ICTÈRE
apparaissent avec leurs caractères particuliers beaucoup mieux marqués.
Le premier de ces symptômes est Y ictère , avec toutes ses conséquences. L’ictère s’établit plus ou moins vite suivant que l’occlusion est au début complète ou incomplète. Cet ictère est permanent, et ses variations sont peu importantes. Il s’accompagne comme toujours de démangeaisons intolérables, parfois de xanthelasma (Erasmus Wilson), de troubles digestifs, anorexie, état saburral, sensations gustatives anormales^ dyspepsie, flatulence, hoquet, état nauséeux, etc.(l). La décoloration complète des selles est le signe le plus probant de l’arrêt de l’excrétion biliaire. Cette décoloration peut être masquée par du melæna. On sait combien les troubles hépatiques prédisposent aux hémorrhagies (Verneuil). L’occlusion concomittante des canaux pancréatiques donne aux selles un caractère graisseux tout particulier.
Les urines sont chargées, colorées., les reins devant suppléer le foie : les réactions de Gmelin et de Pettenkoffer y décèlent la présence des pigments et des acides biliaires.
Le ralentissement du pouls, les souffles cardiaques, décrits par mon excellent maître le professeur Potain, et par Gangolphe (2), témoignent de troubles circulatoires, que viennent confirmer la tendance aux hémorrhagies (pétéchies,, épistaxis, melæna, etc.).
(1) Voir pour toutes les complications de l’ictère chronique, l’excellent travail de Strauss. Des ictères chroniques. Paris, 1878.
(2) Gangolphe. Du souffle mitral dans V ictère. Th. Paris, 1875.
OBSTRUCTION CHOLÉDOQUE
Du côté du système nerveux, signalons la céphalée, l’humeur irritable, la faiblesse croissante des patients. La xanthopsie est rare et fugace.
Il faut accorder une mention spéciale aux troubles de l’appareil respiratoire, et surtout à la congestion pleuropulmonaire que Gueneau de Mussy (1), Fabre de Marseille (2) et Habershon (3) ont signalés ici comme dans tous les cas d’irritation de l’appareil hépatique.
L’amaigrissement, la dépérition rapide des malades sont très considérables, et peuvent aboutir à un véritable marasme.
Enfin, à une période avancée, la fièvre rémittente bilieuse, si bien décrite par le professeur Charcot, se présente avec ses caractères tranchés, ses accès irréguliers, peu prononcés ; elle se distingue de la fièvre palustre par le type des accès, rémittents et non intermittents, apparaissant de préférence le soir ou la nuit ; le taux de l’urée diminue pendant l’accès, contrairement à ce qui se passe dans la fièvre intermittente vraie. La quinine n^a aucun effet sur la fièvre hépatique : peut être administrée chez un paludique, pourra-t-elle amener une amélioration passagère et trompeuse. On doit se tenir en garde contre cette cause d’erreur.
Pour Fétude détaillée de la fièvre rémittente nous renvoyons aux leçons du professeur Charcot et au travail de Strauss.
(1) Gueneau de Mussy. Clin. mèd.y t. II, p. 73.
(2) Fabre. Relat. pathog. du syst. nerv p. 17.
(3) Habershon. Diseases of the liver.