ANATOMIE PATHOLOGIQUE
jusqu’à Los iliaque, et même emplir tout l’abdomen, simulant une ascite. Dans un cas d’Erdmann (1) la ponction de la vésicule biliaire donna, en une seule fois, le chiffre de 60 à 80 livres de liquide (!).
Les parois distendues deviennent extrêmement minces, presque transparentes. La muqueuse perd ses caractères. Elle paraît lisse, luisante : au microscope, on la trouve recouverte d’une couche d’épithélium pavimenteux, et non plus cylindrique, comme à l’état normal. En fait, elle prend les caractères d’une membrane séreuse (V. Schueppel). Les glandules muqueuses, la tunique musculaire s’atrophient. La paroi quelquefois s’encroûte de cartilage ou de sels calcaires. Il est extrêmement rare de voir des adhérences s'établir entre le sac et les organes voisins. Au point de vue chirurgical, ce fait a une grande importance.
Le liquide contenu est de la sérosité incolore, fluide, quelquefois légèrement colorée en vert pâle, ou troublée par la présence de quelques flocons muqueux. Il ne contient pas d’albumine. On y trouve souvent des calculs nombreux, petits, à facettes.
Le contenu de la vésicule, dès le début, ou à une époque plus ou moins tardive peut devenir purulent* Les dimensions de la poche sont alors rarement considérables. Dans un cas de Rocher (2), son volume atteignait celui d’une tête d’adulte. Les adhérences aux organes voisins sont ici la règle. Les parois sont épaissies, et
(1) Erdmann, Virchow’s Arch., XLIII, p. 289.
(2) Rocher. Correspondenz blatt für Schw. Aerzle, 1878, VIII, p. 577, 583.
HYDROPISIE ET EMPYÈME
cependant paraissent moins résistantes. La surface interne est fréquemment exulcérée. Le pus contenu est pur, tantôt louable, tantôt fétide, ou coloré en vert par un mélange de bile. Les calculs qui peuvent exister dans la vésicule sont quelquefois libres, quelquefois fixés à la paroi par des adhérences, quelquefois enclavés dans des diverticules.
Les causes de la transformation purulente, sont le plus souvent inappréciables.
Symptômes. — L’hydropisie ou l’empyème enkystés de la vésicule donnent lieu à quelques signes objectifs communs. Sous le bord inférieur du foie, dans l’hypochondre droit, la palpation permet de reconnaître une tumeur circonscrite, régulière, arrondie, ou mieux pyriforme, élastique et tendue, mais n’offrant qu’une fluctuation incertaine. La vue seule permet quelquefois de reconnaître une déformation de l’hypochondre.
Le volume de la tumeur est variable. En général elle a les dimensions du poing. Elle est alors nettement située dans l’hypochondre droit ; son point culminant est exactement situé au-dessous de l'extrémité externe du dernier cartilage costal. Cette tumeur est mobile, elle suit le foie dans les mouvements respiratoires, la toux, l’éternuement, etc. On peut lui imprimer souvent de légers déplacements latéraux. A mesure que la tumeur s’accroît, elle envahit les régions épigastrique et ombilicale. En même temps elle descend, atteint la crête iliaque, derrière laquelle elle peut s’engager. Dans ce cas, on comprend que la mobilité soit beaucoup moins distincte.