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OBSERVATION III

Tuberculose primitive du sac lacrymal par (Emile Bock)

(Observation résumée) (Examen microscopique et bactériologique positifs)

« Franciska K..., âgée de 27 ans, couturière, me consulta le 20 juin 1850 pour une tumeur venue déjà depuis plusieurs semaines et située à l'angle interne de l'œil droit. La malade nous dit qu'elle descendait de parents sains et qu'elle même s'était toujours bien portée. Cependant depuis deux ans déjà elle se sentait souvent faible, elle maigrissait et elle ressentait des douleurs de plus en plus vives dans l'articulation du coude droit. L'état pathologique de larticulation devenait toujours plus grave, en même temps que l'enflure et la douleur augmentaient, de sorte que le bras avait perdu la mobilité de l'articulation du coude.

Tout d’abord, l'irruption spontanée de pus épais et de masses caséiformes engagea la patiente à tenir compte des conseils du médecin. Elle renonca ensuite à suivre un traitement de peur qu'on lui fit une opération. En mars 1890, un écoulement abondant de larmes de l'œil droit empêcha la malade de travailler et elle vint consulter. D’après son récit, on pouvait faire sortir du sac lacrymal une grande quantité de pus. On incisa le canal lacrymal inférieur et on introduisit plusieurs fois la sonde Bowman facilement. Peu de temps après, ce traitement dut être aban-

se donné, car il devenait très difficile et très douloureux.

Au commencement de mai 1890, la malade vit se développer rapidement une tumeur à l'angle interne de lœil et le larmoiement cessa presque complètement.

Lorsque j’examinai la malade, je vis une personne svelte, à peu près bien nourrie, pâle. Le coude droit était enflé el ne permettait que difficilement des mouvements passifs très limités. L’avant-bras était maintenu presque à angle droit sur le bras. La peau de la région, amincie et rouge, avait en plusieurs endroits des fistules de la grosseur d'un grain de chènevis et d'où sortait par la pression et spontanément aussi, une quantité minime de pus.

Dans la région du sac lacrymal droit était une tumeur presque aussi grosse qu'une noisette, recouverte d’une peau entièrement tendue d'aspect normal. La tumeur était immobile et donnait la sensation d’un empätement ferme. La pression du sac ne modifiail pas la tumeur. La sonde introduite butait contre une ferme résistance, qu’on la fit passer par le point lacrymal inférieur ou supérieur, à lembouchure du sac lacrymal. L’examen de la conjonctive, des cornées et du nez ne révéla rien d’anormal, pas plus que lexamen de tous les autres organes du corps. Léger gonflement des ganglions de l’aisselle droite.

Le diagnostic hésitait entre une occlusion du sac lacrymal, rempli d'une masse muqueuse et une néoformation de ce sac.

La malade consentit à une opération. Le 30 juin, j'incisai la peau de la tumeur sur une longueur de

1 centimètre 1/2 et disséquai couche par couche dans la profondeur. Rapidement apparut une tumeur rouge brün, dont la partie profonde n'était pas adhérente. Elle saillit facilement à travers la peau incisée et je l'enlevai avec des ciseaux. Je grattai avec une curette tranchante, toute la cavité, mais sans aller jusqu'à l'os. L'hémorrhagie fut presque nulle. Quatre points de suture réunirent la peau. Compression modérée avec de la gaze iodoformée. Guérison six jours après.

Le 10 juillet, la malade revint consulter et se plaionit de douleurs à l'extrémité inférieure de la cicatrice, d’où sortait une goutte de pus. Guérison en peu de jours par l'introduction d'une mèche iodoformée. Le passage des sondes avait toujours été impossible.

L'examen histologique donne le résultat remarquable suivant : La tumeur avait une forme sphérique, d'un diamètre d'environ 10 millimètres. La surface élait lisse, sauf à la partie inférieure où était un peu de tissu graisseux sous-eutané qui y adhérait. Au microscope on vit que la tumeur était à sa partie inférieure limitée par du tissu conjonctif tendu et pénétrée par de petits lambeaux de graisse dans son intérieur. Dans la même région on voyait des débris de cellules fusiformes allongées, débris du tissu musculaire lisse des sacs lacrymaux. A la périphérie de la tumeur, élaient des vaisseaux de calibre moyeñ, mais l’intérieur en était dépourvu. La tumeur consiste en masses cellulaires, séparées par des travées larges et petites du tissu conjonctif embryonnaire. Dans les plus gros de ces nodules on trouve souvent des parties caséifiées. Les nodules isolés étaient composés de cellules

rondes et épithélioïdes, qui étaient fortement pressées les unes contre les autres, en sorte que Jes nombreuses cellules géantes étaient souvent cachées. Dans cellesci on ne trouve que peu de bacilles tuberculeux, ils sont plus nombreux en maints endroits entre les autres cellules. Dans les parties caséifiées on n’en trouvait pas. Jusqu'à ce jour aucune récidive ne s’est produite et le malade n’a plus de larmoiement, malgré l'absence totale démontrée avec une sonde du sac lacrymal.

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