‹ Tuberculose rénaleChapitre 6 sur 23 · Tuffier et Wurtz · texte numérisé non relu

Tuffier et Wurtz

lésions au voisinage des vaisseaux, siège qui prouve l'origine circulatoire de l'infection. Quant à la tuberculose chirurgicale, ses lésions sont banales. La paroi des cavernes présente la disposition en couches concentriques qui est la règle dans les autres viscères, foie, poumon, testicule : au centre, en contact avec la cavité, une zone caséifiée et nécrosée plus ou moins épaisse et adhérente à la couche sous-jacente; plus en dehors une nappe d'infiltration tuberculeuse chagrinée, irrégulière, souvent fongueuse avec des cellules géantes et ça et là des traces de cicatrisation partielle.

C'est la cellule géante qui, dans bien des cas, d'après Hallé 4, permet d'assurer le diagnostic de tuberculose rénale. Le bacille de Koch en effet ne se rencontre guère plus souvent dans les coupes, du rein que dans le contenu des cavernes, au moins à la période chirurgicale de la tuberculose rénale. La cellule géante elle-même ne se trouve pas toujours ; on ne la rencontre souvent qu’après avoir examiné un certain nombre de coupes. D'ailleurs la constatation d'une seule d’entre elles suffit — toujours d'après Hallé — pour affirmer la nature tuberculeuse d’une lésion suppurée du rein. Cette cellule géante est loin de se présenter toujours avec ses caractères ordinaires; son centre est fréquemment vitro-caséeux et la zone des cellules épithélioïdes manque le plus souvent.

Ce qui reste du parenchyme rénal, entre les foyers tuberculeux, n’est pas normal; on y trouve des lésions de néphrite diffuse , plus ou moins prononcée, infiltration embryonnaire autour des tubes urinifères et des vaisseaux, et, plus tard, sclérose péri- tubulaire et péri-vasculaire. Les tubes urinifères sont étouffés par le tissu fibreux, privés de leur épithélium, remplis d’une masse colloïde. — Au dernier stade d’évolution de la tuberculose, quand le rein ne forme plus qu’une vaste coque cloisonnée, on peut ne plus rencontrer que du tissu fibreux : toute trace d’éléments du rein peut avoir disparu. En dedans de la couche externe fibreuse ou même fibro-caséeuse on a une membrane interne de tissu embryon-

naire en voie de caséification à sa partie la plus interne. L’œil le plus exercé peut ne plus pouvoir reconnaître à l’examen d’une préparation la nature rénale d’une coupe : tout a été détruit par le processus tuberculeux, par les lésions d’infection secondaires, ou étouffé par la sclérose. Enfin, en ce qui concerne le contenu des cavernes, nous savons que le bacille de Koch n’y a été que très rarement trouvé ; on ne peut espérer le rencontrer qu’aux premiers stades de la lésion. Plus tard l’examen bactériologique ne montre que les micro-organismes variés : diplocoques, coques, bactéries pyogènes, streptocoques.

Lésions accessoires. — 1° L 'atmosphère périrénale subit l’influence de la bacillose du rein et devient le siège de lésions variées : périnéphrite fibrolipomateuse, abcès froid, périnéphrite fongueuse, phlegmon périnéph rétique.

La périnéphrite fibro-lipomateuse ne diffère en rien de la même dégénérescence dans toutes les pyélonéphrites. La graisse périrénale augmente de volume et de consistance formant une véritable tumeur qui peut acquérir

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