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a) /njection de bacilles de Koch dans le sang de la circulation générale.
Chien X. — Poids : 5750.
Reçoit le 15 février 1895 dans la veine saphène 1° d’une dilution de bacilles de Koch en bouillon.
Le 25 février, commence. à avoir de la fièvre, devient triste, ne se promène plus, ne mange plus.
S'amaigrit rapidement. Ne présente aucune lésion au point d’inoculation.
Sacrifié le 12 mars au début de l’agonie. — Poids : 4#k:500. , Autopsie. — Foie très gros; dégénérescence graisseuse totale; après quelques heures de séjour dans le sublimé-fixateur on aperçoit un nombre infini de fines granulations tuberculeuses sur la tranche des morceaux recueillis pour être coupés.
Rien dans les voies biliaires.
Ganglion caséeux au niveau du hile du foie.
Fines granulations tuberculeuses à la surface des reins.
Rien dans l'intestin ni dans le péritoine.
Nombreux tubercules sous-pleuraux; les tubercules sont plus rares dans le parenchyme pulmonaire.
La bile inoculée au cobaye B IX a donné un résultat négatif.
Examen histologique. — Sur de nombreuses coupes du foie, j'ai trouvé de temps en temps des conduits biliaires de différents calibres englobés au sein de granulations tuberculeuses où d'ilôts caséeux; sur quelques coupes, j'ai vu les bacilles aborder l’épithélium biliaire persistant au milieu de la nappe caséeuse.
En d'autres termes, parmi les nombreuses granulations
tuberculeuses qui existaient dans ce foie, quelques-unes s'étaient développées dans la gaine même des espaces-portes
et avaient englobé secondairement le canal biliaire
Chien XI. — Poids : 5k.
Reçoit le 15 février 1895 dans la veine saphène 1€c de la même dilution que le chien X. ;
A partir du 25 février la température commence à monter et l'amaigrissement apparaît.
Le 19 mars, on pratique sous le chloroforme la ligature du cholédoque.
L'animal meurt quelques heures après, sans s'être réveillé; si bien qu'on peut faire abstraction de cette opération et considérer cette observation comme un Cas d'injection pure et simple de bacilles de Koch dans le sang.
Autopsie. — Poids : 4k350. — Un peu d’ascite (1408: environ) granulations tuberculeuses à la surface du péritoine viscéral et pariétal.
Foie. — Gros, un peu gras, très ferme, grenu, légèrement cirrhotique; ne présente pas de tubercules visibles à l'œil nu; ganglions caséeux au hile du foie.
Rien dans les voies biliaires.
Granulations tuberculeuses dans les poumons, surtout sous-pleurales.
La bile, inoculée au cobaye B X a donné un résultat négatif.
Examen histologique. — Mêmes constatations que dans l'observation précédente; pour ce qui est simplement des localisations péri-biliaires de certains tubercules.
En résumé, ces deux observations montrent que l’on peut constater au microscope des localisations péri-biliaires de la tuberculose chez des animaux inoculés dans la circulation générale, et cela sans qu'il soit possible de les soupçonner à l'œil nu. Mais ces granulations tuberculeuses péri-biliaires sont peu abondantes, très disséminées et beaucoup moins
nombreuses que les autres sans siège précis.
b) Injection de bacilles de Koch dans le sang de la veine-purte.
Chien XII. — Poids : 19k:300.
Reçoit le 3 juillet 1895, dans une grosse veine naissant de la 3° portion du duodénum, 1° d'un bouillon glycériné ensemencé depuis six semaines.
Dès le 3e jour ascension de température de 2°; la température oscille ensuite entre 39° et 40° jusqu’à la mort.
Le 16 juillet, les lèvres de la plaie se sont écartées ‘et laissent un large intervalle au fond duquel on aperçoit les parties profondes complètement réunies. La plaie bourgeonne et se ferme lentement.
Le 24 juillet, il a maigri de 15008 et présente un très mauvais état général.
Sacrifié le 3 août au début de l'agonie.
Autopsie. — La plaie n’est pas complètement fermée.
Foie. — Volume paraît normal. Pas de tubercules visibles à l'œil nu à la surface ni dans la profondeur; mais les voies biliaires, sur toutes les surfaces de sections, présentent un aspect particulier; elles sont très apparentes et paraissent remplies par un bouchon de bile verdâtre gélatiniforme.
Les voies biliaires extra-hépatiques sont perméables et paraissent normales.
La vésicule n’est pas dilatée; la bile qu’elle renferme est très foncée, prise en gelée, si bien qu’on ne peut en aspirer que quelques gouttes; incisée, la vésicule présente à sa surface interne quatre ou cinq nodules saillants du volume d’une tête d’épingle.
Trois tubercules à la surface de la rate.
Rien dans les reins, ni dans l'intestin.
La veine qui avait été injectée n’a pu être retrouvée.
Pas de ganglions dans le mésentère, ni au hile du foie.
Rien aux poumons ni au Cœur.
La bile, inoculée au cobaye B XXI, à donné un résultat douteux, mais plutôt positif.
Examen histologique. — Des coupes pratiquées en différents points du foie, montrent :
Dans les grands espaces-portes une abondance considérable d’élé-
ments embryonnaires et de cellules rondes formant des ilôts disposés sans ordre à la périphérie des troncs vasculaires et des canaux biliaires; ces derniers présentent pour la plupart un catarrhe très intense ;
Dans les petits espaces-portes on trouve souvent la veine thrombosée et entourée d'un manchon embryonnaire qui fuse au loin et englobe le canal biliaire dont l'épithélium reste intact; en d’autres points le follicule tuberculeux n'est pas engaîné dans l’espace-porte mais est immédiatement contigu à sa périphérie;
Enfin, dans le parenchyme on trouve un grand nombre de follicules, très petits, ronds, formés par une agglomération de cellules aplaties, légèrement fusiformes, ayant l'aspect des cellules endothéliales ;
En dehors de ces lésions tuberculeuses, on ne constate aucune altération appréciable du parenchyme hépatique.
Des coupes pratiquées sur le cholédoque et la vésicule biliaire ne montrent aucune altération.
En résumé, cette observation comporte les enseignements suivants :
L'inoculation dans le sang du système-porte détermine dans le foie l'apparition de tubercules disséminés, dont un grand nombre se développent dans l’intérieur même des espaces-portes à la faveur d’une thrombose de la veine; mais cette localisation ne semble possible que pour les espaces de très petit calibre, dont la veine est susceptible de se thromboser du fait d'une embolie microbienne ;
De plus cette observation, en raison du résultat de l’inoculation de la bile au cobaye, permet de penser que le bacille de Koch a pu passer dans les voies biliaires, au niveau des lésions des petits espaces, et déterminer ainsi par luimême ou par ses toxines les lésions de catarrhe observées en aval sur les grosses voies biliaires.
LE
c) Injection d'un mélange de bacilles de Koch et de streptocoques
dans le sang de la circulation générale (1).
Chien XIII. — Poids : 11-300
Reçoit dans la veine saphène, le 29 juin 1895, un mélange de bacilles de Koch et de streptocoques.
Meurt le 22 juillet. — Poids : 8k-300.
Autopsie. — Foie énorme; présente plusieurs nodules saillants ressemblant macroscopiquement à des nodules d'hyperplasie nodulaire.
Sur les coupes ces nodules apparaissent constitués par des amas de foyers circonscrits de dégénérescence graisseuse, entre lesquels siègent de petits tubercules sanguins, très chargés en bacilles, — La bile, inoculée au cobaye B XIX, donne un résultat négatif.
d) {noculations intra-péritonéales.
Je n'entrerai pas dans la description des autopsies très nombreuses que j'ai pratiquées de cobayes inoculés dans le péritoine avec des produits tuberculeux de provenances diverses, (biles de mes animaux ou de mes observations humaines, — autres inoculations indépendantes de ce travail).
En dehors des deux cobayes B IV et B XXV, dont j'ai déjà résumé l'observation au chapitre « Bile et bacille de Koch » et dont je relaterai plus loin l’autopsie dans tous ses détails, je n'ai jamais trouvé de lésions tuberculeuses macroscopiques des voies biliaires. Mais souvent j'ai pu constater, au microscope, la présence de quelques granulations tuberculeuses englobant les canaux biliares, de même que chez ceux de mes chiens qui avaient été inoculés dans le sang.
e) /noculations intra-pleurales.
J'ai profité des recherches que poursuivait à côté de moi mon
(1) Ce chien appartient à mon ami Péron.