‹ Tubercules et Cavernes BiliairesChapitre 22 sur 32 · ER · texte numérisé non relu

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volontairement la recherche des autres microbes que le bacille de Koch dans les biles provenant de mes observations cliniques, et cela en raison de l'heure tardive des autopsies et de l'infection biliaire post-mortem par les microbes de l'intestin.

Cependant, dans tous les cas où j'ai pu recueillir la bile, je l'ai toujours ensemencée sur pomme de terre glycérinée dans l'espoir d'obtenir des cultures de bacilles de Koch.

J'ai ainsi ensemencé six biles humaines : cinq fois (Os. IT, IV, XI, XII, XVI) mes cultures ont été rapidement envahies par le bacterium coli ou le staphylocoque blanc ou les deux à la fois; une seule fois (Ogs. IT), j'ai obtenu une culture pure de bacilies de Koch. La première colonie de cette culture est apparue au bout de 30 jours ; la culture a poussé très lentement ; elle est toujours demeurée très pauvre; les grains, d’abord rouge-brique, ont pâli peu à peu et sont devenus blancs au bout de trois semaines.

Les biles de mes animaux étaient ensemencées aussitôt après la mort sur différents milieux; or, la plupart de mes animaux étaient sacrifiés au début de l’agonie; cependant, dans aucun cas, même quand je rencontrais des bacilles sur lamelles ou quand l’inoculation au cobaye était positive, je n'ai obtenu de culture de bacilles de Koch. J’explique ainsi ce résultat négatif : mes animaux peuvent être divisés, d’une façon très générale, en deux séries, ceux dont les voies biliaires avaient été traumatisées par ligature simple ou septique du cholédoque ou par injection de bacilles de Koch dans le cholédoque sans ligature, et ceux dont les voies biliaires n'avaient pas été touchées. Chez les premiers les

cultures de bile ont toujours été envahies dès le début par

des colonies des microbes de l'intestin ou des microbes injJectés expérimentalement dans le cholédoque; chez les seconds la bile était stérile et ne contenait pas de bacilles de Koch. Cette explication trouvera d’ailleurs sa justification dans l'exposé des résultats fournis par l’inoculation de ces biles.

Ce qui précède autorise les conclusions suivantes :

a) Le bacille de Koch peut étre cultivé dans la bile. — L'Osservarion Il suffit à le prouver. Ce cas, en effet, peut être comparé à un ensemencement de bacilles de Koch sur un milieu renfermant de la bile. J’ai, en effet, pour obtenir cette culture, étalé à la surface de la pomme de terre gly- .cérinée et fait pénétrer par dilacération dans les grains de celle-ci une abondante couche de bile, dans laquelle a poussé et continué à vivre le bacille qu'elle contenait.

b) Il est inutile d’avoir recours au procédé des cultures pour la simple recherche du bacille de Koch dans une bile donnée, car les résultats sont pour ainsi dire constamment négatifs (heure tardive de l’autopsie chez l’homme, infection biliaire concomitante chez les animaux dont les voies biliaires ont été traumatisées).

C. Conservation de la Virulence du Bacille de Koch dans la bile.

Déterminer le degré de virulence exacte d’une culture donnée de bacilles de Koch est chose fort difficile sinon impossible en pratique.

D'ailleurs, pour le but que je me proposais, il suffisait d’une approximation; il m'a paru peu important, en effet,

sEs AE

dans le cas particulier, de savoir si la virulence du bacille était modifiée dans un sens quelconque par un séjour plus ou moins prolongé dans la bile; j'ai pensé qu'il suffirait de chercher si le bacille restait virulent, à un degré quelconque.

A cet effet, j'ai eu recours à la pratique des inoculations. Dans tous les cas, tant chez l’homme que chez les animaux, où la bile a pu être recueillie et examinée par moi, je l'ai toujours inoculée, même si j'avais préalablement rencontré des bacilles sur les préparations immédiates sur lamelles.

Technique suivie. — La bile était recueillie aseptiquement en deux pipettes, dans la vésicule biliaire, dès le début de l’autopsie. L'une de ces pipettes devait servir aux préparations sur lamelles et aux ensemencements ; l’autre était réservée pour les inoculations.

L’animal-réactif était le cobaye; un seul cobaye était inoculé pour chaque bile; l’inoculation était faite dans le péritoine, toujours du côté gauche et en un point toujours le même autant que possible. Cette dernière précaution avait pour but de faciliter au moment de l’autopsie la recherche des lésions au point d’inoculation.

Mes trois premières inoculations furent faites avec la bile pure, telle qu'elle avait été recueillie dans la pipette. Dans ces trois cas je fus chaque fois gêné par l’état visqueux de la bile que le piston de la seringue ne parvenait pas à chasser par l’étroite lumière de l’aiguille. J’ai done, dans les inoculations suivantes, modifié ainsi ma technique : dans un tube à essai stérilisé je faisais couler la bile en cassant la pipette immédiatement au-dessus de l’effilure, puis j'ajoutai quelques gouttes de bouillon stérilisé (en général un volume égal

à celui de la bile); ensuite, j'agitai le mélange de façon à

obtenir une dilution aussi homogène que possible. Il ne restait plus qu'à verser dans une capsule de porcelaine stérilisée ce mélange, et à l’aspirer dans la seringue préalablement stérilisée. La seringue dont je me suis servi est celle de Straus-Collin ; je la remplissais complètement ; c’est dire que dans chaque cas j'ai injecté dans la cavité péritonéale de mes cobayes-réactifs 1° d’un mélange à parties égales de bouillon et de la bile à examiner.

J'ai choisi l’inoculation intra-péritonéale de préférence à l’inoculation sous-cutanée, car il me semble que ce procédé met beaucoup plus à l'abri des causes d'erreur. En effet, dans les premiers jours qui suivent une inoculation sous-cutanée, il n’est pas rare de voir apparaître une petite ulcération ou se former une eschare qui peut être le point de départ d’une tuberculisation en quelque sorte spontanée, l'animal pouvant s'infecter par là dans la cage. Au contraire l’inoculation intrapéritonéale ne présente pas cet inconvénient; elle est tout aussi probante, car dans tous mes cas positifs j'ai toujours trouvé une grosse masse tuberculeuse sur le péritoine au point d’inoculation. Je dirai même dès maintenant que je n'ai considéré comme positifs que les cas où cette lésion du point d’inoculation existait. Dans quelques cas, en effet, cette lésion faisait défaut; l'animal présentait pourtant quelques tubercules disséminés un peu partout, notamment dans le foie et dans la rate; mais, comme il existait en même temps une tuberculose pulmonaire assez accentuée, on était en droit de conclure à la tuberculisation par inhalation dans la cage. J’ai considéré ces cas comme négatifs ou comme douteux.

LORS Résultats de ces inoculations.

A. Biles humaines. — Dans 5 cas seulement de tuberculose des voies biliaires j'ai pu inoculer la bile. recueillie dans la vésicule,

Sur ces 5 cas, 2 sont des cas de tuberculose généralisée des voies biliaires (Os. XII et XVI); les 3 autres sont des cas de tuberculose discrète (Ogs. III et IV) ou disséminée (Ors. XI) des voies biliaires.

Dans les 2 cas de tuberculose généralisée des voies biliaires, l'inoculation de la bile au cobaye a donné un résultat positif, (Cobayes BI

et BII). :

Dans le cas de tuberculose disséminée, le résultat a été négatif,

(Cobaye BIT).

Sur les 2 cas de tuberculose discrète il a été positif une fois (O8s. IT), négatif l’autre fois (O8s. IV). (Cobayes BIV et B V).

En résumé, sur 5 inoculations de bile humaine, j'ai obtenu 3 résultats positifs et 2 négatifs. Encore, ces deux résultats négatifs pourraient-ils être considérés comme positifs si je n'avais adopté le principe de ne considérer comme tels que les cas où je trouvais un tubercule au point d’inoculation,

Quoi qu'il en soit, si à ces résultats j'ajoute le fait positif fourni par la culture de la bile de l'observation IT, (laquelle n’a pas été inoculée), je trouve que sur 6 cas de tuberculose des voies biliaires, confluente ou diserète, 4 fois la bile contenait sûrement des bacilles de Koch ; que d'autre part sur ces 4 cas positifs 2 se rapportent à des formes discrètes (Ons. IT et IT), et 2 à des formes confluentes (O8s. XII et XVI). Or, ces deux cas de tuberculose confluente des voies biliaires' sont les deux seuls où j'ai pu faire l'examen com-

plet de la bile.

Parallèlement à ces recherches sur la présence du bacille de Koch dans la bile des sujets présentant des tubercules ou cavernes biliaires,

j'ai inoculé au cobaye la bile de 4 sujets tuberculeux ne présentant pas de semblables lésions. Dans les 4 cas le résultat a été négatif,

On comprendra que, dans cette étude, je m’en tienne à cet exposé en quelque sorte statistique, et que je n’aborde pas la question de virulence. Il est en effet impossible de comparer ces cas entre eux ou avec d’autres, car les inconnues sont multiples (âge du cobaye inoculé, nombre et virulence des bacilles injectés, ete...) et la plus ou moins grande rapidité de la mort du cobaye-réactif ne saurait avoir aucune signification à cet égard, non plus que la plus ou moins grande généralisation de la tuberculose.

B. Biles de mes animaux. — On lira au chapitre suivant les différents modes d’inoculations que j'ai essayés dans le but de reproduire expérimentalement la tuberculose des voies biliaires. Pour éviter des répétitions, je me bornerai donc à énumérer ici, sans plus de détails, les résultats fournis par l’inoculation au cobaye-réactif de la bile de mes différentes séries d'animaux.

1° Biles de lapins et de cobayes inoculés dans la vésicule biliaire sans ligature du cholédoque.

Cobaye B VI.

Sacrifié 5 mois après avoir été inoculé avec la bile du lapin A HF, ïl ne présente aucune lésion tuberculeuse. (Le lapin À I avait reçu dans la vésicule biliaire quelques gouttes d'un pus d’abcès froid, sans ligature du cholédoque ; il était mort au bout de six semaines sans

présenter la moindre lésion-tuberculeuse).

Cobaye B VII.

Sacrifié 5 mois après avoir été inoculé avec la bile du lapin A IT, il ne présente aucune lésion tuberculeuse. (Le lapin À ITinoculé dans les

mêmes conditions que le lapin À I, avec une dilution en bouillon de grains d'une culture de bacilles de Koch, avait été sacrifié en pleine santé au bout de 2 mois 1/2; il ne présentait aucune lésion tuberculeuse). |

Cobaye B VIIT.

Sacrifié 5 mois après avoir été inoculé avec la bile du cobaye A IV, il ne présente aucune lésion tuberculeuse. (Le cobaye A IV, inoculé dans les mêmes conditions que le lapin A IT, avait été sacrifié au bout de 6 semaines; il présentait une tuberçulose généralisée; mais il n'y avait pas d’angiocholite tubereuleuse ; il est probable que l'infection tuberculeuse avait eu pour point de départ le péritoine).

20 Biles de chiens tuberculisés par la voie veineuse sans traumatisme des voies biliaires.

Cobaye B IX.

Inoculée le 13 mars 1895 dans le péritoine avec 1c° de bile du chien n° X, met bas trois petits vivants le 26 avril, est sacrifiée le 7 août : Autopsie négative.

Cobaye B X.

Inoculé dans le péritoine le 20 mars 1895 avec 1% de bile du chien n° XI, est sacrifié le 7 août:

Autopsie négative.

3° Biles de chiens tuberculisés par la voie veineuse,

avec traumatisme des voies biliaires.

Cobaye B XI.

Inoculé dans le péritoine le 21 mars 1895 avec 16° de bile du chien n° XIX. (Ce chien avait reçu le 15 février 1° de bacilles de Koch en bouillon dans la veine saphène ; le 19 mars ligature aseptique du cholédoque ; le 20 mars éventration dans la soirée, mort dans la nuit).

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Meurt le 28 mai. — Résultat positif: (masse caséeuse au point d'inoculation).

Cobaye B XII.

Inoculé dans le péritoine le 3 mai 1895 avec 1° de bile du chien n° XX. (Ce chien avait reçu le 13 avril 1/2 de bacilles de Koch en bouillon dans la veine saphène; le 23 avril, ligature aseptique du cholédoque ; le 29 avril, légère éventration; mort le 2 mai).

Est sacrifié le 7 août parce qu'il maigrissait et paraissait malade.

Autopsie négative.

Cobaye B XIII. 4

Inoculé dans le péritoine le 18 mai 1895 avec 1€ de bile du chien n° XXI. (Ge chien avait subi le 26 avril la ligature aseptique du cholédoque ; le 9 mai, injection intra-veineuse de 2/3 d'une dilution concentrée de bacilles de Koch en bouillon ; mort le 18 mai en pleine rétention biliaire, avec amaigrissement considérable).

Est sacrifié le 7 août. — Autopsie négative.

Cobaye B XIV.

Inoculé dans le péritoine le 17 mai 1895 avec la bile du chien n° XXII. Une très faible quantité de bile a été inoculée ; cette bile était en effet prise en gelée et il n’a été possible d’en aspirer dans la pipette que quelques gouttes. (Ce chien avait reçu le 15 février une injection intra-veineuse de 1% de bacilles de Koch en bouillon; le 22 février, ligature aseptique des voies biliaires ; le 16 mai, mort).

Est sacrifié le 23 août. — Résultat positif : abeès caséeux sur le péritoine au point d’inoculation, etc...

4e Biles de chiens tuberculisés par la voie cutanée avec ou sans

traumatisme des voies biliatres.

Cobaye B XV.

Inoculé dans le péritoine avec 2/3°€ d’un mélange à parties égales de bacilles et de bile du chien n° XXIV, le 7 avril 1895. (Ce chien avait subi le 8 février la ligature aseptique du cholédoque ; le 15 février,

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injection sous la peau du jarret de 1° de bacilles de Koch en bouillon ; mort le 6 avril à minuit, sans lésion tuberculeuse autre qu'un chancre au point d'inoculation et quelques tubercules pulmonaires).

Est sacrifié le 17 août en pleine santé :

Autopsie négative.

Cobaye B XVI.

Inoculé dans le péritoine avec 1% de bile du chien XVIII, il meurt le lendemain. (Ce chien XVIII avait été inoculé sous la peau ; sacrifié en pleine santé au bout de 6 mois, il ne présentait aucune lésion tuberculeuse en dehors du point d’inoculation).

Résultat à négliger.

5° Biles de chiens tuberculisés par injection intra-pleurale sans traumatisme des voies biliaires. (1)

Cobaye B XVII.

Inoculé le 5 avril 1895, dans le péritoine avec 1% de bile du chien no XV. (Ge chien avait été inoculé le 16 mars 1895 dans la plèvre gauche avec une dilution de bacilles de Koch, sacrifié le 6 avril ; (à l’'autopsie, le foie ne présentait aucun tubercule visible à l'œil nu, mais l'examen histologique montra sur les coupes de nombreuses granulations).

Sacrifié le 23 avril : Autopsie négative.

Cobaye B XVIII.

Inoculé le 17 mai 1895 dans le péritoine avec 2/3 de bouillon contenant à peine 5 à 6 gouttes de bile du chien n° XVI. (Ce chien avait été inoculé le 5 avril 1895 dans les deux plèvres avec une dilution de bacilles de Koch ; sacrifié le 15 mai il présentait une pleurésie purulente tuberculeuse double; le foie était farci de granulations tuberculeuses fines).

Sacrifié le 23 août. — Résultat négatif. (Il n'y a rien au point d'ino-

(1) Ces chiens appartiennent à mon excellent ami Péron; ils ont servi à ses recherches sur la reproduction expérimentale de la pleurésie.

culation ; cependant il existe un gros ganglion caséeux sous-hépatique et quatre ou cinq tubercules visibles à l'œil nu dans le foie. Mais les poumons sont farcis de tubercules ainsi que les ganglions du médiastin).

6° Bile d'un chien ayant recu dans le sang un mélange de bacilles de Koch et de streptocoques. (1)

Cobaye B XIX.

Inoculé dans le péritoine le 23 juillet 1895 avec 1°° de'bile du chien n° XIII. (Ce chien avait été inoculé dans le sang le 29 juin 1895 avec un mélange de streptocoques et de bacilles de Koch; il était mort le 22 juillet, à l'autopsie le foie présentait un certain nombre de tubercules).

Est sacrifié le 18 septembre. — Autopsie négative.

7° Biles de chiens tuberculisés par le système-porte avec où sans traumatisme des voies biliaires.

Cobaye B XX

Inoculé dans le péritoine le 13 juillet 1895 avec 1° de bouillon contenant 3/4 de bile fraîche du chien n° XXII (ce chien avait subi le 3 juillet la ligature aseptique de la branche droite du cholédoque et avait reçu en même temps 1% de bacilles de Koch en bouillon dans une grosse veine naissant de la 8e portion du duodénum; mort le 13 juillet).

Meurt le surlendemain, Infiltration sanguinolente de tout le tissu cellulaire de la paroi antérieure de l'abdomen. Traces de bile à la surface des anses intestinales. Résultat à négliger.

Cobaye B XXI

Inoculé dans le péritoine avec la bile du chien ne XII. Cette bile était prise en gelée à tel point qu'il fut impossible d'en aspirer une seule goutte en pipette. Cependant cette bile était fraîche, l'animal ayant été

(A Ce chien appartient à mon ami Péron.

sacrifié. Pour l'inoculer au cobaye, il fallut recourir à un procédé différent de celui que j'employais d'habitude : j'incisai la peau avec des ciseaux et enfonçai dans le péritoine un fil de platine chargé de bile. (Ce chien avait reçu dans une grosse veine naissant de la 3° portion du duodénum 1° de bacilles de Koch en bouillon, le 3 juillet; — sacrifié le 3 août au début de l'agonie).

Sacrifié le 8 septembre, parce qu'il a beaucoup maigri depuis 15 jours. Rien au point d'inoculation, si ce n’est quelques adhérences fibreuses qui doivent être expliquées par le mode d'inoculation. Quelques tubercules dans le foie ; une grosse masse caséeuse dans la rate. Rien aux poumons. Résultat douteux, mais plutôt positif.

8° Biles de chiens tuberculisés par injection directe dans les voies biliaires.

a) Sans ligature du cholédoque.

Cobaye B XXII

Inoculé dans le péritoine le 27 février 1895 avec 1° de bile du chien n° V. (Ce chien avait reçu le 22 février dans la vésicule biliaire, sans ligature du cholédoque, 2/3 de bacilles de Koch en bouillon; le 25 février, éventration légère, le 27 février, mort).

— Est sacrifié le 10 juillet. — Autopsie négative,

Cobaye B XXIII

Inoculé dans le péritoine le 29 septembre 1895 avec 1° de bile du chien n° VI. {Ce chien avait reçu le 5 avril 1895 dans le cholédoque, sans ligature, 1/3° d’une culture de bacilles de Koch en bouillon glycériné ét avait été sacrifié en bonne santé le 29 septembre 1895).

— Est sacrifié le 9 novembre 1895. — Résultat négatif.

b) Avec infection des voies biliaires sans ligature du cholédoque.

Cobaye B XXIV

Inoculé dans le péritoine le 8 octobre 1895 avec 1% de bile du chien n° IX. (Ce chien avait reçu le 19 juillet 1895 dans le cholédoque, sans

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ligature, 1% d'un mélange à parties égales de bacterium coli et de bacilles de Koch en bouillon; sacrifié le 8 octobre 1895 il ne présentait aucune lésion tuberculeuse).

Est sacrifié le 9 novembre 1895. — Résultat négatif.

c) avec ligature du cholédoque

Cobaye B XXV

Inoculé dans le péritoine le 11 avril 1895 avec 1°° de bile du chien n° VIII. (Ge chien avait subi le 5 avril la ligature aseptique de la branche droite du cholédoque et reçu en même temps dans le cholédoque 2/50 de bacilles de Koch en bouillon; — mort le 11 avril).

Met bas le 16 mai un petit qui vit encore.

Meurt le 30 juin. — Autopsie : résultat positif. (Je reviendrai au chapitre suivant sur les détails de l'autopsie : en effet, il y avait de l'angiocholite tuberculeuse; et j'ai fait figurer ce cas parmi les résultats expérimentaux).

Cobaye B XXVI

Inoculé dans le péritoine le 28 février 1895 avec 1€ de bile du chien n° I. (Ce chien avait subi le 22 février la ligature du cholédoque et reçu en même temps dans le cholédoque 1° de bacilles de Koch en bouillon; — mort le 28 février).

Sacrifié le 9 avril parce qu'il a maigri de plus de 1008: en huit jours et paraît sur le point de mourir.

Autopsie : résultat positif : grosse masse caséeuse au point d'inoculation, à la surface du péritoine.

Cobaye B XXVII

Inoculé dans le péritoine le 24 mars 1895 avec 1% de bile du chien no II. (Ce chien avait été inoculé le 19 mars dans les mêmes conditions que le chien I; —- éventration totale le 21 mars; mort le 23 mars dans la soirée).

Meurt le 5 juillet.

Autopsie : résultat positif : deux grosses masses Caséeuses contiguës sur le péritoine au point d'inoculation (l'injection avait été poussée en

deux temps, l'aiguille étant sortie par suite d’un mouvement de l’animal); ascite peu abondante, etc.

Cobaye B XXVIII

Inoculé dans le péritoine le 25 mars 1895 avec 1° de bile du chien ne III. (Ce chien avait été inoculé le 19 mars dans les mêmes conditions que les chiens I et II; légère éventration le 24 mars; — mort le 25 mars).

Sacrifié le 10 juillet : résultat négatif, qui doit tenir à ce que, par inadvertance, le mélange de bile et de bouillon avait été aspiré dans la seringue encore chaude.

Cobaye B XXIX

Inoculé dans le péritoine le 6 août 1895 avec la bile du chien n° IV. Cette bile était prise en gelée à tel point qu’il fut impossible d'en aspirer une seule goutte en pipette. J’eus recours au même procédé que pour le cobaye B XXI (Ce chien avait été inoculé -le 26 avril dans les mêmes conditions que les chiens I, IT et III; — il survécut jusqu'au 5 août et mourut en pleine rétention biliaire).

Sacrifié le 8 septembre parce qu'il n'a pas augmenté de poids malgré son jeune âge et est manifestement très maigre. Résultat positif : grosse masse caséeuse au point d'inoculation sur le péritoine; à ce niveau, adhérences intimes de la peau au péritoine; tout autour de la masse principale, abondant semis de tubercules sur la séreuse.

De tous les résultats positifs, c’est avec le suivant, le plus accentué et en même temps le plus rapide comine évolution. Ce fait est important à mettre en relief, car dans ce cas les bacilles ont séjourné dans la bile du chien près de trois mois et demi, alors que dans tous les autres cas de cette série, le séjour n’a été que de quelques jours. Ce fait me paraît très démonstratif de la conservation de la virulence du bacille de Koch dans la bile.

Cobaye B XXX

Inoculé dans le péritoine le 29 septembre 1895 avec 1e de bile du chien ne VIT. — (Ge chien avait reçu, le 8 juillet 1895, 1° de semeñce tuberculeuse dans la branche droite d'origine du cholédoque, laquelle

PC : Vo

avait été liée aussitôt après l'injection; il était mort le 28 sept. 1895).

Sacrifié le 9 novembre 1895, il présente une grosse masse caséeuse au point d'inoculation sur le péritoine, un semis de tubercules gros et petits tout autour sur la séreuse, de nombreux tubercules dans le foie et la rate.

Résultat positif, qui constitue avec le précédent (Cobaye XXIX) l'exemple le plus probant de la conservation de la virulence du bacille de Koch dans la bile.

De toute la série des inoculations dont l'exposé précède, une première conclusion se dégage. Un séjour, même de plusieurs mois, dans la bile, ne fait pas perdre au bacille de Koch sa virulence.

Ce premier point étant établi, je désire encore tirer des résultats qui précédent les principales données qui s’en dégagent, relativement aux conditions dans lesquelles le bacille de Koch peut passer dans la bile et les voies biliaires. En d’autres termes quand peut-on trouver le bacille de Koch dans la bile ?

En pathologie humaine je ne l’ai trouvé que dans les cas de tuberculose des voies biliaires. Les quatre cas dans lesquels j'ai fait l'examen de la bile; sans qu'il existât de tubercules biliaires, au moins macroscopiques, m'ont donné quatre résultats négatifs. Dans le cas de MM. Hanot et Létienne, il n’est pas dit s’il existait des tubercules biliaires dans le foie, mais il existait une tuberculose intestinale très prononcée.

En pathologie expérimentale, j'ai toujours retrouvé le bacille dans la bile quand l’inoculation avait été faite dans les voies biliaires elles-mêmes, sauf quand le cholédoque n'avait pas été lié en même temps.

La bile des lapins A T'et À Il, du cobaye A IV, et du chien V, inoculés dans la vésicule biliaire sans ligature du

E-QÉ TE

cholédoque, ne renfermait pas de bacilles. Cela tient à deux causes; d’une part, dans ce mode d’inoculation, dès que l'aiguille est retirée, la vésicule chasse son trop-plein par le trou qu'elle laisse; d'autre part si toute l’injection ne sort pas ainsi aussitôt, les bacilles qui restent sont expulsés rapidement avec la bile et passent dans l'intestin sans avoir le temps de se fixer sur les voies biliaires que leur intégrité met à l'abri de l'infection. J’en dirai autant de la bile des chiens VIet IX inoculés dans le cholédoque sans ligature.

En dehors de ces cas, le seul résultat négatif qui reste est celui du cobaye B XXVIIT: il tient vraisemblablement, ainsi que je l’ai dit, à une faute de technique.

Dans tous les autres modes d’inoculation, le passage du bacille dans la bile et les voies biliaires est relativement rare et nécessite des conditions spéciales. Je trouve deux résultats positifs seulement sur douze inoculations, ceux des cobayes B XI et XIV; dans ces deux cas la bile provenait de chiens tuberculisés par injection intra-veineuse et ayant subi la ligature du cholédoque; dans le premier, le chien était mort quelques jours après l'opération; dans le second, il avait survécu trois mois et le foie présentait des lésions très accentuées des voies biliaires. |

A côté de ces deux cas positifs je rappellerai, mais sans insister, car il peut être considéré comme douteux, le cas du cobaye B XXI inoculé avec la bile du chien XII, qui avait: été tuberculisé par injection dans une branche d’origine de la veine-porte et n'avait subi aucun traumatisme des voies

biliaires.

Ces données, ajoutées à celles qui découlent de la première

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