OBSERVATION V
Tuberculose primitive du sac lacrymal (Loidholt).
Examen microscopique et bactériologique positifs.
Mlle Ida G..., âgée de 18 ans 1/2, consultait en 1885 le docteur Bauge, pour une affection lacrymale durant depuis un an.
Le sac lacrymal de l'œil gauche était enflé, ballonné.
Il s'en écoula une petite quantité de pus. Depuis il resta une tumeur nettement sensible, molle.
La malade ne présentait rien du côté du nez, mais sur nos questions elle nous signala sur son bras droit,
to un foyer grand comme la paume de la main de tubereulose cutanée qui s'était développé dans l'espace de cinq ans.
A la clinique chirurgicale, M. le Dr Bouge extirpa le sac lacrymal. A cette occasion, on constata encore une fois la pleine intégrité de la conjonctite et de la muqueuse nasale. Le foyer du bras fut en même temps gratté et cautérisé au thermo-cautère. Il prit bientôt un aspect cicatriciel et l’on signa l’exeat de la malade en un état satisfaisant. Un an après, l'affection du bras se renouvela, tandis que laffection lacrymale était considérée comme complètement guérie.
La muqueuse du sac lacrymal était granuleuse et n'’offrit rien de caractéristique macroscopiquement. Il faut remarquer la non-participation de la conjonctive malgré le voisinage immédiat du foyer tuberculeux.
Les préparations delamuqueuse lacrymalemontrent au microscope des éléments tuberculeux typiques. Les cellules géantes sont ici particulièrement nombreuses etbelles. Les couches superficielles de cellules montrent une désagrégation morbide rapide.
Les bacilles tuberculeux étaient relativement nombreux. »
OBSERVATION VI (HAAB) Tuberculose de la conjonctive propagée au sac lacrymal
Examen microscopique positif
« Caroline K...,17 ans,se présenta pour la première
fois en janvier 1875 avec une enflure de la paupière
de l'œil gauche dont l'aspect rappelait l'érésypèle. Sur la conjonctive de la paupière inférieure se trouvaient des masses isolées en forme de crêtes de coq, de couleur variant du gris au rouge jaunâtre. Au niveau du sac lacrymal existait un fort gonflèment. Il était produit, ainsi qu'on le diagnostiqua plus tard et comme l'opération le prouva, par des masses de même nature que celles de la conjonctive. On trouvait de nombreux ganglions fortement gonfiés au devant de l'oreille gauche et sous le maxillaire inférieur. À droite, conjonctive normale, pas de ganglions.
Ouverture et évidement du sac. — Un traitement d’un mois diminue les granulations de la conjonctive elles rend plus rares, mais l’enflure diffuse ne disparait pas complètement, les ganglions ne diminuent pas.
On trouva au microscope des nodules tuberculeux nombreux, des cellules géantes, mais seulement dans la moitié des nodules. Souvent au centre, au milieu des cellules, on rencontra un noyau compact, mais à côté il y avait un assez grand nombre de tubercules qui, à leur centre, se caséifiaient. »
OBSERVATION VII (HAAB)
Tuberculose de la conjonctive propagée au sac lacrymal
Examen microscopique positif
Homme de 32 ans. Depuis deux ans l'œil droit est affecté de larmoiement, l'œil gauche depuis un an et demi.
Depuis six mois, gonflement de la paupière supérieure droite.
Actuellement : individu pâle, faible, mais sans signes de tuberculose pulmonaire.
À gauche, le sac lacrymal forme une tumeur dont l'incision ne donne pas de pus. On y trouve seulement des granulations semblables à celle de la conjonctive. Guérison par le grattage et la cautérisation. On enlève un morceau dela muqueuse etl’examen microscopique y révèle une infiltration tuberculeuse.
OBSERVATION VIIT (MoRAx) (Résumée)
Tuberculose probable du sac lacrymal consécutive
à une rhinite tuberculeuse
Mlle X.., 6 ans, atteinte d'une tumeur double lacrymale datant de quelques mois. La malade ne se plaint pas de son nez et Cuvilier trouve seulement une légère hypertrophie : cependant de deux fragments de cette muqueuse nasale, Pun examiné au microscope révèle la constitution classique du lupus, et l’autre inoculé dans le périloine d’un cobaye, détermine une tuberculose péritonéale el viscérale mortelle. « L’impossibilité de continuer à suivre la malade ne nous empêche pas dé mettre un sérieux point d'interrogation sur la nature des tumeurs lacrymales. »