Id., ibicL, 29 juillet
3. A. Laveran, Acad. des sciences, 4- décembre 1911. — A. Laveran et Nattan- Larrier, Acad. des scienres, 2 janvier 1912. — A. Laveran, Soc. de pathol. exotique. 10 janvier 1912.
MA LA DIE DU KO M M li IL
• Du 2 octobre au 2 novembre, on note plusieurs petites poussées fébriles, La température ne dépasse pas39°,6 (température normale 38°,b à partir du 2 novembre, les poussées fébriles disparaissent. On n'observe aucun autre signe de l'infection.
Tous les examens histologiques du sang sont négatifs, mais des animaux d'épreuve (cobayes ou chiens) inoculés avec Le sang du bouc
s'i il fer lent.
Un chien qui a reçu, le 14 avril 1910, 30 ce. du sang du bouc dans le péritoine ne s'infecte pas.
Le 21 juin 1910, le bouc est réinoculé avec le Tr. gambiense de l'Ouganda: à la suite de l'inoculation, la température reste normale el un chien qui a reçu, le 7 juillet, 30 ce. du sang du boue dans le péritoine ne s'infecte pas.
Des expériences faites le 26 février et le 13 septembre 1911 montrent que le sérum du bouc est actif, en mélange, sur Tr. gambien.se.
Le 13 septembre 1911, le bouc est réinoculé avec le Tr. gambiense de l'Ouganda, il ne s'infecte pas, il a donc toujours l'immunité pour ce virus.
22 novembre 1911. Le bouc qui pèse 54 kg., est inoculé à la base de l'oreille droite avec le trypan. de Rhodésia. Dès le 24 novembre, la température s'élève à 40°, 2 et la lièvre persiste les jours suivants. La base de l'oreille droite est œdématiée. Le 2 décembre, on trouve dans le sang du bouc des trypan. très rares.
6 décembre. La température du bouc s'élève à 41°. L'état général est bon, malgré cette forte fièvre. Poids : 54 kg. L'œdème de la base de l'oreille droite a diminué. Pas d'œdème de la tête, rien aux yeux.
Du 7 au 19 décembre, la température se maintient entre 39° et 40°, 9 (fîg. CX . Examens du sang négatifs les 7, 10, 13 et 19 décembre. 2 rats et 2 cobayes inoculés le 30 novembre avec le sang du bouc se sont infectés. Le 18 décembre, le bouc pèse 53 kg.
Du 20 au 26 décembre, la température se maintient entre 39° et 39°, 8. Le bouc paraît encore vigoureux; il n'y a pas de paralysie du train postérieur; les cornées sont intactes.
Le bouc est trouvé mort le 27 décembre au matin. Autopsie faite le 27 décembre. Le bouc pèse 52 kg. Les ganglions inguinaux, très hypertrophiés, ont la grosseur de noisettes, ils sont vivement injectés. La rate pèse 170 gr. Le foie a son aspect normal. Reins congestionnés. Organes thoraciques à l'état sain.
II. Une chèvre neuve, du poids de 56 kg., est inoculée le 22 novembre 1911. avec le Tr. rhodesiense ; à cet effet on injecte sous la peau, à la base de- l'oreille droit!-, quelques gouttes du sang d'un rat forte ment infecté par Tr. rhodesiense; le sang est dilué dans l'eau cilratée. Température de la chèvre avant l'inoculation : 38°.
26 novembre. Fièvre vive qui persisLe le 27 et le 28; 40°, 2 à 40°, 6. Iixamens du sang négatifs les 27 et 29 novembre. Le 27, on note un œdème 1res prononcé de l'oreille droite qui persiste les jours suivants.
Le 29 au matin, la température est tombée à 37°, 7, mais le soir elle remoule à 40". 2 el dés lors, la lièvre est Continue jusqu'au 29 décembre
fiir. CXI) ; la température varie de 38°,6 à ï0°,S. Ier décembre. L'examen du sang révèle L'existence de trypan. ire-
rares; c'est le seul examen positif du sang qui ait été fait au cours de
la maladie. L'œdème de l'oreille droite 9 augmenté, l'oreille est tombante : cornées iiilactcs.
10 décembre. Léger œdème de la tête. L'état général est bon.
18 décembre. La chèvre a maigri, elle ne pèse plus que 49 kg. L'œdème de L'oreille droite a diminué; mais L'œdème de La lèle a un peu augmenté; les paupières sont tuméfiées.
■2i\ décembre. La chèvre s'affaiblit; elle marche difficilement et se tienl d'ordinaire couchée.
28 décembre. La chèvre est toujours couchée, elle ne peut plus se tenir sur ses pattes, L'œdème de la lèle a diminué.
1er janvier 1912. La chèvre s'affaiblit; '-Ne ne peut plus se relever. Les deux cornées se sont opacifiées très rapidement, plus fortement à droite qu'à gauche. La chèvre mange et lioit encore, mais il faut mettre les aliments et l'eau à sa portée. La température s'abaisse le lro janvier au soir à 37°, 6.
2 janvier. L'opacité des cornées a augmenté. La température est inférieure à la normale : 37°, 8 le matin. 37°, 4 le soir.
4 janvier. La chèvre est couchée sur le flanc, elle ne peut même plus soulever la téte. A 4 heures du soir, la température est de 36", 9.
La chèvre meurt le 4 janvier, dans la soirée. Autopsie faite le b janvier au malin. La chèvre pèse 44 kg. Les œdèmes de La tête et de l'oreille droite ont disparu. Les ganglions inguinaux sont hypertrophiés, plusieurs ont le volume de noisettes. Epiploons chargés de graisse. La raie pèse 113 gr. Le foie a son aspect normal. Les reins, noyés dans la graisse, sont congestionnés. Organes thoraciques à l'état sain. La moelle épinière ne présente pas d'altérations macroscopiques. Cornées opaques. L'examen histologique de l'humeur aqueuse révèle l'existence de trypan. non rares, encore Lien mobiles.
Le bouc immunisé contre le Tr. gambiense s'est donc montré aussi sensible au Tr. rhodesiense, voire même plus sensible, que la chèvre neuve. Si le 7'/\ rhodesiense n'était qu'une variété du Tr. gambiense, plus virulente que le Tr. gambiense ordinaire, le bouc aurait pu s'infecter, mais la trypanosomiasc aurait pris chez lui une forme atténuée; or, le bouc a succombé plus rapidement que la chèvre témoin.
11 serait désirable que l'on pût faire la contre-épreuve en inoculant avec le Tr. gambiense un animal ayant l'immunité* pour le Tr. rhodesiense, mais comme toutes les chèvres et tous les moutons inoculés jusqu'ici avec le 'Tr. rhodesiense, sont morts, la réalisation de l'expérience paraît assez problématique chez ces animaux; peut-être seraiton plus heureux avec les bovidés. Le fait que toutes les chèvres et tous les moutons inoculés avec le Tr. rhodesiense succombent, tandis que, chez ces animaux, l'infection produite par le Tr. gambiense se termine souvent par guérison, vient d'ailleurs à l'appui de l'opinion des auteurs qui pensent que le Tr. rhodesiense ne doit pas être identifié au Tr. gambiense.
Laveran a constaté, à trois reprises, que des souris ayant acquis l'immunité pour le Tr. gambiense s'infectaient par le Tr. rhodesiense et mouraient aussi rapidement que les souris témoins. Nous résumons une de ces expériences.
THVI'ANOSOMES ET T!lYl>ANOSOMlASHS
Une souris blanche est inoculée le 25 juin 1911, dans le péritoine, avec le sang d'un lérot fortement infecté par Tr. gambiense (virus de
l'Ouganda . Le 28 juin, la souris a des trypan. rares. Tous 1rs exs sns
postérieurs sont négatifs; la souris a doue guéri à la suite d'une très courte infection.
27 octobre 1911, la souris est réinoculéè dans le péritoine sur un cobaye fortement infecté par Tr. gambiense, elle ne si- réinfecte pas, bien que l'inoculai ion ail été faite avec une forte dose de sailli virulenl : ii y ;i donc immunité pour le Tr. gambiense.
20 novembre, la souris esl inoculée avec le Tr. rhodesiense sous la peau, en même temps qu'une souris témoin. — 23 novembre, la souris a des trypan. rares. — 24 novembre, trypan. non rares. — 25 novembre, trypan. nombreux.
La souris meurt le 26 novembre, elle pèse 27 gr. ; la raie esl hypertrophiée, elle pèse 0 gr. 50.
Une souris neuve inoculée avec le Tr. rhodesiense le 20 nov., dans les mêmes conditions que la souris dont l'observation précède, a une infection de même durée; elle meurt le même jour (26 novembre .
Mesnil et Léger ont recherché si des souris infectées par le Tr. rhodesiense, et guéries à la suite d'un traitement par l'arsénophénylglycine, avaient une immunité temporaire pour Tr. gambiense, comme pour Tr. rhodesiense (voir p. 210). Les résultats obtenus ont été inconstants; en général, les souris guéries d'une infection à Tr. rhodesiense se sont infectées par Tr. gambiense avec un retard sur les souris témoins, ce qui, d'après les auteurs, tend à montrer que, si Tr. gambiense et Tr. rhodesiense appartiennent à deux espèces distinctes, ces espèces sont voisines \
Nous croyons pouvoir conclure de tous les faits exposés ci-dessus que Tr. gambiense et Tr. rhodesiense appartiennent à des espèces voisines, mais bien distinctes.
Low^aémis l'hypothèse que le Tr. rhodesiense n'était autre que le Tr. Brucei; hypothèse basée principalement sur ce fait que les deux trypan. sont convoyés par la même Glossina, Gl. morsitans. Il était donc important de savoir si des animaux ayant l'immunité pour le Tr. Brucei pouvaient s'infecler par le Tr. rhodesiense.
L'expérience suivante, faite par Laveran, a résolu ce problème K
Un bélier et un mouton guéris d'infections produites par le Tr. Brucei et ayant acquis l'immunité pour ce trypanosome, ont été inoculés avec le Tr. rhodesiense, le premier le 3 décembre 1911, le second le 27 décembre 1911. Les deux animaux ont présenté des infections aiguës, caractérisées surtout par une fièvre vive et continue avec des températures qui ont atteint ou môme dépassé 11°.