‹ Tuberculose et MariageChapitre 34 sur 48 · CHAPITRE PREMIER CONTAGION ENTRE ÉPOUX · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER CONTAGION ENTRE ÉPOUX

Depuis longtemps, on sait que la transmission de la tuberculose dans la famille se produit avec une extrême fréquence. Tout tuberculeux atteint de lésions ouvertes court de très grands risques de contaminer les siens. Nous allons voir par quel mécanisme il Le fait.

Le mode de transmission le plus fréquent est évidemment le mode de transmission par la voie respiratoire. Le tuberculeux répand incessamment autour de lui par la parole, par la toux, une pluie de fines particules salivaires qui frès souvent contiennent des bacilles en quantité considérable. Par les crachats qui risquent de souiller les objets qui l'entourent, qui se répandent sur le sol pour se réduire en poussière et être soulevés au moindre balayage, il répand autour de lui les germes qui vont inoculer les personnes susceptibles de vivre dans son entourage.

En général cette contagion se fait, comme on le sait, lorsque le contact entre le tuberculeux et les autres personnes est prolongé pendant longtemps. Plus d’ailleurs les rapports sont

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étroits, plus l'intimité est grande et plus il y a de chances de voir la contagion de la maladie s'effectuer.

C'est ce mode de contagion dont toutes les conditions sont réalisées par la vie en ménage avec un tuberculeux.

Il en résulte que, depuis longtemps, l'attention des médecins a été attirée sur ces cas de transmission de la maladie. Et, pour résumer ce qui en a été dit, il nous suffira de montrer que cette contagion d’époux à époux est extrêmement fréquente. Elle l'est même d'autant plus que la vie en commun est plus prolongée. Il existe des ménages où le mari, de par sa profession,

est obligé de vivre dehors pendant la plus grande partie de la journée, quelquefois au grand air, comme les maçons, les charpentiers, etc. Ceux-là risquent moins. Et cependant la transmission se fait souvent même chez eux.

Grancher, rapportant les statistiques de Vallin, donne pour la proportion dans laquelle elle s'effectue, le chiffre effrayant de 42 sur 107 observations. Et ce chiffre est au-dessous de celui donné par d'autres observateurs qui accusent 38 p. 100 pour le mari et 68 p. 100 pour la femme.

Il ne faudrait pas croire, cependant, cette transmission de la tuberculose absolument fatale. Ses ravages se font moins sentir dans les familles aisées et surtout dans les familles riches que dans les familles pauvres. Grancher donne, chez elles, la proportion de 16 p. 100 dans laquelle la contagion eut lieu. Il est certain que, les conditions de la vie dans ces familles dont le logement est vaste, peut être facilement aéré, sont excellentes pour éviter la contagion si celles-ci veulent bien suivre les prescriptions d'hygiène données par le médecin. En dehors de la contagion il faut voir en effet que, très souvent, lorsque le mari et la femme sont en même temps tuberculeux, c'est moins de contagion qu'il faut parler que de coïncidence de deux cas de tuberculose favorisée par toute la série de mauvaises conditions hygiéniques au milieu desquelles ils vivent.

Moins fréquente que la contagion par la voie respiratoire, la contagion par l'appareil génital au moment de l’accomplissement des fonctions sexuelles est cependant à redouter.

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