TUMEUR BILIAIRE
cet organe de lutter quelque temps contre la dilatation. Il est peu problable que la pression de la bile soit suffisante pour venir à bout de cette résistance., encore augmentée par l1 hypertrophie compensatrice rapide de la couche contractile. Mais, quoique modérée, la distension agit sur la muqueuse, et détermine une cholécystite diffuse. Suivant la loi établie par Stokes, le plan musculaire sous-jacent à la muqueuse enflammée, se trouve paralysé. Rien ne s’oppose plus, dès lors, à la distension qui peut atteindre des dimensions considérables. Il est vrai qu’à ce moment, la sécrétion biliaire est à peu près arrêtée par la pression même à laquelle sont soumis les liquides contenus dans les voies biliaires. Aussi l’accroissement de la vésicule est-il d’ordinaire très lent.
Les parois de la vésicule distendue sont très amincies : la couche musculaire s’atrophie : la muqueuse est irrégulière, et présente de petits diverticules dus à la dilatation des glandules muqueuses.
Au début, le liquide contenu est de la bile pure. A mesure que la sécrétion biliaire se ralentit et s’arrête, à la bile viennent se mêler les produits catarrhaux de l'angiocholite et de la cholécystite. Au bout d’un certain temps, les éléments de la bile disparaissent et on ne trouve plus qu’un liquide muqueux, trouble, louche, faiblement coloré en vert pâle. Frerichs, dans un cas (p. 112), a fait l’examen chimique d’un liquide de ce genre. Il ne contenait aucun sel biliaire : sa réaction était légèrement alcaline : sa composition était : Eau 98,20, et parties solides 1,80, dont mucus 0,65, alcalis 0,07 et sels terreux 8,08.
OBSTRUCTION CHOLÉDOQUE
Inutile d’ajouter qu'on trouve presque toujours dans le liquide des calculs.
La quantité de liquide peut être considérable. Winiwarter a donné issue par une seule ponction à 6 litres, et Barlow après 8 jours d’occlusion, a trouvé 8 litres dans la vésicule. La rupture de la vésicule est possible mais rare. Le malade succombe le plus souvent aux accidents de la cholémie.
Il n’est pas nécessaire de décrire ici les lésions générales qui dépendent de la cholémie. Néanmoins nous croyons devoir rappeler que les reins sont rapidement atteints de néphrite diffuse (1), et que, malgré la suppression, même hâtive,, de l'obstacle, il n'en reste pas moins des lésions irréparables du côté de la sustance hépatique et des reins.
Séméiologie. — De tous les symptômes de l’occlusion du cholédoque, la tumeur biliaire est celui qui nous offre le plus grand intérêt. Néanmoins la connaissance des signes concomittants est indispensable au diagnostic, et nous devons en présenter tout au moins le tableau.
La cause de l’obstruction, par sa nature, influe sur le début. S’agit-il d’une affection étrangère, d’un cancer, d’une périhépatite, les signes propres de l’affection causale pourront masquer ceux de l’occlusion, ou tout au moins les dénaturer.
Si l’occlusion est due à l’enclavement d’un calcul, ou à une sténose inflammatoire ou cicatricielle, les signes
(1) Decaudin. Thèse de Paris 1877.