‹ Tuberculose vertebraleChapitre 34 sur 76 · Michaud, loco cii,, obs. XI, et pi. HI, fig · texte numérisé non relu

Michaud, loco cii,, obs. XI, et pi. HI, fig

S"* Régéjiération des éléments de la moelle, — Certes, les observations de sujets revenus à une guérison complète après avoir été paralysés plus ou moins longtemps, durant des mois et même des années, ne manquent pas. Néanmoins on a eu rarement l'occasion d'étudier l'état de la moelle à la période de réparation , c'est-à-dire pendant et après le rétablissement des fonctions.

Les physiologistes ne sont nullement d'accord en ce qui concerne la régénération du tissu nerveux et la restauration fonctionnelle de la moelle après une section expérimentale ou une perte de substance de cet organe. Si, en effet, Flourens avait déjà constaté la cicatrisation de la substance nerveuse; si Brown-Séquard, un peu plus tard, avait cru voir les fonctions se rétablir sur les pigeons après une section complète de la moelle, sur les lapins et les cochons d'Inde après une section incomplète ; si Robin a constaté histologiquenient la cicatrisation de la moelle après section, par une régénération des fibres et des <^ellules nouvelles, chez les pigeons et chez les cochons d'Inde; si enfin Masius et Vanlair ont prétendu avoir démontré que les pertes de substance même de la moelle peuvent guérir chez la grenouille par régénération du tissu enlevé et avec rétablissement partiel des fonctions motrices et sensitîves, d'un autre côté, Vulpian oppose à toutes ces assertions un certain degré de scepticisme. Il n'a pas vu, dans ses expériences sur le cochon d'Inde, les pertes de substance de la moelle se régénérer; il n'a jamais observé non plus le retour des mouvements ou de la sensibilité, après une section complète de la moelle, ni chez la grenouille, ni chez les pigeons, ni chez le cochon d'Inde; il craint que les physiologistes n'aient pris pour des mouvements volontaires ce qui n'était que des mouvements réflexes. « Je ne nie pas, dit-il, la possibilité de la cicatrisation nerveuse de la moelle et de la réapparition du mouvement volontaire et de la sensibilité dans les membres postérieurs après une section transversale complète ou même après l'excision d'un court

segment <ie cet organe; mais je crois que le fait dont il s'agit n'a pas éti^ mis hors de toute contestation par les espérîeoces des physiologistes précités. »

Il est donc permis de penser avec Vuipian qu'en physiologie expérimentale, la réparation de la moelle n'a lieu que tris exceptionnellement et dans certaines conditions parlicnlïères. D'autre pari, il n'a pas été publié, croyons-nous, d'observation probante de restauration fonctionnelle après une niplure traumali(]ue complète de la moelle. On peut induire de là que si dans le mal do Polt le mouvement et la sensibilité reviennent à leur état normal après avoir été complètement abolis, il est probable qu'il n'y a pas eu destruction de la moelle au seM anatomiquc; l'interruption fonctionnelle peut, eu effet, provenir d'une compression, d'une altération médullaire temporaire, d'un changement dans les rapports des éléments anatomiques de la moelle. On comprend, par exemple, que la déviation de l'axe des colonnes de substance grise et de substance blanche et que l'aplatissement des cornes modifient quelquefois suffisamment les rapports des parties pour que la fonction soit diminuée et même abolie. D'après cela, il est difficile de déterminer acluollemont le degré et la forme des altérations médullaires permettant ou non la restauration fonctionnelle de l'organe. Heureusement la clinique nous montre que la paraplégie complète (mouvement et sensibilité), accompagnée même de contracture, peut parfaitement guérir.

Quant h connaître quel a été l'état de la moelle dans ces cas heureux, un bien petit nombre d'autopsies de mai de Polt, faites à la suite de morts accidentelles, permettent d'aborder celte question, qui est encore loin d'être résolue. Bouchard' croit à la régénération possible des tubes nerveux dans la moelle atteinte d'inflammation transversale diffuse, mais il se fonde uniquement sur le rétablissement intégral des fonctions médul-

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