TECHNIQUE ET MÉTHODE
légèrement l'expérience précédente : si ce subslratum est du pain par exemple, et après qu'il aura été suffisamment humecté, on pourra l'enrober avec du coUodion, tandis que l'atmosphère se desséchera au moyen du chlorure de calcium, les spores pourront germer et leur mycélium pénétrer dans le substratum, qui y trouvera de l'eau en quantité abondante, tandis que son appareil sporifère aérien se trouvera dans un milieu beaucoup plus sec.
4° Atmosphère confinée. On l'obtient en lutant avec de la paraffine, ou avec différentes cires, les couvercles des boîtes, on en versant ces substances sur les tampons d'ouate qui bouchent les divers récipients.
5° Cultures à l'abri de l'air. Elles peuvent s'effectuer en recouvrant le substratum, après qu'il a été ensemencé, d'une couche suffisamment épaisse d'une substance liquide, dont on aura préalablement vérifié l'inaction vis-à-vis du corps étudié. Nous nous sommes servi dans ce but de l'huile d'olive, pour étudier le développement àWspergillus variahilis et de Miicor spinosus à l'abri de l'air.
De l'iuiporiaiice <le la pression osniotiquc.
Nous verrons par la suite combien grande est l'influence de la concentration des solutions sur la germination et le développement des champignons. Cette influence a déjà été bien mise en évidence par les expériences d'Eschenhagen, Klebs, Hunger, etc.
L'action d'une solution nutritive est fonction :
1° De la valeur nutritive de ses composants, autrement dit de leur qualité ;
2*» De leur quantité, qui est favorable jusqu'à une certaine limite ;
3" De leur pression osmo tique. L'action en est faible jusqu'à une certaine limite, au delà de laquelle elle produit un effet
Umv, de Lyo>. — Beauvekie. -^
yo PREMIERE PARTIE
nuisible qui vient annihiler refFei utile du facteur précédent.
Il convient de rappeler succinctement à ce sujet les lois physiques de l'osmose , et de rechercher dans quelle mesure elles peuvent s'appliquer à l'élude des phénomènes biologiques.
Le suc cellulaire est une dissolution complexe; il est séparé du milieu : i" par des membranes de cellulose perméables à l'eau et aux corps dissous, 2" par une couche protoplasmique externe « suffisamment imperméable aux substances dissoutes» (de Vries) pour qu'on puisse la considérer comme hémiperméable, c'esL-à-dire ne laissant passer que l'eau et point les corps en dissolution.
Les lois physiques des échanges osmotiques des dissolutions à travers des membranes hémiperméables sont donc applicables au système d'une cellule j)longée dans une dissolution. En vertu de ces lois, si une cellule est plongée dans l'eau pure, le liquide pénètre dans son intérieur, comme pour étendre la dissolution qui constitue le suc cellulaire. Si l'on dissout un corps dans l'eau, soilNaCl, tant que la solution sera faiblement concentrée, le suc protoplasmique retiendra de son eau, il y a turgescence de la cellule, la solution saline est hypolonique par rapport à celle que constitue le suc cellulaire. Si l'on augmente la concentration de la solution saline, il arrivera un instant où sa pression osmotique égalera celle du suc cellulaire, il y aura alors équilibre ou isolonie (de Vries). Si la concentration de NaCl croît toujours, devenant hypertonique par rapport au suc de la cellule, ce sera cette fois la dissolution du sel qui attirera l'eau de la cellule, le protoplasma se rétractera, quittera l'enveloppe cellulosique, sera pLismofijsé, liuis iué. En notant d'une façon précise pour quelles concentrations des divers corps débute la plasmolyse, de Vries a pu noter pour (piclles concentrations ces corps produisent le même ell'et osmotique, autrement dit sont isotoniques. Les nombres ainsi (obtenus lui ont montré que l'isotonie est proportionnelle au poids moléculaire des substances dissoutes, d'où l'on conclut (|ue la pression osmotique est proportionnelle aux poids moléculaires (\'an tlloll' et Pfelfer).
TECHNIQUE ET MÉTHODE Jl
On peut donc dire que la force osmotique d'un corps en dissolution dépend de la grosseur de sa molécule Mais celte loi n'est pas toujours vérifiée par l'expérience. Celle-ci a amené de Vries à constater que, pour certains corps, le poids moléculaire doit être multiplié par un coefFicienl qui est le même pour des groupes de corps bien déterminés, ces coefficients isotoniques sont en rapport simple. On explique ces différences en disant que, dans une dissolution, les corps ne se dissocient pas toujours exactement en molécules chimiques, mais que celles-ci peuvent subir des sorts divers, ou se condensant (Pfeffer, Raoult, Ramsay), ou se séparant en leurs électroljtes ions : anions et cathions (S, Arrhenius, Journ. de P/u/siq., «.888, p. 178).
Il est évident que la question de la pression osmotique a une importance capitale au point de vue de Tétude de l'action du milieu sur les êtres vivants inférieurs, qui étant paucicellulaires, sont très directement soumis à l'influence de la concentration lorsqu'ils se trouvent au contact de dissolutions. Malheureusement, ces théories qui ont conduit à de si beaux résultats en physique proprement dite, sont loin de s'appliquer toujours avec rigueur aux êtres vivants, et malgré les résultats intéressants de de Yries, Pfeffer, etc., il faut constater de nombreuses contradictions à ces lois'. Les olDJections suivantes se posent, en effet :
i^ L'hémiperméabililé de la cellule n'est pas rigoureuse, elle ne saurait l'être, pour permettre les échanges avec le milieu, aliments et déchets ;
2." L'action des corps dissous sur une même cellule est dilférenle, suivant que celle-ci a subi une adaptation plus ou moins ijrande à certaines substances ou à certaines concentrations:
3" L'isotonie n'est certainement pas la seule condition néces-
' Noire ami, M. le D'" Chanoz (18991, a mis au poinl, d'une façon 1res nette, la question delà pression osmotique et de ses applications biolo^ giques.