CLINIQUE ET ANATOMIE-PATHOLOGIQUE
À. Clinique.
Les données cliniques sur la tuberculose des voies biliaires sont insuffisantes pour mériter de faire le sujet d’un chapitre spérial.
La tuberculose des voies biliaires est et restera probablement toujours une trouvaille d’autopsie. Elle ne possède aucun signe particulier; bien plus, on la rencontre souvent chez des sujets dont l’état du foie, tant physique que fonctionnel, n'avait en aucune facon attiré l'attention pendant la vie. Cependant, si l'on compare entre elles les observations recueillies, il est possible d’en extraire quelques données générales dont l’ensemble pourra peut-être constituer dans la suite un faisceau de présomptions.
Ces données concernent surtout l’étiologie; elles nous montrent que la fréquence de cette forme de tuberculose hépatique est en rapport direct avec l’âge; incontestable-
ment plus fréquente que toute autre chez le nourrisson et le
petit enfant, elle est encore relativement fréquente dans la seconde enfance, s’observe quelquefois chez l'adolescent, et devient une rareté chez l'adulte et le vieillard.
Le sexe ne semble jouer aucun rôle particulier.
Enfin, il est possible d'isoler des antécédents des malades complètement observés, le rôle probable de certaines prédispositions locales créées par des hépatites ou des infections biliaires aiguës ou chroniques; la jaunisse est notée dans quelques observations; les diarrhées infantiles dans presque toutes les observations des nourrissons, l'alcoolisme et les cirrhoses chez les adultes.
Voici d’ailleurs ce qu'écrit Sabourin : « Quant à la fré-
quence de cette variété de tubercules du foie, elle est assez
grande lorsqu'on veut bien les chercher chez les phti- « siques.
« I semble bien que, dans certaines conditions, les voies
biliaires soient le siège principal de la localisation tuber-
culeuse, car il y a des foies vraiment farcis de cavernes et « de cavernules de cette nature... C'est sur les enfants que « les cavernes tuberculeuses biliaires ont été d’abord dé- «-crites ;..… nous croyons cette localisation tuberculeuse « tout aussi fréquente chez l’adulte et nous en avons observé « de très beaux cas dans la phtisie des vieillards. » (1).
En dehors de ces faits d'ordre étiologique, il n’est guère
(1) Il est à remarquer que Sabourin emploie iei le terme « tubereules » et non le mot « tuberculose. » Il semble done qu'il n’ait en vue que la lésion histologique; sur ce point, j'ai fait les mêmes constatations, mais elles ne sauraient avoir un sens plus général et concerner les formes confluentes, qui seules constituent véritablement la tuberculose des voies biliaires et sont loin d'être aussi fréquentes chez l'adulte que chez l'enfant.