ABCÈS SYMPTOMATIQUES
La membrane qui ferme en avant la cavité tuberculeuse, parvenue à la surface des corps vertébraux, est constituée d'abord par le périoste vertébral, doublé par le ligament commun antérieur. Plus tard, à mesure que Taffection progresse, ces organes normaux se confondent dans une paroi adventice fongueuse, qui contient des tubercules à tous les degrés de développement, comme la membrane des abcès froids. La collection prévertébrale, quelque peu étendue qu'elle soit, a déjà par son origine, son contenu et son enveloppe la plus entière ressemblance avec les abcès tuberculeux. Sa cavité contient du pus séreux, de la matière caséeuse, des débris osseux, des séquestres, tous ces éléments ou quelques-uns d'entre eux. L'étendue de la paroi est en rapport avec le nombre des vertèbres ulcérées ou détruites. Son épaisseur, très variable , de même que sa résistance, peuvent s'accroître considérablement en cas de guérison, et former, comme dans une observation rapportée précédemment, une sorte de tumeur, un cal fibreux unissant les deux tronçons du rachis. Mais si, dans un certain nombre de cas, le foyer reste ainsi limité au-devant des vertèbres malades, le plus souvent la paroi se développe d'une manière progressive; ainsi se forment les abcès migrateurs, qui peuvent acquérir de larges proportions et s'étendre fort loin de la région d'origine. Les grosses collections qui s'observent communément dans le mal de Pott se rattachent donc en général au foyer vertébral.
Elles avaient certainement été vues par les anciens, maïs leur mode d'apparition n'était pas éclaircî. Au siècle dernier, LeDran (1731) fait l'autopsie d'un enfant qui depuis trois ans avait senti de la douleur dans l'épine" vers la jonction delà dernière vertèbre du dos avec la première des lombes, et auquel,
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aprës une long^uc hésitation, il avail ouvcrt(par une iuclsioota croix el en réséquant les quatre angles) une colleciSon de jm devenue superficielle à la région lombaire ; il trouve •■ le corp de la dernière vertèbre du dos cl les apophyses transverses ia trois supérieures des lombes cariés ». Il ajoute : « P^oba}d^ ment c'était là qu'il s'était formé d'abord une tumeur symplDmalique, phlegmoncuse ou érysipélateuse, accompagnée m suivie de carie. » Cet abcès se prolongeait aussi dans la fosil iliaque jusqu'au-dessous du ligament de Fallope. On Toil que Le Dran n'était pas bien iixé sur la question de savoir 9 la colkctioti de pus, comme il l'appelle, avait précédé ou snïfi la carie vertébrale'. David' (de Rouen), Pcrcival Pott', B. Beit', reconnaissent cinquante ans plus tard que c'est la carie qui «1 l'aiïection primitive. Encore Percival Potl garde-t-il sur « point une certaine réserve, u Contre l'opinion générale, dit-il la carie est plus souvent une cause qu'un effet de ces abcès. • B. Bell est l'un des premiers qui afiirment l'origine des ab«s dans la lésion vertébrale.
Depuis longtemps on avail désigné d'une façon g-énéraU les abcis froids sous le nom d'abcès par congestion, pour lei opposer aux abcès inllammatoires. Mais cette expression d'abcès par congestion n'a pris la signification qu'on lui donne aajourd'hui que depuis Desanlt cl depuis l'ouvrage de Boyer. Gerdy a créé le terme d'abcès ossiikienls, indiquant bien leur origine et leur tendance Ji s'ouvrir loin tic celte origine. Ce sont surtout les abcès fniids ossifluenls du mal de Potl qui ont le caractère migrateur.
La nature de ces collections était restée à peu près complètement ignorée. On avait vu souvent leur contenu constitué eu grande partie ou en totalité par de la matière caséeusc appelée
i. Le Dran, nbsmmtiims de chirurgie. c\c., 1731, t. II, p. 117.