‹ Tuberculose rénaleChapitre 13 sur 23 · Wolcott, Boston M. et S. J., 1895, p · texte numérisé non relu

Wolcott, Boston M. et S. J., 1895, p

3. A rapprocher des troubles provoqués parles néphrites et les tuberculeux. Cobbon- Pussang, 1898, Thèse de Paris.

le sang est intimement mélangé à l’urine. Cette hématurie se rapproche alors de celle des néoplasmes de la vessie : elle est spontanée, survenant et disparaissant sans cause; elle est capricieuse dans son apparition , dans sa durée qui peut aller jusqu’à cinq ou six jours, et, à la vérité, rien ne permet de la distinguer de celle qui est due à une infection bacillaire de la vessie. Elle diminue de fréquence avec l’aggravation des lésions.

La pyurie est presque constante. Les urines sont uniformément troubles et elles restent telles après l’émission; elles sont en général acides. Lorsqu'elles sont au repos dans un vase, leur aspect est tout à fait spécial : la couche inférieure est remplie par une purée grisâtre, parsemée de stries sanguinolentes, quelquefois stratifiée; le reste de burine est louche, plus ou moins opaque. Celte pyurie présente trois grands caractères : elle est spontanée , constante et durable (Guyon). Dans quelques cas elle est intermittente. On est alors en présence d’un malade qui n’est dans un état satisfaisant que lorsqu’il urine du pus; dès que les urines deviennent claires, il accuse de violentes douleurs lombaires, de l'anorexie, des malaises et une élévation de température, signes de rétention des produits dans la poche rénale. Les urines peuvent contenir des débris de parenchyme rénal sous forme de libres élastiques; mais ce n’est pas là un caractère important au point de vue du diagnostic. Lehert et Yogel prétendent qu’on peut affirmer la nature tuberculeuse de la lésion quand le dépôt de l’urine contient des grumeaux du volume d’une tête d’épingle, insolubles dans l’acide acétique. Elles sont acides, avons-nous dit, et certains auteurs, opposant cette acidité à l’alcalinité si fréquente de l’urine des pyélo-néphrites, en font un caractère différentiel important.

La présence du bacille de Koch dans l’urine est le critérium de la nature des lésions, mais ce bacille n’est pas constant : il manque dans les premiers stades de l'affection, alors que les urines sont claires. Lorsqu'il existe une hématurie, je n’ai pas remarqué que le bacille fût plus facile à déceler, contrairement à ce qui a lieu pour les hémoptysies toujours favorables à sa découverte. C’est dans le dépôt des urines purulentes qu'il faut le rechercher L Les difficultés de déceler le bacille font des inoculations au cobaye la méthode de choix pour le diagnostic de la tuberculose

Exploration du rein. — L’exploration doit porter sur le rein et sur l'uretère. Si le rein est peu augmenté de volume, et s’il ne se déplace pas, la

1. Discussion sur l’importance du diagnostic différentiel entre le bacille de la tuberculose et le bacille du srnegma dans les affections des voies urinaires. (Soc. de médecine interne de Berlin, 30 mars 1896, Sem. Méd., p. 150). — Leyden eut 3 cas où il faillit commettre cette1 erreur, et, dans l’un de ces cas, Koch lui-même ne put se prononcer. Kônig a enlevé un rein soi-disant tuberculeux qui était un sarcome. D’autre part, il dit avoir enlevé plusieurs reins tuberculeux; les malades n’avaient jamais eu de bacilles dans les urines. Pour Senator, l’inoculation au cobaye peut seule permettre le diagnostic. U n’admet pas la tuberculose primitive des voies urinaires; il convient bien que le rein peut être pris le premier, mais il y a toujours dans l’organisme une autre lésion tuberculeuse. A. Franckel prétend que par la méthode d’Ehrlich on distingue très bien les bacilles du srnegma d’avec ceux de la tuberculose, les premiers se décolorant lorsque la préparation est traitée par l’acide azotique.

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