Bouchard, Arch, gën, de méd„ 6o série, 1866, t. I et H
4. Charcot, Anat, pathoL du syst, nerveux, Vil» leçon : Progr, méd,, 1879, p. 823*
le faisceau latéral (pyramidal croisé). Les racines antérieures, la colonne grise antérieure et les faisceaux blancs qui rentourent immédiatement en avant et en arrière restent indemnes.
Au-dessus du foyer, et sur une longueur de 2 ou 3 centimètres au plus, le faisceau postérieur est sclérosé dans toute son épaisseur, tandis que le faisceau antérieur est intact et que le faisceau latéral n'est atteint que superficiellement. Plus haut la lésion se limite bientôt aux deux points déjà indiqués, faisceau de GoU et faisceau de Fleschig. L'altération du faisceau de GoU peut se continuer en haut jusqu'aux pyramides postérieures, et même jusqu'au plancher du quatrième ventricule, tandis que la bandelette scléreuse que recouvre le faisceau latéral en avant du sillon d'émergence des racines postérieures et qui représente le faisceau de Fleschig, ne remonte pas à plus de 7 ou 8 centimètres au-dessus du foyer, ce qui semble indiquer que les fibres de ce faisceau ne dépassent pas cette longueur. Elles naîtraient des cornes postérieures pour y retourner à une distance de 7 ou 8 centimètres plus haut. Ce seraient de longues fibres commissurales dépendant des cornes postérieures.
Une remarque importante de Charcot est celle-ci : les lésions dégénératives ne se produisent qu'en cas de lésion destructive du foyer portant sur les faisceaux blancs. Les lésions de la substance grise des cornes antérieure ou postérieure n'ont pas une semblable conséquence, à moins d'envahissement des faisceaux blancs voisins. Enfin, un foyer de destruction unilatéral entraine la dégénération ascendante des deux faisceaux de GoU (décussation) et une dégénération descendante en général du côté correspondant, exceptionnellement des deux côtés (décussation à travers la commissure : cas de W. Miiller, Hallopeau, Charcot).
Mais ces faits exceptionnels de lésion destructive localisée à un point limité de la moelle ne s'observent guère dans le mal de Pott. C'est donc théoriquement en quelque sorte, ou plutôt
à cause do leur analogie avec ce qui se passe dans des foyers limités d'uno aulre origine, que nous en faisons mention ici. Nous verrons d'ailleurs qu'à défaut d'examens anatomiques, certaines observations cliniques montrent qu'une compression unilatérale est possible dans le mal de Poil.
Sans insister sur l'interprétation de ces altérations systématiques, rappelons seulement que la théorie de Tiirck, qui invo-
quait comme cause de ces dégénérations l'influence de l'inertie fonctionnelle, n'est pas satisfaisante : car on ne voit rien de pareil comme conséquence de l'inactivité d'un membre ; la théorie de Bouchard s'adapte beaucoup mieux, au contraire, aux faits observés. Cet auteur compare ce qu'on observe dans la moelle à ce qui est connu pour les nerfs depuis les expériences de Waller, II existe pour les troncs nerveux des centres Irophiques, dont ils ne peuvent être séparés sans dégénération : les fibres delà moelle, comme celles des nerfs, auraient leurs centres
Irophiques ; celui des fibres centrifuges serait en haut dans l'encéphale ; celui des fibres centripètes, dans les cellules de la moelle, €t peut-être aussi dans les ganglions des racines postérieures.
La dégénératîon secondaire n'est pas toujours aussi bien systématisée ; elle échappe quelquefois aux lois précédentes de Tiirck. Michaud décrit des traclus de sclérose ajranl une marche indépendante, propagée le long des faisceaux nerveux en dehors de toute influence trophique, par exemple, la sclérose ascendante des cordons latéraux*.
Un point important à déterminer serait Tépoque à laquelle apparaissent les dégénérations secondaires après le début de la myélite transverse. Il existe probablement à cet égard de grandes variétés dont il serait difficile de donner aujourd'hui l'interprétation. Les symptômes de la sclérose descendante apparaissent plus ou moins longtemps après la paralysie, sans que l'on connaisse bien la cause de ces variations. Certaines observations tout au moins ont établi que la dégénération secondaire pouvait être très rapide. C'est ainsi que Bouchard rapporte l'observation d'une petite fille de treize ans, affectée de mal de Pott dorsal inférieur, qui succomba six semaines après le début des accidents paralytiques. A l'autopsie, on trouva que la compression de la moelle était produite par un abcès intra-rachidien, et qu'au-dessous de la région comprimée il existait des corps granuleux disséminés dans les cordons latéraux, surtout à leur partie postérieure, qui en bas était seule altérée. Charcot a même trouvé une lésion semblable dans un cas où la paraplégie n'avait été complète que trois jours avant la mort. Cette rapidité dans l'apparition de la dégénération secondaire n'a rien qui puisse étonner, lorsque Ton se souvient qu'après la section des nerfs la même dégénération survient au bout de quatre jours chez le chien, de deux jours chez le lapin, de trente à quarante jours chez la grenouille.