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excellent ami Péron pour examiner comparativement le foie des chiens qu'il inoculait dans la plèvre.
J'ai examiné le foie de trois de ces animaux :
Chien XIV. — Poids : 15k500
Inoculé dans les deux plèvres le 9 février 1895; épanchement pleural double ; meurt le 9 mars; (poids : 12k-700). Autopsie : foie criblé de tubercules visibles à l'œil nu.
Chien XV. — Poids : 14600
Inoculé le 16 mars 1895 dans la plèvre gauche; sacrifié le 16 avril suivant ; (poids : 14k-300).
Autopsie : foie — rien à l'œil nu.
Chien XVI. — Poids : 4k 500
Inoculé le 5 avril 1895 dans les deux plèvres ; sacrifié le 16 mai suivant; (poids : 3k-800).
Autopsie : pleurésie purulente tuberculeuse bilatérale.
Foie : volumineux, farci d'un nombre considérable de fines granulations tuberculeuses.
Infiltration tuberculeuse des ganglions sous-hépatiques et sus-pancréatiques.
Chez ces trois chiens, l'examen histologique a montré un nombre infini de tubercules disséminés sans siège précis dans le parenchyme hépatique. Quelques-uns, comme chez les chiens moculés dans le sang de la circulation générale, siégeaient dans la gaîne même des petits espaces-portes et englobaient dans leur masse le canal biliaire dont l'épithélium demeurait intact.
La bile du chien XV inoculée au cobaye B XVII, et la bile du chien XVI, inoculée au cobaye B XVIII, ont donné des résultats négatifs,
f) Znoculations sous-cutanées.
J'ai inoculé deux chiens sous la peau dans le but de ne déterminer qu'une tuberculose à évolution lente. Ces deux chiens ont présenté des lésions caractéristiques au point d'inoculation; ces lésions ont guéri
spontanément et radicalement. L'un de ces deux animaux (chien XVII), parait actuellement en parfait état de santé, plus de six mois après l'inoculation, L'autre (chien XVIII), a été sacrifié en pleine santé, au bout de six mois, L'autopsie n'a révélé aucune lésion macroscopique tuberculeuse ni autre; les ganglions de l’aine du côté correspondant à l'inoculation formaient un paquet assez volumineux, fibro-caséeux, en voie de guérison; la bile a été inoculée au cobaye B XVI qui est mort le lendemain, L'examen histologique a montré l'intégrité parfaite du foie,
Vue d'ensemble et conclusions des expériences précédentes.
De la série d'expériences dont l’exposé précède, une donnée générale se dégage :
La tuberculisation générale, soit par la voie veineuse, soit par la voie lymphatique, soit par toute autre voie, est insuffisante à déterminer la tuberculose des voies biliaires, tout au moins dans le vrai sens du mot, c’est-à-dire dans sa forme confluente. Tout au plus suffit-elle à provoquer le développement de quelques rares granulations tuberculeuses dans les espaces-portes de petit calibre et par suite l'apparition de tubercules péri-biliaires discrets. Mais cette localisation particulière constitue une exception, si on la compare au nombre infiniment plus grand des tubercules qui apparaissent concurremment en un point quelconque du parenchyme hépatique. L’épithélium du canal biliaire englobé reste d’ailleurs parfaitement intact, et oppose une barrière au bacille de Koch qui peut l’aborder mais ne le franchit pas. Les résultats négatifs de l’inoculation de la bile au cobaye, dans tous les cas de cette série d'expériences, viennent confirmer le bienfondé de cette opinion.
Exception doit être faite cependant pour le cas où la tuber-
culisation à pour porte d’entrée le système-porte. Dans le cas où j'ai eu recours à ce procédé d’inoculation (chien XIT) j'ai constaté dans le foie la présence de nombreux follicules péribiliaires développés dans de petits espaces-portes dont la veine était thrombosée et marquait manifestement le centre de développement du tubercule.
Dans ce cas il est permis d'admettre, bien que le fait n’ait pas été vu sous le microscope, que les canaux biliaires englobés. dans ces follicules ont été détruits en quelques points et que l’effondrement de leur épithélium a permis au bacille de passer dans la bile. Ainsi s’expliqueraient, d’une part, le catarrhe intense constaté en aval sur les grosses voies biliaires, — d'autre part, le résultat positif de l’inoculation de la bile au cobaye.
En résumé eten dernière analyse je pense pouvoir conclure de cette série d'expériences que : l'injection de bacilles de Koch dans le sang de la circulation générale et en particulier dans le sang du système-porte peut suffire, sans traumatisme aucun des voies biliaires, à provoquer le développement de tubercules péri-biliaires discrets, mais qu’elle ne saurait à elle seule provoquer l'apparition de la tuberculose
confluente des voies biliaires.
C.Tuberculisation générale avec traumatisme ; des voies biliaires
J’éliminerai tout d’abord une série de tentatives infructueuses. Dans le but de rechercher si une infection des voies biliaires pouvait favoriser la production de la tuberculose des voies biliaires, j'injectai dans le cholédoque de divers ani-
maux (chats, cobayes, lapins) des microbes pyogènes variés, soit avant, soit après la tuberculisation de ces animaux. Mais ces essais ne me donnèrent aucun résultat; on conçoit en effet que de pareilles tentatives soient d’une réalisation fort délicate, sinon impossible, car, ou bien l'infection des voies biliaires est trop virulente et tue l’animal avant que le bacille de Koch n'ait pu jouer son rôle, ou bien elle est trop faible et n’est suivie d'aucun effet.
J'avais espéré obtenir une infection suffisante en injectant du bacterium coli isolé des selles d’un homme en bonne santé; mais je ne suis arrivé à aucun résultat.
Donner le détail de ces essais serait absolument inutile; je n'ai voulu les mentionner que pour ne pas pécher par
omission.
J'ai dû me borner à traumatiser les voies biliaires par simple ligature du cholédoque chez des animaux que je tuberculisais soit avant, soit après.
Chez trois chiens inoculés dans le sang de la circulation générale, j'ai lié le cholédoque au catgut aussi près que pos- .sible de sa terminaison. Chez un autre chien, inoculé de la même manière, je n’ai lié qu'une des branches d’origine du cholédoque, dans le double but d'obtenir une survie plus longue et d’avoir pour témoin l'animal en expérience luimême, le lobe dont le canal excréteur était lié, ayant l’autre pour témoin.
J'ai répété les mêmes tentatives sur un autre chien, mais en l’inoculant dans le sang du système-porte.
Un chien, qui avait subi la ligature du cholédoque, fut
inoculé sous la peau
br De
a). Injection de bacilles de Koch dans le sang de la circulation | générale et ligature totale du cholédoque.
Chien XIX. — Poids : 5K:800.
Tout jeune chien, reçoit le 15 février 1895, dans la veine saphène, 1 de la même dilution de bacilles de Koch en bouillon que les chiens XACLEXI
Il continue à grossir et pèse 75-700 le 2 mars.
Le 8 mars, on remarque pour la première fois au point d’ Rocaton un chancre tuberculeux, qui, vu sa profondeur, doit exister déjà depuis quelques jours.
Le 19 mars{l’animal ayant continué à augmenter de poids: 8K-500 et n'ayant jamais présenté de fièvre ni aucun autre signe de maladie), on pratique la ligature du cholédoque aussi près que possible de sa terminaison. (Pendant la laparotomie on ne constate aucune lésion tuberculeuse du péritoine; pas d’ascite; le foie est volumineux, mou et gras, mais ne présente pas de tubercules visibles à l'œil nu.)
Le 20 mars, dans l'après-midi, on le trouve éventré, léchant ses boyaux qui pendent entre ses pattes. Immédiatement on résèque l'épiploon, on lave l'intestin, on le rentre et on fait la suture de la plaie.
Le 21 mars, mort dans la matinée. — Poids : 8k:400.
Autopsie. — Masse intestinale très rouge, très vascularisée ; pas de liquide dans le péritoine.
Rate, très grosse, farcie de tubercules.
Reins, un grand nombre de tubercules miliaires corticaux et même médullaires.
Pas de granulations tuberculeuses sur le péritoine, mais gros paquet de ganglions tuberculeux dans le mésentère.
Poumons farcis de granulations tuberculeuses; pas de pleurésie, pas de ganglions dans le médiastin.
Rien au cœur ni au péricarde.
Foie. — Enorme, très brun, gorgé de bile ; pas de péri-hépatite ; pas de tubercules visibles à l'œil nu.
Voies ‘biliaires. — NVésicule dilatée, remplie d’une bile très brune ; paraît saine à l'œil nu.
Cholédoque et canaux hépatiques distendus par la bile ; la ligature est complète ; la bile ne peut passer dans l'intestin quand on presse sur le fond de la vésicule.
(Mais la rétention biliaire n'a pas été assez longue pour donner ses symptômes ordinaires; les urines recueillies dans la vessie ne présentent pas la réaction de Gmelin.)
Au point où le cholédoque s'enfonce dans le pancréas, on trouve, accolé à lui, un gros ganglion caséeux.
La bile, inoculée au cobaye B XI, a donné un résultat positif.
Examen histologique. — Des coupes du cholédoque au niveau de l'ampoule de Vater et à différentes hauteurs, — des coupes de la vésicule biliaire ne montrent aucune lésion tuberculeuse.
Les coupes du foie montrent un nombre infini de nodules leucocytiques formant des ilôts arrondis ou des bandes allongées qui siègent autour des espaces-portes, et tendent à décrire des travées qui sectionnent le parenchyme et rappellent l'aspect de la cirrhose tuberculeuse à son début, Ces nodules et ces bandes allongées sont constituées par des amas de cellules rondes, au milieu desquelles on trouve quelques cellules fusiformes mélées à des fibrilles conjonctives minces ; dans les cellules rondes on colore des bacilles de Koch très nombreux ; on ne trouve jamais dans ces amas leucocytiques de cellules épithélioïdes ni de cellules géantes ; à leur périphérie, ces nodules sont limités par une mince lame de tissu conjonctif qui les enkyste.
Il est aisé de reconnaître que ces productions néoplasiques sont développées autour des espaces-portes ; dans les points où elles forment des coulées allongées, on trouve le plus souvent des ramifications des canaux biliaires parfaitement distinctes; quelquefois on constate dans ces coulées quelques néo-canalicules biliaires.
Les espaces-portes envahis sont remarquables par le volume de la veine qui est gorgée de sang ; le canal biliaire est souvent englobé dans la masse des éléments embryonnaires et leucocytiques qui infiltrent l'espace-porte; il est parfaitement distinct grâce à l'intégrité de son épithélium. Dans les grands espaces-portes les voies biliaires sont atteintes d'un catarrhe intense, dont la cause relève évidemment de la ligature du cholédoque.
En dehors de ces lésions, qui ne rappellent nullement les follicules ou granulations tuberculeuses qu'on rencontre dans le foie de l’homme, le parenchyme hépatique est relativement sain, sauf en quelques points où les cellules prennent mal les réactifs colorants et où il existe évidemment des lésions de nécrobiose.
En résumé, de même que chez les chiens X et XI, l’inoculation intra-veineuse a déterminé l'apparition de lésions tuberculeuses péri-portales englobant de-ci de-là les voies biliaires; de plus, les lésions de catarrhe des voies biliaires, créées par la ligature du cholédoque, peuvent expliquer comment le bacille a pu passer dans la bile, ainsi que le prouve
le résultat positif de l’inoculation au cobaye B XI.
Chien XX. — Poids : 14K:500
Reçoit Le 13 avril 1895, dans la veine saphène 1/2 d’une culture en bouillon, 23 avril. — Chancre tubereuleux au point d’inoculation, Ligature
du cholédoque aussi près que possible de sa terminaison. 25 avril. — Teinte subictérique des conjonctives; chute des poils *
les urines présentent, mais faiblement, la réaction de Gmelin,
Bon état général.
29 avril, — Les sutures ont lâché; éventration; l'épiploon hernié est réséqué, |
Ictère caractérisé.
2 mai. — Meurt dans la matinée. — Poids : 44Kk-600.
Autopsie. — Péritonite purulente généralisée.
Foie. — Enorme, très congestionné, très gorgé de bile; très dur; farci de granulations tuberculeuses aussi bien à la surface que dans la profondeur; plusieurs d’entre elles présentent en leur centre un point jaunâtre très net; les grosses voies biliaires intra-hépatiques sont dilatées et gorgées de bile,
La vésicule biliaire est énorme, ainsi que les voies biliaires extra-hépatiques, La ligature du cholédoque tient encore; après l'avoir enlevée, on peut, en pressant sur la vésicule, faire passer la bile dans l'intestin.
Un gros ganglion infiltré près de la terminaison du cholédoque.
Rate : grosse, farcie de tubercules.
Reins : quelques granulations tuberculeuses.
Instestin : pas de tubercules à la surface péritonéale ni sur la muqueuse; pas de ganglions dans le mésentère.
Cœur : néant,
Poumons : pas de pleurésie; tubercules nombreux, infiltration des ganglions péri-trachéo-bronchiques.
En résumé, type de granulie généralisée,
La bile, inoculée au cobaye B XII, à donné un résultat négatif.
Examen histologique. — Lies coupes du foie montrent un .nombre considérable de tubercules sanguins, nettement enkystés dans une mince gaîne fibrillaire et ayant le même aspect général que dans le cas précédent. Quelques-uns sont situés dans les espaces-portes et englobent les canaux biliaires; (c'est à cette disposition qu'est dû l'aspect macroscopique qu'ils présentaient; le point jaune central n'était autre que la lumière du canal biliaire englobé) mais ce sont les plus rares; la plupart sont péri-portaux ou situés sans siège précis dans le parenchyme. FES
Mais de plus, les grosses voies biliaires sont atteintes d'un catarrhe intense, et l'on constate dans le parenchyme toute la série des altérations consécutives à la rétention biliaire expérimentale.
En résumé cette observation ne comporte aucun enseignement nouveau; l’évolution de la tuberculose a été trop rapide et l’on peut penser que les effets du. traumatisme des voies biliaires créé par la ligature du cholédoque n’ont pas eu le temps d'exercer leur action.
Chien XXI. — Poids : 14Kk-400,
Subit le 26 avril 1895 la ligature du cholédoque aussi près que possible de sa terminaison.
30 avril. — Ictère caractérisé; selles blanches; urines biliaires ; chute des poils.
7 mai, — La plaie opératoire n'est pas encore fermée et laisse suinter goutte à goutte un liquide fortement coloré en jaune, (A ce propos, je ferai une remarque : je pense que l’état de rétention biliaire n’est pas favorable à la réunion rapide des plaies, et j'estime que c'est par cette raison qu'il faut expliquer léventration fréquente des animaux qui ont subi la ligature du cholédoque).
9 mai, — Reçoit dans la veine saphène 2/3 d'une dilution de ba-
Ste
cilles de Koch en bouillon. (Cette dilution est la même que celle qui a servi pour le chien IV, opéré le même jour).
13 mai, — L'amaigrissement s'accentue. L'ictère persiste. La plaie n'est pas encore complètement réunie et suinte toujours.
8 mai. — Mort dans la matinée; poids : 8K-600.
Autopsie.— Pas de péritonite; pas de liquide dans la cavité péritonéale.
Foie. — Gros, très brun, gorgé de bile, Pas de tubercules visibles à la surface ni dans la profondeur.
Les voies biliaires extra-hépatiques sont très dilatées ; la ligature du cholédoque est encore absolue.
La vésicule contient une grande quantité de bile noire et épaisse. Un petit ganglion contre la fin du cholédoque.
Rate : pas de tubercules macroscopiques. -
Reins : nombreux tubercules entourés d'une zone d’hypérémie intense.
Intestin : très hypérémié. (Les matières qu'il contient sont sanguinolentes), Deux petits ganglions infiltrés dans le coude formé par le cœcum. :
Poumons : Ecchymoses sous-pleurales nombreuses et larges ; nombreuses granulations miliaires entourées d’une zone d'hypérémie intense. — Pas de pleurésie.
Cœur : Léger épanchement hémorrhagique dans le péricarde. Ecchymoses à la base du cœur. — Endocardite végétante et ulcéreuse des sigmoïdes aortiques. — Sur la face postérieure de l'infundibulum pulmonaire se voit un nodule fibrino-caséeux de la grosseur d'un petit pois, reposant sur une base très hypérémiée.
La bile, inoculée au cobaye B XIII, a donné un résultat négatif.
Examen histologique. — Sur des coupes du foie on ne constate avec un grossissement faible qu'une congestion intense de tout le parenchyme et des lésions de catarrhe, d’ailleurs très peu marquées, des grosses voies biliaires. Il faut employer un grossissement très fort pour apercevoir quelques follicules tuberculeux, très petits, en voie de formation. Ces follicules sont manifestement développés aux dépens des capillaires sanguins et ne présentent, la plupart, aucun rapport avec les voies biliaires ; cependant, on rencontre de-ci de-là de petits espaces-portes presque complètement transformés en centres de formation nodulaire, dans lesquels on aperçoit des bacilles de Koch ;
pare
au milieu des cellules rondes et fusiformes qui les constituent on reconnait le canal biliaire que la persistance de son épithélium rend parfaitement distinet.
En résumé, cette observation ne présente aucune particularité nouvelle à signaler; les résultats fournis par l'examen histologique et l’inoculation de la bile au cobaye sont identiques à ceux qu'avaient fournis les chiens tuberculisés par la voie veineuse sans traumatisme des voies biliaires. Comme pour l'observation précédente, je pense que la rapidité d’évo-
lution de la tuberculose doit expliquer ce résultat négatif.
h) Znection de bacilles de Koch dans le sang de la circulation
générale et ligature de la branche droite du cholédoque.
Chien XXII. — Poids : 5K:800.
Tout jeune chien inoculé dans la veine saphène le 15'février 1895 avec 16 d'une dilution en bouillon de grains d’une culture de bacilles de Koch.
Subit Le 22 février la ligature d'une branche de bifurcation du cholédoque allant vers le lobe droit.
Très malade pendant quelques jours, l'animal se rétablit peu à peu. Au bout de trois semaines il est en état de santé parfaite.
Il n'a jamais présenté le moindre signe de rétention biliaire. Vers la fin d'avril il commence à maigrir et s'affaiblit de jour en jour.
Mort le 18 mai ; (poids : 4k:450).
Autopsie. — Adhérences fibreuses au niveau de la cicatrice. Pas de péritonite tuberculeuse, pas d’ascite ; quelques ganglions mésentériques infiltrés, surtout dans le voisinage du duodénum.
Intestin : paraît rétracté, chagriné ; ne présente pas d’ulcérations tuberculeuses.
Rate : très fibreuse ; pas de tubercules visibles à l’œil nu.
Reins : quelques tubercules corticaux.
Poumons : tubercules très nombreux, les uns gros et caséeux, les autres petits et fibreux ; pas de pleurésie; ganglions péri-trachéo-bronchiques caséeux.
Cœur : pas de péricardite ; dans les sinus de Valsalva et sur les sigmoïdes aortiques, petites saillies verruqueuses, les unes molles, les autres calcaires.
Foie.— Très gros, surtout le lobe droit. Surface lisse, marbrée de taches jaunes et rouges, et montrant un grand nombre de tubercules sous-glissoniens. Adhère un peu au diaphragme au niveau du ligament suspenseur, mais surtout au duodénum par sa face inférieure. A ce niveau, les adhérences ne peuvent être rompues qu'à coups de ciseaux et rendent toute dissection impossible. Au milieu de ces adhérences on rencontre un énorme ganglion de la grosseur d'une noisette, entièrement caséeux, situé dans l'angle du cholédoque et du pancréas.
Les voies biliaires extra-hépatiques sont englobées dans une gangue fibreuse et ne peuvent être disséquées. En fendant ces adhérences avec des ciseaux on trouve le cholédoque ; on l’incise sur toute sa longueur ; on ne constate aucune lésion macroscopique de la muqueuse, mais les parois paraissent épaisses et fibreuses.
La vésicule biliaire adhère de toutes parts au foie; ses parois sont très épaisses ; elle est gorgée de bile, mais n’est pas dilatée.
Le long du cholédoque et de ses branches de bifurcation sont échelonés de petits ganglions infiltrés de tubercules.
La bile ne peut être recueillie que très difficilement et en très petite quantité, car elle est prise en gelée grisâtre dans la vésicule. Celle qui s'écoule par le cholédoque est jaunâtre, puriforme, et tient en suspension des grumeaux. |
Sur les surfaces de section le foie présente l'aspect macroscopique de la cirrhose la plus accentuée. Le parenchyme est divisé en ilôts irréguliers par des travées fibro-caséeuses, d'un blanc laiteux, qui poussent des prolongements renflés en massue. Des coupes perpendiculaires à l'axe de ces travées montrent des nodules de même aspect, absolument ronds, dont le centre est déprimé et paraît creusé d'un orifice, comme si ces bandes de tissu fibro-caséeux suivaient la direction des vaisseaux. En aucun point on ne trouve de cavernes ni de tubercules biliaires à centre verdâtre.
Get aspect, qui est en somme celui d'une cirrhose tuberculeuse expérimentale très accentuée, est surtout prononcé dans le lobe droit dont le canal excréteur a été lié. Dans le lobe gauche, la cirrhose est beaucoup moins marquée, les travées fibro-caséeuses beaucoup moins larges, et certains territoires sont presque complètement respectés.