Chuqiict, Bull, de la Soc. anal., t. LH, p
secondaire et adjuvant dans ce développement des abcès tuberculeux, ossifluents ou autres ; le rôle essentiellement actif appartient à la membrane tuberculogène. Nous savons déjà quel est son mode de fonctionnement ; nous avons montré comment toute paroi tuberculeuse d'une collection se détruit progressivement par dégénérescence sur sa face cavi taire, tandis qu'elle se propage par sa face extérieure, et comment par cette évolution continue elle infiltre de follicules nouveaux les couches successives des tissus. La rapidité du développement de Fabcës est en réalité sous la dépendance de l'activité variable de cette membrane. Mais cette activité rencontre dans les tissus périphériques, ici des obstacles, des résistances considérables, là une facilité très grande à son développement. Entre tous les tissus, le tissu conjonctif se prête le mieux à cet envahissement; là où il est lâche et abondant, la progression est rapide. Ainsi s'explique l'influence exercée par les dispositions anatomiques ; les abcès suivent, en effet, fréquemment les gaines des nerfs, des vaisseaux, des muscles, en un mot les espaces conjonctifs, tandis que les membranes fibreuses, les parois des vaisseaux, les aponévroses, résistent mieux à l'infiltration, et s'opposent ainsi dans une certaine mesure à Tavancement des abcès. Kœnig a montré que des injections d'eau dans les espaces conjonctifs amènent une infiltration qui progresse suivant un trajet qui est sensiblement le même que celui des abcès tuberculeux. Mais, malgré l'intérêt qui s'attache à ce résultat expérimental, rien ne permet d'assimiler le phénomène physique de l'infiltration par un liquide à l'envahissement tuberculeux. Le pus de l'abcès froid ne s'infiltre pas dans les lames du tissu conjonctif; mais la membrane tuberculogène qui limite la collection envahit de proche en proche les tissus les plus favorables à l'infection tuberculeuse. C'est elle qui règle la direction des trajets ; c'est elle aussi qui explique les faits assez nombreux qui échappent à la disposition commune, ceux dans lesquels les abcès, comme dit Bouvier, ont des aboutissants que l'anatomie ne prévoit pas.
Les ouvertures anormales deviennent ainsi faciles à interpréter : telles sont les ouvertures dans les bronches, dans restomac, dans rintestin, dans le vagin, dans la vessie. Les influences mécaniques doivent donc être reléguées au second plan ; elles ne font que modifier dans une certaine mesure Tactivité de développement des tubercules dans telle ou telle direction. En un mot, ce n'est pas le pus qui fuse comme un liquide qui s'infiltre, c'est la tuberculose qui progresse par ensemencement de proche en proche.