HISTORIQUE
-Dès 1783 il existait, paraît-il, en Italie, une loi prescri- vant la déclaration de tous les cas de décès par phtisie. En réalité la question n’a été abordée sous son vrai jour qu’à une époque relativement récente. C’est Villemin, le premier, qui la posa nettement. Le 30 juillet 1889, il demandait devant l’Académie de Médecine « la recherche par PEtat, dans toutes les collectivités dont il a la surveillance, de tous les sujets atteints de tuberculose )). Cette VOIX 11e devait pas trouver d’écho.
En 1894, les directions des bureaux municipaux d’hygiène du Havre, de Lyon, de Saint-Etienne demandaient la déclaration obligatoire et affirmaient que le publie Paccepterait. L'idée faisait son chemin mais elle se heurtait à l'opposition du Corps Médical.
Gr'ancher, dans un rapport puissamment documenté, présenté devant l’Académie de Médecine, en 1898, se montrait nettement favorable à la déclaration obligatoire; il ne fut pas suivi ét, en 1902, la tuberculose pulmonaire était inscrite sur la liste des maladies à déclaration faeultative.
- Un.-peu plus tard, la Conférence internationale pour la lutte contre la tuberculose (S ‘openhague, 1904) reconnaît, dans la déclaration, une mesure indispensable à la prophylaxie de la bacillose.
En 1906, à la suite du rapport Robin, sur la mortalité par tuberculose en France et en Allemagne, Chauffard proposait (comme vœu minimum » la désinfection obligatoire après tout décès par tuberculose. Celà supposait la déclaration: les protestations furent vives mais le vœu fut adopté par l’Académie de Médecine. Devant cette même Société, Letulle reprenait la question en 1912; il demandait énergiquement que la déclaration de la tuberculose
pulmonaire ou laryngée ouver te, fut rendue obligatoire.
Dès lors une discussion interminable s’engage. Elle commence le 8 octobre 1912 pour ne se terminer que le 1” juillet 1913.
Letulle, Widal, Roux, Richet, Chauffard sont partisans de la déclaration obligatoire. Robin, Gaucher, Carnot, Armaingaud, Duguet, Laveran, pour ne citer que les principaux en sont les adversaires; ils préconisent des demimesures: déclaration volontaire, déclaration dans le cas de changement de domicile, dans le cas-d’habitation dans un lieu publie (hôtels, écoles, prisons, etc.), désinfection‘ obligatoire au domicile de tout décédé entre 2 et 60 ans, sauf avis du médecin traitant, certifiant que la maladie, cause de la mort, n’est pas contagieuse ; demi-mesures toujours ‘insuffisantes, parfois inutilement vexatoires, Finalement, l’Assemblée se montre favorable à la déela-
ration obligatoire par une voix de majorité.
Puis vient la guerre; l’encombrement, Ja promisenité, es fatigues, le surmenage, permettent à la tuberculose de s’étendre. La déclaration obligatoire, dans un but de bien. veillante assistance, est appliquée dans l’armée et y fonctionne à la satisfaction de tous. En face du fléau la société s’émeut; elle comprend qu'il lui faut grouper, coordonner tous ses moyens d’action pour barrer la route à la marche envahissante du mal, Les Pouvoirs publics se saisissent de
la question et, le 16 janvier 1919 le projet de loi Mourier était déposé sur le bureau de la Chambre des députés.
Il comprend essentiellement trois parties :
1° Une organisation de la lutte antituberculeuse avec 30.000 lits prévus et tout un service sanitaire : ? Des prévisions budgétaires de premier établissement et de dépenses annuelles ; 3° La déclaration obligatoire par le médecin traitant de tout cas de tuberculose pulmonaire ouverte, dans les huit jours qui suivent l'établissement du diagnostic.
Ce projet n’a pas rencontré dans tous les milieux médicaux un accueil très chaleureux. La Société médicale des hôpitaux de Paris se montre, par une faible majorité, hostile à l'application immédiate de la déclaration obligatoire (avril 1919). :
Ê ependant 1 Académie de médecine entre prenant de son côté l’examen du projet Mourier, s’est déclarée favorable au nouveau projet de loi. Ainsi on peut envisager Comme proche le moment où la déclaration de la tuberculose pulmonaire ouverte sera légalement obligatoire en France.
A l'étranger, la déclaration obligatoire de la bacillose, après avoir été discutée aussi vivement que chez nous, a été finalement adoptée par un etand nombre d'Etats.
Elle existe:
în ue, dans PE te de New-York depnis 1900;
En Allemagne, dans certaines provinces, depuis 1900 :
Au Danemark, depuis 1900;
En Norvège, depuis 1901 ;
En Angleterre, depuis 1912.
Regrettons qu'après avoir été les premiers à pr An cb Ja nécessité de cette mesure nous soyons les derniers à
l'appliquer.
aus OISSS