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PONCTION EXPLORATRICE

Le diagnostic de la compression par une tumeur volumineuse du rein, de l’ovaire, de l’utérus, par la grossesse, ne présente aucune difficulté.

Ponction. Incision exploratrice. — On le

voit, le diagnostic des causes de la tumeur et même de la tumeur, est souvent difficile, pour ne pas dire impossible par le simple examen. Et cependant le malade est en péril, et un traitement curatif ou tout au moins palliatif est peut-être possible. S’il est des moyens capables de nous aider à préciser le diagnostic, nous ne devons pas hésiter à y recourir, si leur emploi n’offre pas de dangers trop grands. Ces moyens sont la ponction et l’incision exploratrice.

Les renseignements que fournit la ponction sont peu nombreux. Sans doute nous aurons sous les yeux le liquide que contient la tumeur, mucus (1), pus ou bile : mais ce point est facile à éclaircir sans ponction. La cause de l’obstruction, le seul fait qui nous intéresse, nous échappe. J.-L. Petit a bien conseillé d’introduire par le troquart un stylet flexible, et d’explorer la cavité de la vésicule et du canal cystique. Le choc du stylet contre une pierre sera la preuve d’une occlusion par enclavement calculeux. Mais le stylet ne peut pénétrer dans le cholédoque. D’ailleurs son emploi n’est pas sans danger, surtout si l’on songe à l’état pathologique des

(1) Dans l’hydropisie de la vésicule, le liquide est parfois tellement clair, qu’on pourrait le confondre avec celui d’un kyste hydatique. La recherche des crochets, l’examen chimique du liquide peuvent seuls lever le doute. Il suffit d’être prévenu de cette cause d’erreur.

DIAGNOSTIC DES TUMEURS

parois de la vésicule et de son conduit. La substitution au stylet d’une bougie fine et flexible permettra peut-être d’explorer le cholédoque. Mais cette manœuvre est passible des mêmes objections, et les renseignements que peut donner un corps mou et sans rigidité sont de bien peu de valeur.

D^ailleurs la ponction par elle-même n’est pas sans danger. Se sert-on d’un troquart un peu volumineux, et cela est nécessaire si l’on veut suivre le conseil de J.-L. Petit, la plaie de la vésicule déterminée par la ponction se refermera-t-elle ? Ne doit-on pas craindre un épanchement dans le péritoine ; et peut-on affirmer que cet épanchement n’aura pas de suites funestes ? Aussi a-t-on recours exclusivement aujourd’hui à la ponction avec un troquart capillaire, et l’aspiration. Mais nous avons vu que ce procédé ne nous donnait guère de renseignements utiles. D’ailleurs l’introduction d’un troquart, même capillaire, dans un tissu altéré peut devenir le point de départ d’une fissure.

Donc la simple ponction est dangereuse. Que penser alors du procédé proposé par Luton (1), Whittaker (2) et Harley (3), qui consiste à aller avec le troquart à la recherche de la cause d’obstruction? Voici les manœuvres que décrit Harley :

1° Pousser le troquart dans la direction du canal cholédoque.

2° Si l’on n’a pas la sensation d’un corps dur, reti-

(1) Luton. Dict. Jaccoud, art. biliaire.

(2) Whittaker. N.-Y. Med. liée., 1882, p. 578.

<3) Harley. Med. Times , 1884, 5 Juillet.

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