ROUD.SKY, c. R. Soc. Biologie, l. LXX, G mai l'Jil
2. Delanoë, TUèse Doct. Méd. Fac. Montpellier, déc. 1911, et Ann. Inst. Pasteur,. L .XXVI, mars 11)12.
ensuite une sorte de poudre chromatique, disséminée dans le protoplasme'.
La façon dont les trypan. sont englobés par les leucocytes du rat rappelle surtout les processus décrits et figurés par Savvtchenko pour rincorporation des spirochètes de la fièvre récurrente par les leucocytes du cobaye ^. Mais, dans ce cas, on retrouve encore long-
Fip:. XXX. — Phagocytose des trypanosomes (d'après des préparations
colorées).
1-4. Phagocytose du Ti'. toi/olcnse dans le péritoine d'une souris qui a reçu du sérum protecteur : on observe des trypan. attachés à la surface des leucocytes, des trypan. en partie englobés et de nombreux débris nucléaires et centrosomiques à l'intérieur dos leucocytes Idaprès Mesnil et Brimost]. — 5. Phagocytose de T7\ Lewisi : t, trypan. en boule dans une vacuole; /;. hématies englobées (d'après une figure do notre mémoire des Annules de l'Institut Pasteur, t. XV, 1901). — G. Phagocytose de Tr. inopinatum chez la grenouille rousse; n, noyau du leucocyte; v, vacuole digestive renfermant un trypan. encore intact t, et des trypan. en boule t' [d'après Brumpt\
temps les spirochètes eng'lobés dans de larges vacuoles où la coloration intra vitam par le bleu de méthylène les met facilement en évidence. Ces particularités sont bien en rapport avec les différences de constitution des trypan. et des spirochètes.
Toute cette série de stades n'a pu être observée qu'avec les leucocytes. Il est probable que les mêmes phénomènes se présentent aussi avec les cellules fixes des organes. C'est surtout à Sauerbeck ' que Ton doit la recherche de cette phagocytose chez les rats,
1. Voir, pour les diverses phases de celle phagocytose, la planche du mémoire d»î Mesnil et Brimont, l. c, Ann. Inst. Pasleur, t. XXIII, dont nous reproduisons ici 4 figures (flg. XXX, 1-4).
2. Sawtchexko, Archives russes de pathologie et de bactériologie l'JOO.
3. Sauerbeck, Zeitschr. f. Hyg., t. LU, 11)03, p. 31, et t. LVll, 19U6, p. 512. Voir aussi Massaglia, Soc. med. chirurg. di Modena, 12 févr. 1901).
cobayes, lapins et chiens infectés de Tr. Brucei. D'après lui, les formes d'involution des trypanosomes dans les organes sont, en général, intracellulaires; ce sont des stades de la digestion à Tintérieur des phagocytes. Il insiste sur la ressemblance des stades d'involution les plus communs avec les Leishmania Donovani.
Dans les ganglions lymphatiques, le rôle phagocytaire est dévolu aux cellules du tissu lymphoïde; dans la rate, aux cellules de la pulpe et, à un moindre degré, à celles des follicules; dans la moelle des os, à des cellules médullaires du type mononucléaire et aussi du type polynucléaire, dans le foie (contrairement aux organes précédents), aux éléments de Tendothélium des capillaires; enfin dans le poumon, à l'épithélium alvéolaire.
Les cellules en question deviennent énormes; le noyau s'hypertrophie ainsi que .le protoplasme qui devient amiboïde. A l'intérieur, on trouve parfois un ou plusieurs trypanosomes encore très recon naissables (ils rappellent les corps de Leishman); mais souvent, il n'y a plus que des restes ou encore des vacuoles vides marquant sans doute la place où un parasite a été digéré. •
Ces phénomènes de phagocytose se rencontrent dans un grand nombre de circonstances. On les a observés dans l'immunité naturelle d'un certain nombre d'animaux : du cobaye et de la souris visà-vis du Tr. Leivisi; de la souris et des padda réfractaires vis-à-vis du Tr. pacldœ; dans l'immunité active des rats pour le Tr. Lewisi; dans l'immunité passive des rats pour le même trypanosome, des souris pour les trypanosomes pathogènes.
La phagocytose intervient aussi dans la défense de l'organisme au cours de l'infection et dans le processus de guérison. Brumpt a fait connaître un cas, — celui des grenouilles rousses infectées de Tr. inopinatum, et portées à 0° — se rapportant à ce processus. Nous l'avons déjà cité (p. 131) à propos de la résistance de 1 organisme des animaux refroidis.
Sauerbeck dit que, normalement, il n'y a pas de phénomènes de dégénérescence des trypanosomes dans le sang circulant. Pourtant, bon nombre d'auteurs ont décrit et figuré des englobements phagocytaires , qu'ils ont observés au hasard de leurs recherches. L'étude des animaux en crise mériterait d'être faite avec la préoccupation de rechercher le mode de destruction des trypanosomes ; il faudrait rechercher s'il y a réellement trypanolyse extracellulaire, comme l'apparition, au moment de la crise, d'un pouvoir trypanoly tique du sérum peut le faire supposer. Nous étudierons, ^ au chapitre du Traitement, la destruction des trypanosomes dans le plasma circulant.
On a supposé que, en dehors du sang, certains organes, et en
particulier la rate, pouvaient agir aussi par trypanolyse. La crilique^ de ces faits est présentée au chapitre suivant.
Propriétés du sébum. — Chez les animaux à infection subaiguë ou chronique, le sérum acquiert, au bout d'un certain temps d'infection, des propriétés particulières, qui sont les suivantes.
Il devient protecteur^ c'est-à-dire que, mélangé à des trypanosomes pris chez un animal à infection aig'uë, il empêche Tinfection par ces trypanosomes. Cette propriété apparaît d'une façon générale.
Il devient trypanoly tique, c'est-à-dire que, mélangé in vilro avec des trypanosomes, il les tue et les dissout. Cette propriété est moins générale que la précédente; le sérum de certains animaux, comme la chèvre, ne devient jamais trypanoly tique.
11 devient parfois agglutinant : mélangé aux trypanosomes, il les réunit en amas qui sont généralement des rosaces, à cléments mobiles.
Il devient souvent attachant, c'est-à-dire qu'il amène les trypanosomes à se fixer sur les leucocytes vivants ou morts.
Il devient parfois capable de dévier le complément en présence d'un antigène spécifique (réaction de Bordet-Gengou originale). Mais l'apparition de cette propriété est assez irrégulière et demande l'emploi de certaines espèces animales, comme le cobaye.
La déviation du complément en présence d'un antigène non spécifique (réaction de Wassermann) est encore beaucoup plus irrégulière.
Le sang présente encore d'autres modifications — variationsquantitatives et qualitatives des leucocytes; baisse du complément hémolytique et du complément bactériolytique, etc. ; réaction précipitante de Martin Mayer — dont les rapports avec la défense de l'organisme n'apparaissent pas.
Nous allons passer en revue nos connaissances sur les propriétés de sérums que nous avons énumérées.
Pouvoir protectki r. — La première constatation a été faite par Rouget', en 1896, qui a vu que le sérum des lapins et des chiens, infectés de dourine, et commençant à se cachectiser, possède quelques propriétés préventives. Mais ce sont surtout les recherches de Rabinowitsch et Kempner (1899) ^, corroborées et complétées par les nôtres (1901)^, qui ont établi l'existence de cette propriété chez les rats guéris de leur infection à Tr. Lewisi et hyperimmunisés. A la dose de 1/2 ce. injecté en mélange avec les trypanosomes dans la cavité péritonéale, le sérum des rats en question empêche l'infection; certains sérums ont même agi à une dose inférieure. 0 ce, 1 parfois. Quand on inocule le sérum vingt-quatre heures