‹ Tuberculose vertebraleChapitre 20 sur 76 · David, loco cit., p. US tt Buivanlca · texte numérisé non relu

David, loco cit., p. US tt Buivanlca

3. P. Potl, loco cit., deuxiéme'MÉm-, 1183, traduit nci fiaïK'ais en 1792, t m p. iSS. ' ' •

4. B. Bdl, ofLumlw abcsie,. iu Sv<'™ '.f sw-qo-'j. 1787, t.V, p. W'i.

aussi tuberculeuse, sans que ce nom eût jamais éveillé l'idée que l'abcès froid fût pour cela tuberculeux. La cavité de Tabcès froid, creusée, disait-on, par refoulement dans les interstices des organes, est tapissée par une « membrane lisse, tomenteuse, tantôt grisâtre, tantôt rougeâtre, quelquefois marquée de plaques ardoisées » (Follîn), « prétendue membrane granuleuse*» (Terrier). A cette membrane granuleuse, formée de tissu embryonnaire suppurant, de bourgeons charnus, on n'avait jamais attribué de caractères spécifiques. Hunter l'avait déjà décrite, et Delpech l'avait appelée pyogénique. C'était tout simplement un tissu de prolifération analogue en tout point à la couche granuleuse qui recouvre la surface des plaies. Nous avons montré que cette membrane limitante était, au contraire, la partie essentielle, la partie active de l'abcès symptomatique. Elle joue le rôle principal dans l'évolution de l'abcès. C'est elle qui fait que l'abcès progresse; ce sont les modifications qu'elle subit qui produisent un arrêt dans cette progression, et par suite la régression et la guérison. Le contenu est habituellement inerte à ce point de vue ; il Test autant qu'aucun élément infectieux n'est importé du dehors, et ne vient semer les germes de la septicémie, c'est-à-dire en général aussi longtemps que le foyer est fermé anatomîquement et physiologiquement. La plupart des auteurs (Boyer, Nélaton, Follin, etc.) avaient distingué les abcès froids des parties molles des abcès ossifluents, distinction artificielle reposant sur ce seul fait que leur lieu de développement est différent, mais n'indiquant aucune différence de nature. Il est établi aujourd'hui que la lésion essentielle et primitive de l'abcès froid, ossifluent ou non, est Télément tuberculeux. La membrane granuleuse mérite le nom de tuberculogène; elle est constituée par un tissu embryonnaire infiltré de tubercules adultes, de follicules dégénérés ramollis, suppures dans la zone adjacente à la cavité. Ces tubercules déversent leur contenu dans la collection, qui n'a pas d'autre origine. Dans la zone avancée, zone active ou d*infiItration , on ne

80 ANATOMrE PATHOLOGIQUE

trouve qu'un lissu jounL' constitué par une néoplasic conjonctive, embryonnaire, au milieu de laquelle on rencontre çà et là les cellules géantes et les groupes cellulaires du nn<lule tuberculeux. En un mot, la membrane dégénère par sa face cavitair.', prolifère et progresse par sa face externe, adhérente aux tissus adjacents. On doit retenir de celle conclusion que l'abcês froid n'csl pas une collection purulente comparable à celle de li suppuration aigué du phlegmon. L'abcès froid et l'abcès chaud sont deuï étals pathologiques qui diffèrent par leur origine étiologique, par leur marche clinique el par leur nature essentielle : l'abcès froid naîl par dégénérescence du tissu des tubercules; c'est k proprement parler un luberculorae. Mais gardons le mot ancien en lui donnant la signification nouvello.

Les abcès tuberculeux sont tellement fréquents dans le mal de Pott, qu'on pourrait dire que leur existence est la règle. Lors m6me qu'on ne les découvre pas durant la vie et que les sujets guérissent sans collection apparente, on n'est pas en droit de dire qu'ils n'existent pas : car ils peuvent rester cachés au-devant el sur les eûtes de la colonne vertébrale. A l'autopsie on en trouve à peu près toujours ; sur plus de cent maux do Polt que j'ai examinés personnellement, je ne me souviens d'avoir vu l'abcès manquer qu'une fois; encore dans ce cas le foyer vertébral contenait-il de la matière tuberculeuse et pouvait-il être assimilé à un abcès. Fréquemment ces abcès restent fort petits, ne dépassent pas le volume d'un marron, d'une pomme. On ne peut constater leur existence dans la cavité thoracique, où ils se trouvent profondément cachés. II faut souvent, pour qu'ils deviennent apparents, qu'ils fassent une longue migration, et qu'ils acquièrent par conséquent une longueur el souvent un voinme considérables.

Exceplionnellemonl un abcès tuberculeux pénètre dans le canal rachidicn et s'y développe entre la paroi osseuse et les méninges, soit dans une direction descendante, soit, ce qui est moins fréquent, dans une direction ascendante. Il sera question

de cette variété peu commune à propos des lésions de la moelle

et des méninges. Dans la généralité des cas, c'est en avant du rachis que les abcfes naissent et évoluent complètement.

Ils font saillie au-devant ou sur les côtés de la cavité tuberculeuse întra-vertébVale, d'abord sous la forme d'une tumeur arrondie, sessîle ; puis, en grandissant, ils prennent une forme allongée en poire ou en cylindre irrégulier ; plus tard, c'est mi trajet étroit qui part des vertèbres malades et qui les fait communiquer îBivec un foyer plus ou moins éloigné. La figure 8 montre réunies les deux premières variétés. On y voit, de chaque côté de la région osseuse atteinte, de petites tumeurs bosselées, sessiles. En bas et de chaque côté partent deux longs prolongements arrondis qui s'effilent supérieurement, et qui justifient assez bien la comparaison que les auteurs ont faite de ces abcès avec des sangsues gorgées de sang et adhérentes, par leur tête, à la colonne vertébrale. Un exemple remarquable d'abcès à migration éloignée à long trajet est représenté à la figure 10. Parti de la région dorsale moyenne, il s*étend jusqu'au triangle de Scarpa, d'où il remonte en dehors dans la fosse iliaque externe.

Ces collections peuvent acquérir un volume considérable ; elles forment des dilatations énormes, qui parfois remplissent toute une fosse iliaque, qui refoulent les organes du petit bassin, ou qui viennent faire saillie à l'extérieur à la racine de la cuisse, etc. C'est ainsi qu'un abcès tuberculeux, ayant son origine dans une lésion d'une vertèbre dorsale, traverse le diaphragme, arrive dans la fosse iliaque, où souvent il se dilate, formant une tumeur volumineuse avant de paraître à la cuisse. D'autres fois, un trajet très long et très étroit s'étend du point de départ osseux jusqu'à une région extérieure, le triangle de Scarpa ou la face postérieure de la cuisse, où se forme la seule collection sensible, qui soulève la peau et tend à s'ouvrir.

Page 1