‹ Tuberculose & maladies du cœur. De l'endocardite tuberculeuse simpleChapitre 7 sur 15 · I. — ENDOCARDITES A BACILLES DE KOCH · texte numérisé non relu

I. — ENDOCARDITES A BACILLES DE KOCH

Obs. I. -j- G. Lion, Endocardite tuberculeuse développée au cours d'une tuberculose pulmonaire chronique à l'occasion d'une poussée de tuberculose l aiguë. France médicale, 1892. — Il s'agit d'une femme atteinte de tuberculose chronique du poumon qui à l'autopsie présente une poussée aiguë de granulations tuberculeuses récentes ; sur la grande valve de la mitrale on trouve une végétation pédiculée de la grosseur d'un grain de chènevis. Cette végétation était constituée par un tissu sans structure apparente, se colorant en rouge pâle par le picro-carmin, et par une couche superficielle formée de cellules à noyaux volumineux accumulés par places sous forme de petits amas et semblant provenir de l'endocarde soulevé.

L'examen d'une grande quantité de coupes a permis de trouver quatre ou cinq bacilles tuberculeux siégeant dans les amas cellulaires de la surface.

Obs. IL — Londe et Petit, Endocardite végétante tuberculeuse. Archives générales de médecine, 1 894. — M. . . ,25 ans, entrée à l'hôpital de la Salpêtrière le 30 juillet 1888 dans le service de M. Jules Voisin. Hémiplégique gauche et épileptique.

Le 20 mars elle s'alite pour une phlébite du membre inférieur gauche dont elle se remet au bout de quinze jours. Le 9 avril œdème généralisé à tout le côté droit y compris la face. Pommettes rouges.

Cœur. — On entend un souffle systolique dont le maximum est à la pointe et qui se propage dans l'aisselle. Un autre souffle à la base de l'appendice xiphoïde. Le pouls est faible, rapide.

La malade accuse des douleurs lombaires sourdes, profondes, ses urines contiennent un flot d'albumine.

Le 13 elle meurt d'un accès de suffocation.

Autopsie. — Les poumons sont semés de gros noyaux indurés plus abondants à droite. Ils sont farcis de vieux tubercules caséeux et crétacés autour desquels on trouve des granulations grises récentes

qui sont surtout nombreuses aux deux bases. Ganglions bronchiques tuberculeux.

Cœur. — Péricardite. Myocarde pâle, jaunâtre. Insuffisance de la valvule tricuspide. Sur la face auriculaire des deux valves de la mitrale trois ou quatre végétations dont la plus grosse atteint le volume d'une lentille, les plus petites ayant la grosseur d'une tête d'épingle. Ces végétations sont pâles, uniformes, molles. Pas de granulations de l'endocarde. Rien autre d'anormal.

A l'examen bistologique, myocardite diffuse aiguë interstitielle, prédominante à droite.

Inoculation. — L'une de ces végétations, inoculée sous la peau d'un cobaye, fut éliminée de la plaie trois jours après. Trois mois environ après l'inoculation, on trouva des tubercules dans tous les organes.

L'examen bactériologique montra l'existence de bacilles. Une des végétations écrasées le premier jour sur la lamelle n'a donné aucun 1 résultat. On ne chercha point les autres micro-organismes.

Sur la coupe de l'une des végétations l'on vit après coloration au picrocarmin que la végétation était en partie formée par un magma jaunâtre qui l'enveloppe irrégulièrement et est vraisemblablement constitué par des blocs fibrineux. Autour de la végétation et là où se rencontrent ces dépôts fibrineux, la couche superficielle de l'endocarde est altérée. Le corps de la végétation est rouge ou rosé, d'aspect fibreux, et se continue avec le tissu fibro-élastique de la valvule ; çà et là, cellules embryonnaires qui sont surtout agglomérées en deux points situés au-dessous de la végétation.

Nulle part ces noyaux ne rappellent les granulations tuberculeuses. Par le Ziehl et le bleu de méthylène, la coloration d'une coupe montre l'existence de bacilles groupés au niveau de l'un des renflements correspondant aux amas embryonnaires susindiqués ; à ce niveau on trouvait quatre ou cinq bâtonnets très nets.

Sur les bords de la végétation et dans les dépôts fibrineux on trouvait aussi quelques bacilles. Sur aucune coupe il n'y avait de bacilles à l'intérieur de la végétation.

Obs. III. — Leyden, Deutsche med. Wochenschrift, 1896. — L'auteur a observé cinq fois, ou mieux quatre fois l'endocardite tuberculeuse, car dans un cas il y avait du streptocoque associé.

Les bacilles siégeaient non pas à la surface, mais dans des coucbes profondes et dans le tissu même de la valvule.

Très peu de bacilles se trouvent à l'état libre, la plupart étant enfermés dans des cellules et le plus souvent quatre ou six dans la même cellule. Quelquefois la cellule parait comme bourrée de bacilles et aucune trace de réaction inflammatoire n'apparait au niveau de ces cellules. Il semble donc que ces bacilles ont trouvé dans le corps même de la cellule un terrain favorable dans lequel ils se sont développés.

Obs. IV. — Benda, Soc. de méd. interne de Berlin, 1898. — L'auteur montre une préparation microscopique dans laquelle on voit une lésion tuberculeuse avec bacilles dans l'endocarde et non pas seulement des bacilles englobés dans la fibrine. Chez un enfant atteint de coxalgie tuberculeuse, il a découvert à l'insertion d'un des cordages tendineux de la valvule mitrale un nodule jaunâtre du volume d'un grain de chènevis. Au microscope ce nodule était constitué par des cellules rondes et épithélioïdes disposées comme dans les nodules tuberculeux ; il n'y existait pas de cellules géantes, mais on y voyait de très nombreux bacilles. Cette granulation était caséeuse à sa surface et ulcérée, et Benda pense que ce foyer a été l'origine de la poussée de granulie terminale. Il a examiné avec soin les viscères du bassin, sans y avoir trouvé de lésions et ne se rappelle pas avoir examiné le canal tboracique.

Obs. V. — Etienne, Des endocardites dans la tuberculose et en particulier des endocardites à bacilles de Koch. Archives de médecine expérimentale, 1898. — S... Georgette, âgée de 15 ans, ouvrière en chaussures, entre à la clinique médicale de M. le professeur Spillmann le 28 novembre 1904.

Rien de particulier à noter dans ses antécédents héréditaires ou personnels avant le début de la maladie actuelle.

La petite malade a commencé à tousser il y a un an ; elle a eu plusieurs hémoptysies.

Le 10 novembre elle a été prise brusquement d'un point de côté à gauche et de douleurs dans le ventre et dans la région lombaire ; la toux est plus fréquente, la dyspnée est très prononcée. En même temps apparaît une diarrhée abondante.

Le 24, céphalée intense.

Le 25, entrée à l'hôpital.

Etat actuel. — Malade chétive, peu développée pour son âge ; la menstruation n'est pas encore établie. La malade est en outre très amaigrie, débilitée.

Température, 39°.

Appareil respiratoire. — Thorax très amaigri.

A la percussion, diminution de la sonorité dans le creux sus-claviculaire. La sonorité est très diminuée dans la fosse sous-claviculaire droite. En arrière, diminution de la sonorité. La percussion est douloureuse.

A l'auscultation expiration très prolongée dans les deux fosses sous-claviculaires, souffle dans les deux fosses sus-épineuses. L'inspiration est rude dans toute la hauteur des poumons. Résonnance de la voix aux deux sommets ; pectoriloquie aphone, surtout à droite. Quelques râles humides, surtout aux sommets ; frottements pleuraux superficiels du côté gauche. Crachats muco-purulents aérés.

Appareil circulatoire. — Tout est normal du côté du cœur, les bruits sont bien frappés. Pouls à 124. Pas d'cedème.

Appareil urinaire. — Les urines sont rares, troubles, colorées, avec un dépôt assez abondant de mucine. Pas d'albumine.

Appareil digestif. — L'appétit est diminué ; les digestions sont cependant régulières ; pas de ballonnement du ventre ; douleur légère à la pression vers le flanc gauche. La rate n'est pas augmentée de volume.

L'état général de la malade s'améliore rapidement ; au bout de quinze jours elle peut se lever, circuler dans la salle et dans l'hôpital; l'appétit est bon.

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