‹ Tuberculose vertebraleChapitre 32 sur 76 · OUivier (d'Angers), loco cit,, obs. LU, p · texte numérisé non relu

OUivier (d'Angers), loco cit,, obs. LU, p

lie ANATOMIE PATHOLOGIQUE

« était diminué de moitié, et cette sorte d'atropine semblait due à la compression que les membranes épaissies avaient opérée sur sa substance i>. Le rétrécissement de la moelle est, en effet, dû à la compression produite par les foogosités et surtout par la pachyméningile ; nous avons vu que le canal osseux conservait toujours un diamètre de beaucoup supérieur à celui de la moelle. Dans une autopsie, nous avons rencontré cependant un séquestre dévié du côté du canal rachidien, marquant son

empreinte à la surface de la moelle et creusant, pour ainsi dire, un nid dans son épaisseur.

Fréquemment la moelle est repousséc d'avant on arrière et aplatie; il est rare, en cfîel.quc les lésions extérieures l'entourent de tous côtés. Parfois cependant cette disposition se produit, et alors le volume de l'organe peut se trouver tellement diminué qu'il y a là un véritable étranglement.

Avant même que ces déformations graves soient manifestes, et alors qu'on n'aperçoit aucune altération extérieure, l'bîstologic peut montrer déjà des altérations de structure. Le ré-

ticulum fibrillaire intorstilie! s'épaissîl (Michaud). On y voit apparaître des noyaux, dos corps granuleux; les tubes sont isolés les uns des autres par l'épaississcmenl de la névroglie. Cette sclérose peut se montrer ou très légbrc dans les cas récents et bénins, ou très abondante dans les paraplégies anciennes. Elle est réparlie uniformément sur toute l'épaisseur de la moelle, ou elle présente un degré prédominant en avout

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ou en arrière. Dans une observation de Vulpian, ciléc par Michaud, où le mal de Potl était surtout caractérisé par des accidents névralgiques, par des douleurs fulgurantes h l'épigastre et aux reins, la sclérose occupait les faisceaux postérieurs, particulièrement le faisceau radiculaire interne, en dedans des racines postérieures des nerfs. La myélite semblait due, non à la compression directe, mais à une inflammation propagée suivant les racines .postérieures.

Dans les cas graves, que la moelle ait conservé à peu près son volume DU qu'elle soit réduite au tiers, au quart de ses

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proportions normales, on trouve la substance nerveuse contournée, irrégulière, tortueuse, sillonnée par d'épais faisceaux de sclérose. Les cellules nerveuses sont atrophiées. Les cornes antérieures sont interrompues, divisées. Cependant il y reste toujours quelques groupes de cellules (Michaud) qui ont gardé leur forme caractéristique.

2** Dégmératiom secondaires. — Les lésions profondes de la myélite transverse, diffuse, produisent une interruption à la fois anatomique et physiologique dans les éléments de la moelle, faisceaux blancs tubulaires et colonnes grises de cellules nerveuses, à la manière d'une section transversale de l'organe pratiquée dans un but expérimental. Aussi sont-elles suivies de dégénération fasciculée consécutive.

Pour faire comprendre aisément la répartition de ces dégénérations secondaires dans l'épaisseur de Taxe médullaire, il est utile de rappeler sommairement quelques notions anatomiques et physiologiques indispensables à connaître. La moelle est divisée en deux moitiés symétriques, par les sillons médians antérieur et postérieur ; ces deux moitiés sont unies par une épaisse commissure qui contient le canal de l'épendyme. Au centre de chacune de ces moitiés latérales sont les colonnes grises qu'une coupe transversale montre sous l'aspect de cornes, distinguées en corne antérieure et corne postérieure. Les éléments anatomiques essentiels de cette substance grise sont les cellules nerveuses à plusieurs prolongements, cellules plus volumineuses dans la corne antérieure que dans la postérieure. La substance grise de la moelle ne subit pas de dégénération secondaire après les sections de l'organe.

La substance blanche qui entoure de tous côtés la substance grise a été divisée par les anatomistes : en cordon antérieur, placé entre le sillon médian antérieur et l'émergence des racines antérieures des nerfs rachidiens; en cordon postérieur, placé entre le sillon médian postérieur et l'émergence des racines pos-

lérieures; en cordon latéral, intermédiairo aux racines antérieures et aux postérieures. Mais cette division anatomique, commode dans le langage, est artificielle, ainsi qu'on va le voir ; elle ne répond que très incomplètement aux résultats fournis par Tanatomie ' pathologique et la physiologie expérimentale.

Dans le cordon antérieur, en effet, on doit distinguer deux parties : une partie interne ou cordon de Tiirck et une partie externe. Le cordon de Tiirck se compose de fibres conductrices qui en haut se rendent dans la pyramide antérieure du même côté, sans décussation par conséquent; inférieurement ces fibres s'épuisent successivement de haut en bas dans les cellules des cornes antérieures du même côté. La physiologie montre que ce cordon a son centre Irophique dans l'encéphale. Aussi, lorsqu'on en fait la section ou lorsqu'il est interrompu par une altération pathologique, observe-t-on la dégénération de ses fibres au-dessous de la lésion. La partie externe du cordon antérieur de la moelle est formée de fibres qui vont d'un point & un autre de la substance grise médullaire. Cette portion n'est pas le siège de dégénération secondaire.

Les cordons latéraux comprennent trois parties distinctes : 1® une partie antérieure qui joue, en arrière des cornes antérieures, le même rôle que la partie externe du cordon antérieur joue en avant; ce sont des fibres commissurales verticales; 2* une partie postérieure et interne, faisceau pyramidal croisé qui se continue en haut avec une portion de la pyramide du côté opposé ; ses fibres sont motrices, elles ont leur centre trophique dans l'encéphale et subissent par suite la dégénération descendante ; 3^ une partie postérieure et externe, bandelette mince et superficielle, cordon cérébelleux direct de Fleschig ; ses fibres sont centripètes et semblent se continuer en haut avec le corps restiforme du même côté. Leur centre trophique est dans la substance grise médullaire ; elles dégénèrent de bas en haut.

Dans les cordons postérieurs, on distingue : V une partie

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inlerno, cordon do Goll, qui so conlimic en haut avec les pjTaaâdes postérieures, et se lermlne dans la substance grise da bulbe : \os libres en sont ooutripètes, ayant leur centre trophique dans la colonne grise postérieure; après une section, elles dégénèrent de bas en haut, c'est-à-dire au-dessus de la section; 2° une partie externe, faisceau radiculairc postérieur, cordon de Burdacli, formé de libres commissurales réunissant entre eux les différenls étages de la colonne grise postérieure. Les rapports de ces fibres avec la corne postérieure indiquent qu'elles sont centripètes; elles ont leur centre trophique dans les cellules dos cornes postérieures ; elles ne subissent pas dé dégénératiun secondaire, ou bien elles la subissent dans une direction ascendante sur une faible étendue.

En résumé, deux faisceaux dégénèrent do baut en bas après section : le cordon de Tiirck ou cordon pyramidal direct (partie inlerno du cordon antérieur), et le cordon pyramidal croisé (partie postérieure et interne du cordon latéral). Deux faisceaux dôgénèrenl de bas en haut ; le cordon de Goll ou cordon cérébelleux direct (partie interne du cordon postérieur), el le cordon de Fleschig (bandelolle superficielle du cordon latéral) ; un faisceau ne dégénère que sur une petite étendue de bas en haut, c'est lo faisceau radiculairp postérieur (partie externe du cordon postérieur) ; deux faisceaux no dégénèrent que sur une faible étendue de liaul en bas, ce sont la partie externe du cordon antérieur et la partie antérieure du cordon latéral. Il est à remarquer que les fibres des faisceaux qui dégénèrent sont très longues ; elles ont leur centre Iropliique, soit dans l'encéphale (fibres motrices ou centrifuges ; la dégénératîon est descendante), soit dans les cellules de la substance grise de la moelle (fibres sensilives ou centripètes : la dégénération est ascendante). De plus, ces fibres n'ont qu'une de leurs extrémités en rapport avec les cellules do la moelle, d'où le nom de fibres extrinsèques que leur donnent quelques auteurs (Beaunis). Au contraire, les fibres qui ne dôgéncrent pas sont courtes, ont leurs

deux extrémités dans la moelle, et jouent le rôle de commissure entre les cellules de la substance grise (fibres intrinsèques).

Ces divisions aujourd'hui classiques des faisceaux blancs de la moelle ont été établies principalement d'après les résultats de Tanatomie pathologique. C'est à J. Cruveillier * que revient le mérite d'avoir signalé le premier la dégénération descendante ; il l'avait décrite à la suite de lésions du cerveau, dans les pédoncules, dans la protubérance et jusque dans les pyramides antérieures ; il avait soupçonné sa continuation dans la moelle. Tiirck* Ta démontrée par Tétude histologique des coupes de la moelle, soit dans les cas de lésions cérébrales, soit dans les cas de lésions médullaires. Puis sont venus les travaux de Leyden, de Charcot, de Vulpian, et surtout l'important mémoire de Bouchard ^ qui a joint à l'exposition complète et précise de ces lésions anatomiques une étude, qui faisait jusquelà complètement défaut, des symptômes correspondants.

Ces notions préliminaires établies, supposons, à l'exemple de Charcot \ qu'il s'agisse d'une myélite transverse de la région dorsale supérieure, ayant détruit entièrement la continuité de la moelle; il se produira consécutivement des lésions dégénératives ascendantes et descendantes. Immédiatement au-dessous du foyer, et sur une étendue de quelques centimètres, les faisceaux antérieur et latéral sont complètement sclérosés; le faisceau postérieur seul reste intact. Un peu plus bas, la dégénération ne tarde pas à se limiter aux deux faisceaux centrifuges, faisceau de Tûrck en avant près du sillon antérieur, faisceau postéro-interne du cordon . latéral ou pyramidal croisé. Mais, en général, le cordon du Tiirck disparaît rapidement, et la lésion systématique descendante est uniquement localisée dans

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