DIVISION DU SUJET
La marche suivie dans ces leçons est la suivante. En premier lieu, j'envisagerai le mal de Pott proprement dit ou mal vertébi^al antérieur, c'est-à-dire la tuberculose des corps vertébraux. Le mal vertébral postérieur ou tuberculose de Tare postérieur des vertèbres sera décrit en second lieu. Viendront ensuite deux chapitres distincts pour les localisations tuberculeuses siégeant aux deux extrémités du rachis, le mal sousoccipital d'une part, et d'autre part la tuberculose sacrée, comprenant \dL sacro-iliaque et la sacro-coccf/gietine.
TirBEUCULOSE DES CORI'S VERTKDUArX
Aiipcct fjméval du corjys. Foyers iniiltiplrn de tuberculose. Plan fjénéval de F étude analomo -pathdloyique du foyer vertébral.
Lorsque le mal <le Polt ontraîiio la mort, ce n'est qu'à la suite (l'une longue série craccidents pathologiques, qui sont liés directement à la lésion vertébrale et à la suppuration interminable (les trajets fistuleux ou aux altérations médullaires. D'autres f<»is il se produit, à une période (pielconque du mal vertébral, une nouvelle explosion de tid)ercules sur un autre point de l'organisme, dans les poumons, l'intestin, le péritoine, les organes génito-uriiiaires, les méninges, etc., etc. Ces foyers infectieux secondaires occupent souvent alors le premier rang parleur gravité : ce sont eux qui menacent le plus directement la vie. Quoi qu'il en soit, le malade succombe en général dans un état de cachexie profon(h» dont l'empreinte se retrouve à Tautopsîe. Le corps est émacié ; le syslîime musculaire , réduit à des couches minces, laisse voir toutes les saillies du squelette. Cet amaigrissement est souvent voilé sur les membres inférieurs par un (rdème blanc ou marbré qui remonte plus ou moins haut, quelquefois jusqu'à la partie inférieure du tronc. La peau est sèche, légtMvment s(iuameuse, présentant dans certaines régions des poils longs et rares. Ce tableau d'ailleurs n'est nullement propre au mal de Pott; il est pareil dans la tuberculose chronique, quel que soit Torgane atteint.
Souvent on aperçoit au pli de l'aine, à la face interne ou
postérieure de la cuisse, dans la fosse iliaque externe, un ou plusieurs orifices fisluleux. A la surface de la gibbosilé, il y a fréquemment une ulcération plus ou moins large Ç)u des cicatrices anciennes.
Neuf fois sur dix, pour le moins, un cerlain nombre do viscères présentent des tubercules en plus ou moins grande abondance et à diverses périodes de leur évolution. Il est de règle qu'on en trouve dans les poumons: souvent on en rencontre aussi sur les plèvres, sur la muqueuse intestinale, sur le péritoine, sur les méninges. D'autres fois ce sont des lésions tuberculeuses extérieures, en voie de développement ou de guérison : tuberculomes sous-cutanés, ostéites et ostéo-arthrites tuberculeuses. Toutes ces altérations, chronologiquement liées au mal de Pott, soit qu'elles l'aient précédé, soit qu'elles l'aient suivi, forment un ensemble dans lequel on ne peut méconnaître le processus de l'auto-infection tuberculeuse. Mais il suffit d'avoir signalé l'importance qui doit leur èlre attribuée, pour n'avoir plus qu'à se consacrer exclusivement h l'étude des altérations du rachis.
Cette étude comprend l'examen des points suivants :
1° Lésions et déformations du rachis ; leur influence physiologique et mécanique sur certaines autres parties du squelette, particulièrement sur la cage thoracique et sur lebassin ;
2° Altérations des parties mollesplacées dans l'angle rentrant, c'est-à-dire au-devant de la colonne vertébrale : abcès tuberculeux, altérations des ganglions lymphatiques et des vaisseaux artériels et veineux, semis de granulations tuberculeuses à distance ;
3** Lésions des organes contenus dans le canal rachidion : méninges, moelle, racines des nerfs; enfin, troncs nerveux en dehors du rachis.