TRAITEMENT DE LA FISTULE
La vésicule étant débarrassée de tous ses calculs, la fermeture de la fistule s’obtient en générai assez facilement ; elle survient quelquefois spontanément. Au besoin, on pourra la favoriser par quelques cautérisations légères. Luton ( loc . cit.) s’est bien trouvé de l’emploi d’injections de teinture d’iode.
Dans un cas semblable, M. Perrier (1) employa le cautérisation au galvano-cautère. La fistule se ferma pour se rouvrir quelques jours après. J’ignore quel fut le traitement consécutif.
Tantôt, au contraire, le passage de bile par la fistule démontre la perméabilité du canal cystique, et s’oppose à toute cicatrisation du trajet. Dans ce cas, Witzel recommande le procédé suivant : ouverture de la cavité abdominale ; séparation de la vésicule et de la paroi ; fermeture de l’orifice de la vésicule avec quelques points de suture, suivant le procédé de Lemberg; avivement et suture de l’orifice pariétal.
Je ne sais si ce procédé a été employé dans ces conditions. Il est donc impossible de juger de sa valeur par les faits. En somme, il n’est autre que la cholécystotomie dite idéale par les auteurs américains, et qui, nous le verrons plus loin, paraît être la plus dangereuse des opérations tentées sur la vésicule. La cholécystectomie serait peut-être préférable. Nous y reviendrons.
Lorsque le phlegmon correspond à un empvème de la vésicule, l’intervention doit être beaucoup plus hâtive. Les dangers que l’affection fait courir au malade sont
(1) Obs, inédite communiquée par M. Mauclair.
TRAITEMENT DE l’eMPYÈME
bien plus sérieux. Coûte que coûte, il faudra pénétrer sans retard dans la vésicule, évacuer la collection purulente et désinfecter la cavité. Si le trajet fistuleux n’est, pas accessible, on n’hésitera pas à pratiquer sur un autre point la cholécystotomie. En tous cas, la ponction de l’empyème, avec un troquart, doit être rejetée. Bien que ce procédé ait réussi entre les mains de Brown (1), la mort par péritonite suraiguë d’un malade de Pepper (2), à la suite d’une simple ponction exploratrice, doit nous mettre en garde contre ses dangers. Il vaut mieux inciser franchement la paroi abdominale au point le plus saillant. On a de grandes chances de trouver des adhérences et d’arriver directement dans la vésicule.
Les choses se passèrent ainsi dans les observations de Hughes (29 juin 1870) (3), de Kearny et de Burke (4), de Terner (5), etc.
Dans les cas de Wood et de Felizet, les adhérences existaient mais peu étendues, et en prolongeant l’incision, on ouvrit la cavité abdominale. Les deux auteurs complétèrent la fixation de la vésicule par quelques points de suture. Les malades guérirent sans accident.
Si on ne trouvait aucune adhérence, on aurait à suivre les règles de conduite exposées dans le chapitre suivant.
(1) Brown. Brit.med. Journ., 1878, II, p. 916.
(2) Pepper. Cité par Roth, d’après le Schmidt’s Jahrbuch., 1857.
(3) Hughes. Cincinnati Lancet and Clin. 1879, p. 147.
(4) Burke (2 obs.). New York Med. Record, 1883, p. 515.
(5) Terner. Khirurgitchesky Vestnik. Saint-Pétersbourg, 1885, février (résumé dans le London med. Record, 1885, 15 juin, p. 239.