PS) PORTES
Nous ne voulons pas discuter ce diagnostic différenciel qui a déjà fait l'étude de nombreux travaux, notamment de plusieurs de nos maitres, MM. Bernheim et Simon (Revue Médicale de l'Est, 1886); Spillmann et Haushalter (Gazette hebdomadaire, 1891) et plus récemment d'un auteur italien Zagari (analysé dans les Archives de Bordeaux, mai 1897): Du diagnostic des tumeurs malignes primitives de la plèvre et du poumon (Naples, 1896).
Nous ferons remarquer que le diagnostic de tuberculose n'exclut pas celui de cancer. Dans une des observations (Friedlænder) il y avait à la fois carcinome et tuberculose. Wolf, sur 31 cas de cancers primitifs du poumon, trouva 13 fois la tuberculose.
En ce qui concerne le lymphosarcome, il est plus rare que le cancer. D’après Fuchs, il serait au cancer pulmonaire dans le rapport de 1 à 7. Ses principaux caractères sont les suivants:
prédilection dans la première moilié de la vie ct rarement primitif, pas de métastases, prend un développement rapide et intense, dans un seul poumon. La durée de l’évolution est d'environ 13 mois. Il a été longtemps confondu avec le cancer pulmonaire. C’est lui qui, d’après Harting et Hesse, cause chez les ouvriers des mines de cobalt arsenical de Schneeberg 75 pour 100 des décès.
La ponction exploratrice sert aussi souvent au diagnostic. On peut avoir diverses sensa-
tions, notamment celle d'entrer dans unc masse compacte. De plus, par une légère aspiration, l'aiguille retire quelques parcelles du tissu dans lequel elle a été plongée, et l'examen microscopique indique quel doit être le diagnostic. | |
La ponction évacuatrice permet de voir la nature du liquide renfermé dans la plèvre, les changements pouvant survenir dans les signes physiques constatés dans l'examen des appareils respiratoire et circulatoire (matité, mode de respiration, décompression du cœur et des vaisseaux, disparition des œdèmes, elc.) et en dernier lieu, la rapidité avec laquelle le liquide se reproduit.
Les rayons Rœntgen, il semble peut-être bizarre d'en parler à propos du cancer des bronches, peuvent aussi rendre des services dans le diagnostic, notamment sur le siège et le volume de la tumeur. L’infiltration cancéreuse donne à l'image des tissus une teinte plus sombre, facilement reconnaissable pour une personne un peu experte.Strauss, de Berlin, s’en servit pour porter le diagnostic de cancer du poumon (Mignon, Thèse de Paris, A898). Mais pour le néoplasme des grosses bronches, le diagnostic est plus délicat, vu la présence du sternum. ;
Rarement on a l’occasion de faire un diagnostic différenciel d'avec la syphilis pulmonaire
qui serait plus fréquente que le cancer, l’évo-
uen ares
lution de la syphilis de l'appareil respiratoire présente surtout des analogies avec celle de la tuberculose (Faget, Thèse de Paris, 1896) et de plus on trouve chez le malade, sans parler des antécédents, d’autres altérations spécifiques.
En résumé, le diagnostic de cancer bronchopulmonaire est basé sur un ensemble de symptomes : âge avancé du malade, débuts insidieux, sensation de faiblesse générale, de perte de forces, d’anéantissement, apyrexie, de symptômes variables du côté de l'appareil respiratoire, notamment des signes de pleurésie.
L'apparition de phénomènes de compression, vaisseaux sanguins ou nerfs, ou de foyers secondaires d'infection cancéreuse achèveront de préciser le diagnostic. On ne négligera pas non plus l’examen à l’aide des rayons X, ni celui des crachats ou des produits retirés après ponction.