Michaud, thèse citée
vrir une assez grande quanlilé de lubes nerveux munis de leur cylindre d'axe et de leur enveloppe de myéline, et, par conséquent, très régulièrempnt cl très normalement constitaés. C'est par l'intermédiaire do ces tubes nerveux que s'cfTecloût pendant la vio la transmission normale des ordres de la vftlonté et des impressions sensitives'. »
Celte conclusion de Cbarcot paraît, en effet, extrêmement vraisemblable ; mais elle ne résout pas le problème, et de nouveaux faits coufirmalifs sont nécessaires pour qu'un jugement définitif soit porté sur ce point d'anatomie patbologique. IlyauruI lieu d'observer les degrés divers de réparation qui suivent les lésions plus ou moins profondes de la moelle, dans les cas où l'abolition fonctionnelle est la conséquence directe de la destruction des éléments nerveux. On ne saurait parler de régénération sans élve assuré que les éléments considérés comme régénérés ne sont pas uniquement des éléments normaux qui n'ont pas été atteints ; or le cas de Cbarcol et les faits analogues ne sont pas entièrement décisifs.
ALTÉRATIONS DES SKIIFS TROUBLtS TBOPHIOUES
Les nerfs rachidicns et leurs racines peuvent être altérés dans le mal de Potl sur tous les poiuls de leur trajet .depuis leur origine médullaire jusqu'à une certaine distance du racLis. Dans la cavité arachnoïdienne, les racines peuvent participer aux altéralions des méninges et de la moelle. Au niveau de l'orifice de la dure-mère, dans les trous de conjugaison et en dehors du racliis, les nerfs se trouvent fréquemment en contact avec les fongosités, avec la paroi des abci;s froids. Parfois ils sont comme disséqués, et baignent dans la cavité d'un abcès. Dans le mal lombaire, les abcès froids qui suivent la gaine du psoas sont en rapport avec les dilTcrenles branches du plexus lom-
I. CluirfOt, l.pf. sur ks maladies du syslème tiervinx, recueillies par flountfvi"<-, \ma, 'i' Miiiou, t. II, p. 93, observatiou en note.
baire, avec le nerf crural; dans le bassin, les origines et le tronc du scïatique tracent, pour ainsi dire, la voie suivie le plus communément par l'abcès. Les mêmes rapports existent encore pour les plexus cervical et brachial, pour les autres nerfs de la région : grand sympathique, pneumo-gas trique, récurrent, etc. Ces rapports nombreux et complexes font déjà prévoir qu'un certain nombre de symptômes, et spécialement des névralgies trouvent leur explication dans les altérations
Pia. St. — Coupe du nerC crural ^jauchc. Co ne F (ta 1 gq coatict &(ec l> p&roi d'un •bc^■ lubereuleui. — a, Ûisu cooj an clir péri-fa se iculd el g epaisa et coDleaul de aombreux éléroenlB embryonnslrea ; i, falicesu ncrTeui présenloxil une dlmlnuKon des lubei fc myéline; c, TaliBeau. —Un toit en oulre de* ruiaceaui nerTeux dsni leaqaele le tlisn conjoncllf Inlrs-faielculalre (orme dei tiaiéea plua épaisaea qu'i l'élal aorm*] (Vi^ oba. XXIV, p. 380).
des troncs nerveux eu contact avec les divers foyers tuberculeux.
L'étude de la gibbosité nous a montré que les trous de conjugaison restent libres, quels que soient le degré et la variété de la déformation ; le canal rachidien conserve des dimensions suffisantes, et les trous de conjugaison ne sont le plus souvent pas rétrécis ou le sont à peine ; alors même que leur diamètre est réduit à deux ou trois millimètres, les nerfs y trouvent encore une voie suffisamment large. Si donc les nerfs subissent
une compression en quelque poïnl, ce n'est pas de la part du squelette.
Les masses fongueuses, au contraire, ou la paroi des sbcèi froids, peuvent repousser les nerfs, les comprimer el surtout les altérer dans leur structure. La névrite interstitielle qui s'observe communément, est moins le fait de la compression que de l'envahissement inflammatoire. Il est rare qu'un nerf impor^ tant ou m(jme qu'un filet nerveux soit détruit et interrompu au milieu des fongosilés ou des abcès. Le tissu des nerfs, comme les parois des arti;res, résiste à l'infiltration tuberculeuse. Ad contraire, l'irritation provoquée par ces tissus anormaux amène une înHammalion du tissu interstitiel du nerf; les cloisons qui séparent les faisceaux des tubes nerveux se vascularisent, s'enflamment, deviennent le siège d'une prolifération embryonnaire ; on y trouve des noyaux et dos cellules conjonctives jeunes; plus tard elles se sclérosent. C'est une des variétés les plus fréquentes et les plus nettes de névrite interstitielle. {V. fig. 22, p. 131.) A cette altération peut se joindre la névrite parenchytnaleuse; celle-ci apparaît lorsque l'inflammation a passé du tissu conjonctif péri-fasciculaire h travers les lames de la gaine lamelleuse, jusque dans le lissu conjonctif intra-fasciculaire. Les tubes dégénèrent, la myéline se fragmente ; on trouve à sa place des granulations graisseuses. Il n'est pas rare que les troncs nerveux soient atrophiés, réduitsà de simples filets à peine distincts au milieu des fongosités (Bouvier), difficiles à isoler en raison de leur peu de consistance. Michaud compare les lésions des racines b. celles qui s'observent dans l'ataxie; mais dans le mal de Potl les racines antérieures sont atteintes comme les postérieures.
Dans certains cas où l'on avait observé du zona pendant la vie, on a trouvé (Midiaud', AVagner'} les ganglions spinaux entourés de pus caséeux, hypertrophiés, dégénérés : les cel-