OBSERVATION
(Recueillie dans le service de M. le professear agrégé Rollet, Hôpital de la Croix-Rousse.)
Tuberculose primitive du sac lacrymal
Examen microscopique et inoculation positifs (P. Courmont et Lesueur)
I s’agit d’une jeune fille Pauline M..., âgée de 14 ans, entrée le 10 décembre 1898 dans mon service de l'hôpital de la Croix-Rousse. Pas d’antécédents héréditaires. À 16 ans 1/2, elle à été soignéé des lésions osseuses du pied, des adénites suppurées du coa et des gommes cutanées dont on voit encore les cicatrices.
Depuis deux mois elle s'appercoit d’une tumeur à l'angle inféro-interne de l'œil droit s’'accompagnant de
larmoiement. À l'examen de la malade on porte le diagnostic d'empyème chronique du sac lacrymal à canal fermé; c’est en effet la tumeur lacrymale classique, fluctuante, à peine sensible à la pression, avec peau rosée, peu adhérente : le cathérisme est impos- Sible. Rien à la conjonctive ni aux fosses nasales. À droite petitsganglions indolents préauriculaires sousmaxillaires, carotidiens.
Après anesthésie à l’éther, le 14 décembre, extirpation du sac avec dissection minutieuse. Le sac enlevé est ouvert et ne contient pas de pus mais seulement des fongosités.
Soupeonnant la nature tuberculeuse de laffection, M. le professeur Rollet thermocautérise le canal et la cavité de la plaie en respectant la peau. Réunion par deux fils de fer et petite mèche de gaze salolée.
Pansement et ablation des fils le quatrième jour, pas de pus.
24 décembre. Plaie complètement fermée. Léger larmoiement.
8 Janvier 1899. Poussée d’adénopathie, à droite ganglions sous-maxilliaires parotidiens, carotidiens externes tuméfiés et douloureux. Kérato-conjonctivite phlycténulaire; trois petites vésicopustules à chevalsur le limbe cornéen de l'œil droit avec pinceau conjonctival.
Le 14, les ganglions ont diminué de volume, ils sont indolents la kérato-conjonctivite persiste avec blépharospame etphotophobie. Injection sous-conjonctivale au bioidure de mercure à 4/000.
Le 17, un peu de réaction conjonctivale, les pustules
ont complètement disparu. La malade tenue en observation jusqu'au 10 février date de sa sortie n'a présenté aucun signe en particulier.
L'examen bactériologique des fongosilés du sac lacrymal est fait au laboratoire de M. le professeur Arloing par MM. Courmont et Lesueur chef des travaux.quinous remettent la notesuivante : « Un cobaye inoculé sous la peau de la cuisse avec ces fongosités a présenté au bout de dix jours un chancre tuberculeux au point d'inoculation. Mort le 15. À l'autopsie, ganglions inguinaux etlombaires caséaux où l’on décèle par le procédé d’'Hauser de nombreux bacilles de Koch. Rate granuleuse. En somme la nature tuberculeuse de ces fongosités est évidente. »
OBSERVATION IT (inédite)
(Recueillie dans le service de M. le professeur agrégé Rollet.. Hôpital de la Croix-Rousse.)
Tuberculose du sac lacrymal probable, { Fongosités d'aspect tuberculeux)
Louise M..., fillette de 8 ans. Enfant bien portant en venant au monde est confiée à une nourrice qui meurt poitrinaire deux mois après l'avoir sevrée. Son père, restaurateur à Caluire, est bien portant, sa mère jouit d'une bonne santé, ni frère, ni sœur. La santé de l'enfant a toujours été mauvaise. elle tousse fréquemment et à eu des hémoptysies. L'enfant a été mise à la campagne el on a constaté une amélioration, puis elle
fut prise de convulsions et présenta de l'engorgement ganglionnaire cervical et inguinal.
C'est insidieusement que se sont déclarés, il y a quelques mois les signes d’une tumeur lacrymale.
À son entrée dans le service, fistule lacrymale avec tuméfaction infratendineuse circonserite faisant songer à une rétention. Le cathétérisme des voies d’excrétion des larmes est impossible. Enfant pâle, amaigri, grosse adénite cervico-maxilliaire unilatérale gauche : quelques ganglions dans là région cervicale postérieure.
Après anesthésie à l’éther on pratique le premier temps de l’extirpation du sac, au niveau de la fistule, on enlève àla curette des /ongosilés semblables à celles de la tuberculose. Après tamponnement à la ouate, on aperçoit profondément le sac non ectasié et qui n’est ni incisé ni excisé. Il s’agit d’une masse fongueuse prélacrymale. La malade est partie au bout de quinze jours, la plaie complètement cicatrisée, pas de larmoiement.
Deux mois après l’adénite cervicale devient chaude et douloureuse ; à l'incision, issue de pus caséeux.
Cinq ans après la malade est revue; aucune suppuration lacrymale, pas de cicatrice appréciable. On envoie la malade à l'Hôpital de Giens (Hvères).