PATHOGÉNIE
expériences comparatives ont montré que l'eau physiologique ainsi que les globules et le plasma entraînés n'avaient pas d'influence sensible sur les phénomènes observés.
1" Souris, pesant 2!) grammes, reçoit sous la peau, le 18 juillet 1910, à 3 heures, 0 g. 05 de corps desséchés de Tr. Evansi en suspension dans 1 ce. d'eau physiologique. 3 h. 25-3 h. 45, refroidissement, abattement: par moments, tremblements; 5 heures, l'animal se remet et le lendemain, état normal.
2° Souris, pesant 22 grammes, reçoit sous la peau, le 18 juillet 1910, à 2 h. 40, 0 g. 10 de corps desséchés de Tr. Evansi en suspension dans 1 ce. d'eau physiologique: 2 h. 45, animal abattu: 2 h. 55, cpielques convulsions des pattes postérieures: 3 heures, tremblements de tout le corps; refroidissement; 3 h. 14, refroidissement plus marqué; paresse à se mouvoir: 3 h. 30-3 h. 50, crampes des extrémités postérieures et tremblements épileptoïdes de tout le corps: abattement; 5 h. 15, mis sur le dos, l'animal y reste: refroidissement très marqué; 6 h. 30, mieux sensible; le lendemain, état normal.
3'^ Souris, pesant 13 grammes, reçoit dans la cavité péritonéale, le
9 décembre 1910, à 9 h. 5, 1 ce. du mélange suivant : 0 g. 25 de corps desséchés de Tr. Brucei^ sont traités par 10 ce. d'eau distillée chloroformée: le fdtrat est desséché sur l'acide sulfurique, puis repris par 3 ce. d"eau physiologique; 9 h. 10, crampes des pattes postérieures: 9 h. 20, inoculation intrapéritonéale de 1 ce. du mélange ci-dessus ; 9 h. 21 crampes des pattes postérieures; 10 heures, inoculation sous-cutanée de
1 ce. du mélange ci-dessus; 10 h. 5, refroidissement. L'animal se remet; il est sacrifié, en bonne santé apparente, le 15 décembre.
4" Souris, pesant 15 g. 5, reçoit dans la cavité péritonéale, le 13 décembre 1910, à 2 h. 35, 0 g. 13 de corps desséchés de Tr. Dracei, en suspension dans 1 ce. d'eau physiologique; 2 h. 36, secousses musculaires; 2 h. 37, refroidissement; 3 heures, état amélioré et bientôt normal. L'animal est sacrifié en bonne santé le 19 décembre.
5° Souris, pesant 16 grammes, reçoit dans la cavité péritonéale, le
2 septembre 1910, à 2 h. 55, 0 g. 03 de corps desséchés de Tr. Brucei en suspension dans 1 ce. d'eau physiologique: 3 h. 10, refroidissement;
3 h. 20, tremblements épileptoïdes: 3 h. 25-4 h. 35, abattement; refroidissement ; paresse à se mouvoir; par intervalles, crampes des extrémités postérieures ; 5 heures, état amélioré ; le lendemain l'animal est normal.
6' Souris, pesant 17 grammes, reçoit dans la cavité péritonéale, le
10 janvier 1911, à 3 h. 15, 0 g. 04 de corps desséchés de Tr. Brucei en suspension dans 0 ce. 5 d'eau physiologique ; 3 h. 17, crampes des pattes postérieures ; 3 h. 22, abattement, refroidissement, respiration rapide et courte, température rectale = 30" 9 ; 3 h. 34 et 3 h. 38, deux courtes crises de tremblements ; 3 h. 40, tremblements de la queue, température rectale inférieure à 30» (faute de thermomètre gradué au-dessous de 30'^, la température ne peut être précisée); 3 h. 50, abattement profond; 3 h. 55,
1. Il s'agit du virus de Nagana que Werbitzki a réussi à modifier en traitant les animaux par l'oxazine.
Laveran et Mesnil. — Trypanosomes et Trj'panosomiases. 12
légère amélioration; 5 heures, amélioration sensible; réchauffement; le lendemain, l'animal paraît bien portant.
7" Souris, pesant 16 grammes, reçoit dans la cavité péritonéale, à
9 h. 50, 0 g. 18 de corps desséchés de Tr. Brucei en suspension dans 0 ce. W d'eau physiologique; 9 h. 5a, mouvements incertains, refroidissement;
10 heures, mouvements lents, abattement, respiration rapide et courte : l'animal mis sur le dos ne se relève que lentement (10 h. 10) et, ensuite, y reste (lOli.lo;; 10 h. 20, température rectale inférieure à 30°; une crise de tremblements de tout le corps; 10 h. 25, nouvelle crise de tremblements; 10 h. 30, l'état s'améliore: seconde injection (faite exactement dans les mêmes conditions que la première) dune dose de 0 g. 12; 10 h. 35, état sensiblement aggravé; mise sur le dos, la souris y reste: mouvements convulsifs des membres; 10 h. 40, refroidissement très marqué; respiration rapide et courte; 10 h. 50, i*espiration intermittente; 11 heures, mort. La cavité péritonéale renferme approximativement 3/4 de ce. de liquide, dans lequel flottent de petits amas de corps de trypanosomes. ^
Laveran a constaté que les corps desséchés des Tr. gambiènse contiennent également une toxine dont les effets sur la souris sont analogues à ceux produits par la toxine du Tr. Brucei '.
Ces expériences montrent que les trypanosomes élaborent une toxine dont Tinjection à la souris détermine Thypothermie, des mouvements convulsifs, un abattement profond et, à dose massive, la mort. A la vérité, la dose nécessaire pour tuer une souris est extrêmement forte. 11 est bien possible que la trypanotoxine injectée à un animal soit d'ordinaire éliminée trop rapidement pour produire ses effets, tandis qu'à dose beaucoup plus faible, mais grâce à une action continue, cette toxine donne lieu à des altérations profondes des tissus qui finissent souvent par entraîner la mort. C'est peut-être là la cause des nombreux insuccès que les observateurs ont enregistrés dans la recherche de cette toxine, et l'explication de la nécessité d'employer des doses massives pour déterminer la mort d'un animal.