c'est le cas pour les virus fixes des souris et des rats; on a constaté en effet que, parfois, dans des circonstances encore mal précisées, ces petits rongeurs peuvent succomber en 1 à 2 jours, Taccroissement de nombre des trypan. dans leur sang étant particulièrement rapide. On doit supposer que, dans ces cas, les parasites montrent une virulence extraordinaire qui annihile les moyens de défense de l'organisme.

Ces moyens ne diffèrent pas de ceux que l'on rencontre dans les maladies bactériennes, ou bien dans les phénomènes de résorption ; ce sont la phagocytose et les propriétés humorales.

Phagocytose. — La phagocytose de trypan. vivants a été observée dans des circonstances diverses et, comme elle présente toujours les mêmes caractères, il nous paraît utile de la décrire dès le début de ce paragraphe. Elle est surtout l'œuvre des macrophages, cellules fixes des organes ou leucocytes mononucléaires; mais les polynucléaires peuvent aussi participer à cette destruction des trypanosomes.

Nous en avons donné la première description en 1901, à propos du Tr. Leivisi^. En 1908, Mesnilet Brimont'' lui ont reconnu les mêmes caractères pour ce qui concerne les trypanosomes pathogènes. Enfin Levaditi et Mutermiich -^ ont précisé surtout le premier temps du phénomène, et en ont fait une étude spéciale.

Ce premier temps est particulièrement curieux. Quand on retire l'exsudat péritonéal d'un animal, inoculé de trypan. dans le péritoine et chez lequel il y a réaction phagocytaire, on est frappé de ce fait que les parasites sont comme piqués à la surface des leucocytes. Ils ont conservé toute leur mobilité et ils s'agitent en tous sens à partir de leur point d'insertion sur le leucocyte. C'est généralement l'extrémité postérieure, non flagellée, des trypan. qui s'attache; mais l'attachement peut aussi avoir lieu par l'extrémité flagellée ou encore latéralement, par le milieu du corps (voir fig. XXX, 2 et 4).

Quoi qu'il en soit de ce stade préparatoire, il est incontestable que la phase de l'englobement proprement dit ne peut être réalisée que par des phagocytes bien vivants et placés dans des conditions favorables. Une certaine proportion dé trypan. arrivent à se détacher des leucocytes auxquels ils adhèrent. Mais, pour les autres, le processus phagocytaire continue (v. fig. XXIX) par l'émission de prolongements protoplasmiques qui constituent une sorte de cratère de

1. Lavicran et Mesnil, Ann. Inst. Pasteur, t. XV, 1901, p. 673.

2. Mesml et Brimont, C. /?. Soc. BioL, t. LXV 1908, p. 77 et Ann. Inst. Pasteur, t. XXII, 1909, p. 129.

.3. Levaditi et Mutermilch, C. P. Soc. Biologie, t. LXVIII, 1910, p. 1079.

plus en plus profond, dont l'axe est constitué par le trypan. Nousavons publié que le trypanosome reste mobile jusqu'à la fin du phénomène, c'est-à-dire jusqu'au moment où les prolongements cratériformes du phagocyte sont assez développés pour, en se rabattant, inclure le parasite tout entier, amené bientôt à l'état de boule. D'après Levaditi et Mutermilch, le trypanosome, bien mobile au. début de l'englobement, cesse de l'être avant la fin, au moment où la région du noyau est englobée. Ils pensent qu'il y a eu sécrétion par le leucocyte d'un principe microbicide; mais ils n'ont pu réussir à l'extraire, ce qui d'ailleurs n'a rien d'étonnant. De nouvelles

Fig. XXIX. — Phagocytose observée sur le vivant.

La tigurc représente plusieurs phases de renglobement irun Tr. Lewisi par un leucocyte dans l'exsudat péritonéal d'un rat immunisé activement, 4 heures après l'injection du sang à trypan. dans le péritoine de ce rat. — A. La partie non englobée du trypan. est animée encore demouvements très nets, quoique ralentis ; la partie déjà englobée est peu distincte. — B. Mômes éléments dessinés au bout de 3 minutes; le trypan. ne forme plus qu'un prolongement dont la nature serait facile à méconnaître si on n'avait pas saisi toutes les phases de 1 englobement. — C. Mêmes éléments dessinés encore au bout de 5 minutes; le trypan. a été englobé complètement et le leucocyte a repris son aspect normal.

observations de D. Roudsky ' et de Delanoë^ chez la souris sont en faveur de notre première conception.

Inclus à l'état de boule dans une vacuole du phagocyte (fig. XXX, 4 et 5), le trypanosome ne tarde pas à être digéré. Aussi, pour biea saisir les diverses phases du phénomène, faut-il des préparations où la phagocytose soit intense : la digestion du cytoplasme doit être assez rapide, car bientôt on ne distingue plus ses contours; les 2 noyaux persistent plus longtemps et c'est la plupart du temps à. la coexistence de 2 amas chromatiques d'inégale grosseur qu'on reconnaît qu'une cellule a phagocyté un trypanosome; on distingue

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