SYMPTOMES
La tuberculose rénale peut être latente. Dans les formes suraiguës de la maladie jet chez certains tuberculeux chroniques, on trouve dans le rein des granulations ou quelques nodules isolés que rien ne pouvait faire soupçonner. Les faits de granulie à prédominance rénale simulant des néphrites et décrits par M. le Professeur Potain 2 sont des formes médicales de la maladie que la recherche du bacille dans les urines ou leur inoculation au cobaye permettent seules de reconnaître.
La tuberculose du rein justiciable de la chirurgie se présente sous l’aspect suivant. — Un jeune homme est atteint depuis longtemps de fréquents besoins d’uriner, ses urines sont claires mais très abondantes, puis il a de l’endolorissement du rein, les urines deviennent troubles, quelquefois parsemées de petits caillots; parfois apparaissent des hématuries abondantes; plus tard le malade pâlit, maigrit, perd l’appétit, accuse une légère fièvre vespérale; les membres inférieurs s’œdématient : nous examinons la région rénale, le rein est augmenté de volume, un peu sensible. Les accidents s’aggravent lentement, progressivement et conduisent à la cachexie et à la mort par tuberculose pulmonaire, par urémie ou mieux par insuffisance rénale. Cette esquisse à grands traits est loin de pouvoir servir à toutes les formes classiques de la maladie. Aucune affection rénale ne donne lieu à des accidents plus variés, aucune n'est plus fertile en erreurs de diagnostic.
\. Watson, Boston Med. et S. J ., 1895, p. 221. 2. Potain, Sem. méd., 1897.
Début. — L’affection peut débuter par rémission brusque d’une quantité considérable de pus, véritable vomique rénale . Plus rarement, c'est par l’apparition d'une tumeur que la lésion du rein trahira sa présence. Quelquefois c’est par une hématurie abondante, spontanée et répétée. Au début la bacillose rénale est généralement simple, sans combinaisons d'autres éléments infectieux et elle peut rester ainsi très longtemps silencieuse. Quand des accidents graves apparaissent, c'est qu'il s’est ajouté une affection pyogène quelconque. Si bien que nous serions tentés de lui décrire deux périodes comme nous le faisons pour la tuberculose vésicale : 1° période de bacillose; 2° période d’infections combinées, surajoutées. — L’affection est muette au début, et, à moins d’une grosse hématurie qui vienne brusquer les choses, nous ne voyons guère les malades que si une tumeur abdominale, des coliques néphrétiques ou la purulence de l’urine nous les amène.
Dans l’examen d’un malade soupçonné de tuberculose rénale, les antécédents ont une importance notable, non seulement les antécédents héréditaires et les signes de bacillose de la première enfance, mais encore le passé urinaire du sujet. La fréquence de la miction , fréquence de date déjà ancienne, est en effet le signe initial de la tuberculose de la vessie; il existe seul pendant très longtemps à l’exclusion de tout autre trouble fonctionnel (Gu-yon). La polyurie est également un symptôme habituel et précoce de la tuberculose du rein; elle est limpide ; elle se montre par accès, coïncidant avec une exagération de douleur vésicale, véritable polyurie prétuberculeuse (A. Robin ’).
Période d'état. — A cette période nous avons sous les yeux l'ensemble symptomatique d'une pyélo-népbrite, caractérisée par les symptômes fonctionnels , la douleur, les troubles de la miction et par des signes physiques , l'augmentation de volume du rein, et les caractères de l’urine.
La douleur est en général un simple endolorissement, une pesanteur lombaire; elle est unilatérale ou prédomine d’un côté. Très variable dans ses allures, spontanée et capricieuse, le mouvement ne l'influence pas 1 2. le décubitus la calme, elle augmente parfois après le repas, après un coup de froid et surtout avant les règles. Elle s'irradie en contour vers le pli de l’aine, la vessie, la cuisse du côté malade. Permanente, avec des paroxysmes, elle peut revêtir la forme intermittente ; j'ai vu des malades qui présentaient nettement le complexes de la rétention rénale intermittente, c’est-à-dire que les accès douloureux coïncidaient avec une augmentation de volume du rein et l'émission d'une urine claire, puis une débâcle d'urine trouble et abondante amenait la disparition des douleurs et le retour du rein à son' état normal. Enfin l’état douloureux peut survenir par crises aiguës ayant
1. David, De la polyurie prétuberculeuse, Thèse de Paris, 1893.
2. J’ai vu des exceptions à ces règles; deux de mes malades présentaient des acci¬
dents douloureux très aggravés par la marche et les mouvements brusques, si bien que l’une d’elles était regardée comme atteinte de lithiase rénale. De même j’ai vu d’énormes pyonéphroses tuberculeuses sans l’ombre de douleur; la tuméfaction était le seul symptôme présenté par les malades et ceux-ci étaient regardés comme atteints de néoplasmes du rein, de la rate ou du foie. . ,