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CHAPITRE IV

HYDROPISIE ET EMPYEME DE LA VESICULE

Occlusion du canal cystique. — Pathogénie : action directe ou secondaire des calculs; angiocholite adhésive, sténose cicatricielle; angiocholite catarrhale. Entozoaires ; néoplasmes. — Anatomie pathologique : hydropisie enkystée, empyème. — Symptômes.

Les accidents qu'il nous reste maintenant à passer en revue reconnaissent un mécanisme tout différent: ils sont dus à l’oblitération des conduits vecteurs de la bile. Le plus souvent, cette oblitération est produite par l’arrêt d'un calcul dans son expulsion à travers les voies naturelles. Mais des causes diverses peuvent aboutir au même résultat. Le siège de l’oblitération, a par luimême une très grande importance. Si le canal cystique est oblitéré, la vésicule seule sera séparée du reste du système biliaire. La bile continue à pénétrer dans l’intestin, et les accidents ont un caractère presqu’exclusivement local. Il n'en est pas de même quand l’occlusion du canal cholédoque est suivie de tous les phénomènes de la rétention biliaire. Nous ne parlerons pas ici de l’occlusion du conduit hépatique, qui s’accompagne des

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mêmes troubles généraux que celle du cholédoque, mais m’a pas de retentissement sur la vésicule.

Occlusion du canal cystique. — Les causes de Focclusion du canal cystique sont nombreuses. Dans )a presque totalité des cas, elles dépendent du passage des calculs ; mais Faction de ces derniers est immédiate ou indirecte. Le calcul même, trop volumineux pour continuer son chemin, s’arrête, s’enclave en un point du col de la vésicule ou du canal cystique. Le calcul est-il gros, arrondi, régulier, sa seule présence interrompt tout passage. Est-il plus petit, de forme irrégulière, l’obstruction, au début, ne sera pas complète : mais la présence du corps étranger déterminera une angiocholite, un gonflement inflammatoire de la muqueuse, qui aura pour double effet de compléter Focclusion et de parfaire l’enclavement. Le calcul parvient-il à être déplacé, expulsé, il laisse derrière lui une angiocholite adhésive, qui, par la réunion des parois opposées, fermera la lumière du conduit. Sans même quhl y ait adhésion, les ulcérations causées par le calcul forment des cicatrices rétractiles, dont le résultat sera identique.

Nous avons vu que la fermeture du canal cystique pouvait être due à un simple catarrhe consécutif à une cholécystite. C’est le cas le plus favorable. La cessation du catarrhe met fin à Focclusion. Mais parfois Finflammation est assez vive pour amener les mêmes conséquences que le passage des pierres, adhérences ou rétraction cicatricielle du conduit.

A côté des calculs, il importe de signaler les en tozoaires

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qui., en s’engageant dans le canal cystique peuvent aussi déterminer son occlusion. Coley (cité parHarley, p. 462), Meckel (cité par Sébastian), donnent des observations d’occlusion du canal cystique par des hydatides; Kir kland (Inquiry into med. surg., IR p. 186, cité par Rust), rapporte le cas d’un empyème de la vésicule dû à la présence dans ce conduit d’un lombric vivant.

Enfin des tumeurs limitées au canal cystique, cancer ou épithélioma, peuvent en déterminer l’occlusion (Murchison : obs. GLXXV). La compression par une tumeur voisine ou des résidus de périhépatite joue ici un rôle bien moins important que dans l’occlusion du cholédoque.

Anatomie pathologique. — Un fait domine toute l’histoire de l’occlusion du canal cystique ; la bile cesse d’arriver dans la vésicule (1). La vésicule peut alors s’atrophier. Mais, en général, la bile contenue dans la cavité est résorbée ; il reste des calculs plus ou moins nombreux, dont le contact avec la muqueuse devient directe. Celleci s’enflamme, et verse dans la cavité des produits de sécrétion catarrhale qui s’amassent peu à peu. La tumeur ainsi produite dépasse rarement les dimensions du poing ; elle peut atteindre un volume considérable, descendre

(1) Mossé (p. 62), parle de corps étrangers jouant dans le canal cystique le rôle de soupape, permettant l’entrée de la bile, en empêchant la sortie, et donnant naissance ainsi à une tumeur biliaire , sans aucune des complications habituelles à cette lésion. L’hypothèse est ingénieuse; mais le fait doit être rare. Je n’en ai relevé aucune observation. Kocher a signalé une disposition contraire, permettant à certains moments, l’évacuation partielle de la tumeur.

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