CHAPITRE II
Anatomie pathologique.
Les lésions trouvées dans des sacs tuberculisés sont relativement assez variées, si du moins nous rapprochons de nos observations les travaux dHertel, Duvigneaud, Terson, Woljaziewitz, etc.…., mais dans tous les cas la lésion tuberculeuse s’est présentée suivant un même type et les variations apparentes ont été occasionnées soit par des infections de voisinage, soit par la contribution d’autres microbes agissant simultanément avec le bacille de Koch ; enfin la résistance plus ou moins grande du terrain à pu déterminer des réactions d'intensité diverse, et à ce sujet il faudra distinguer les sacs primitivement sains de ceux déjà traités pour une autre affection.
Le follicule tuberculeux se retrouve dans le sac lacrymal avec la même constitution qu'ailleurs : en allant du centre à la périphérie, c'est une cellule géante à nombreux noyaux périphériques, puis une première zone de cellules épithéloïdes et une deuxième
zone de cellules embryonnaires qui forme aulour du follicule une zone d'infiltration variable d’étendue. Dans certains cas, les cellules géantes et les bacilles ont manqué (Deutschmann et Safer), mais ces cas ne forment qu'une faible minorité et la raison est même insuffisante pour infirmer le diagnostic. Il semble, en effet, que les tubercules doivent avoir atteint un certain àge pour qu'ils puissent contenir des cellules géantes (Danisch Cornil) Du reste Alexander, Deutschmann et Panas sont là pour nous dire que des produits tuberculeux, où l'on n'avait pu déceler des bacilles, ont donné des inoculations positives.
D'après Koch lui-même, là où la tuberculose prend des allures chroniques on ne trouve que de très rares bacilles : dans les foyers caséeux ils deviennent rares et dans les foyers anciens on ne les rencontre presque jamais. Mais passons sur cette question des bacilles, trailée au chapitre du Diagnostic, insistons pour le moment sur ce groupement caractéristique d’une zone d'infiltration de cellules lymphoïdesriche en vaisseaux, enveloppant des groupes de cellules d’un caractère plus épithélial sortes de nodules, d'où les vaisseaux ont disparu etqui, manifestent bientôt des phénomènes de régression granuleuse et caséeuse. « C’est la base histologique la plus commune de la tuberculose dans l'œil : infiltration lymphoïde et régression du nodule épithéloïde »..... La mulliplicité des éruptions, la succession des poussées, caractère à peu près constant de Ia tuberculose, se refrouve dans le sac lacrymal et nous permet de reconnaitre là encore les trois phases ordinaires de l’évolution du tubercule : « la granulation