‹ Tuberculose et sous-alimentation: Importance de la qualité professionnelle des maladesChapitre 46 sur 54 · PRO- PRO-: SE · texte numérisé non relu

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F;: M. BaRieTy et P. BOULENGER ont recherché la valeur que l'on peut attribuer aux différents facteurs alimentaires dans les modifications et l'augmentation des cas de tuberculose.

Les auteurs ont étudié les rations alimentaires de 1942, ils con- cluent que le régime actuel est nettement déficient en certains éléments.

«Les glucides ingérés, si l'on s'en tient à des chiffres courants, représentent 230 à 250 grammes, au lieu des 400 à 420 grammes considérés comme normaux. :

La ration des protides (21 grammes pour la carte A) n'atteint même pas la valeur indiquée comme minimale (0,50 par kilogramme) ; et, au fieu d’être constituées de 40 à 60 pour 100 de protéines animales, celles-ci n'en représentent que 16 pour 100.

Quant aux lipides, le chiffre en est de 21 grammes par jour au “lieu des 23 grammes considérés comme minimum vital (le chiffre

ve

normal étant évalué à 1 gramme par jour et par kilogramme de poids).

Le déficit porte donc sur les trois constituants principaux de la ration ; de ce fait, elle n’est pas trop déséquilibrée, si globalement elle est déficiente.

Mais il s'y surajoute un déficit minéral et vitamimque.

Le calcium est nettement insuffisant. La carte J3 fournit à peine le 1/7 de l'apport calcique normal, et le rapport Ca/Ph est très audessous du chiffre normal de 0,6 à 0,8 ».

Ces auteurs rapportent également l'étude de KNUD FABER sur l'évolution de la tuberculose au sein des populations urbaines du Danemark en 1914-1018, montrant le rôle particulier des protides et des lipides dans l’évolution de la tuberculose.

« Dans ce pays, la mortalité par tuberculose a subi une augmentation importante en 1916 et 1917, puis a diminué franchement en 1918 pour atteindre en 1919 des taux sensiblement normaux. Cette augmentation de mortalité frappa surtout les jeunes de 15 à 25 ans.

Or, du point de vue économique, le pays est passé par 2 périodes inverses : de 1914 au début de 1017, augmentation incessante des exportations de bétail et des produits d’origine animale, d'où raréfaction de ces denrées parmi les masses urbaines (le bétail exporté est passé de 132.000 têtes en 1913 à 305.000 têtes en 1916).

Au milieu de 1917, par suite du blocus économique, les exportations cessent complètement, et les Danois sont obligés de consommer non seulement des produits qui, auparavant étaient exportés, mais encore toute une partie du bétail qui est abattu faute d'aliments nécessaires à sà nourriture (c'est ainsi que le nombre des porcs est ramené de 2 millions à la fin de 1916 à 400.000 en avril 1918, soit 1.600.000 porcs consommés en 18 mois en plus de la ration habituelle par population de 3.000.000 d'habitants. De même, le beurre consommé passe, de 3 kilos 200 par tête et par an en 1916, à 9 kilos 900 en 1917, et à 14 kilos 500 en 1918. -

Sur un graphique établi par l’auteur figurant les courbes de mortalité par tuberculose et celles de la consommation en beurre et en viande, on voit le maximum de mortalité succéder exactement aux : consommations minima de protides et de lipides. Dès que les'courbes

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