‹ Tumeurs enkystées des boursesChapitre 3 sur 6 · DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC

On peut confondre celte lésion avec deux autres maladies : l’hydrocèle et le sarcocèle; voyons par quels signes ou pourra les distinguer.

L’hydrocèle a de la transparence, et les tumeurs enkystées n’en présentent jamais; cependant au début de l’affection, alors que l’épaississement est peu considérable, on peut avoir un peu de transparence, mais cela est rare; car, outre l’épaisseur des parois, il y a encore la couleur du liquide qui serait un nouvel obstacle. Dans l’hydrocèle, la fluctuation est toujours évidente; dans le kyste, elle ne peut l’être qu’au commencement de la maladie. Enfin l’hydrocèle est plus légère. Avouons cependant que, si nous avons un épaississement au premier degré, il sera excessivement difficile de le distinguer de l’hydrocèle; le seul signe indiqué par les auteurs ne serait sensible qu’après une ponction exploratrice; ce signe est le suivant: Après la ponction dans l’hydrocèle, il est impossible de trouver rien d’anormal dans les enveloppes, tandisque, dans notre maladie, on peut sentir manifestement que les tuniques sont plus épaisses. ,

Le diagnostic pour le sarcocèle n’est nécessaire que lorsque la tumeur en est déjà à une certaine période, c’est-à-dire lorsqu’elle est déjà dure, pesante, et lorsqu’on a écarté sur-le-champ l’idée d’une hydrocèle. Mais le sarcocèle est beaucoup plus dur ; on n’a aucune espèce de sensation de liquide, tandis qu’il reste toujours une certaine fluctuation dans les tumeurs enkystées; en outre, leur poids est bien moins considérable. L’état général peut ici être d’une grande utilité, ainsi que les antécédents, car un sarcocèle atteindra rarement ce même volume, sans que d’autres signes généraux ne soient venus s’ajouter aux accidents locaux. Cependant il existe des cas où il est impossible de différencier ces deux maladies, et où le chirurgien se prépare à pratiquer la castration, alors il est bon, au moment d’opérer, d’essayer d’une ponction exploratrice qui éclairera le diagnostic* (Observation 5.)

Marche. — La marche de cette maladie est lente, uniforme,

nous l’avons déjà esquissée. Une tumeur se développe, elle grossit lentement, puis peut tantôt atteindre le volume des deux poings, ou s’arrêter à celui d’un œuf; tout cela ^dépend de la rapidité de l’épaississement. Quelquefois une contusion sur la tumeur déjà existante amènera une exacerbation, et cette dernière grossira plus rapidement. On peut expliquer cela par un épanchement sanguin, suite de la cause traumatique, qui vient s’ajouter au liquide qui y était déjà. Dès que Tépaississement arrive au troisième degré, la maladie reste stationnaire, et c’est surtout à cette époque qn’elle simulera unsarcocèle.

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