TUBERCULOSE
Le canal cystique, pareillement dégénéré, est bouché au voisinage de la vésicule. Plus loin il est très rétréci par l’hypertrophie de ses parois. Le canal cholédoque est également rétréci, et est le siège de quelques granulations tuberculeuses. Les canaux hépatiques, dilatés, ne présentent pas de tubercules : leurs parois sont épaissies : ils renferment une bile verdâtre. A peine quelques granulations dans le foie.
Ganglions mésentériques et iliaques droits en partie caséeux.
Nécrose du pubis droit, et destruction du ligament symphysaire. Reins peu altérés.
Quant aux kystes hydatiques se développant dans la vésicule, leur existence a été niée par Davaine. On peut voir des hydatides du foie venir comprimer la vésicule, en déterminer l’atrophie, se substituer en quelque sorte à elle. Peut-être même, comme dans une observation de Dickinson (1), le kyste envahissant les voies biliaires peutil s’étendre jusqu’à la vésicule. Je n’ai pu trouver qu’une observation probante d’ hydatides développées dans la vésicule même ; c’est celle que Musehold (2) a consignée dans sa thèse, et que rapporte Von Schueppel.
Chez un malade de 31 ans, le foie contenait un kyste hydatique parfaitement clos, et dans lecholécyste transformé en une poche du volume d’une poire, se trouvaient six vésicules ayant les dimensions d’une cerise et un grand nombre d’autres plus petites. Une autre vésicule existait dans le canal cholédoque. Ces diverses poches étaient indépendantes, et leurs échinococcus n’étaient pas détruits. La bile n’avait donc pas pénétré dans leur ca-
(1) Dickinson. Trans. of path. Soc. 1862, XIII, p. 104.
(2) Musehold. Dissert, inaug. Berlin, 1876.
TUMEURS DE LA. VÉSICULE
vité; on sait, en effet, que l’ouverture des kystes dans les voies biliaires est un mode de guérison, la bile ayant sur les échinocoques une action délétère.
Tumeurs malignes de la vésicule biliaire.
— Les néoplasmes malins de la vésicule sont assez fréquemment secondaires. Tantôt ils sont dus à la propagation par contiguïté d’un cancer siégeant primitivement sur un organe voisin, foie, estomac, duodénum, côlon, pancréas, péritoine, etc. Suivant la nature de la tumeur primitive, on rencontrera les diverses formes du carcinome (squirrhe, encéplialoïde, cancer colloïde, surtout fréquent dans les cancers propagés du péritoine), ou un épithélioma. Il se produit le plus souvent dans ces conditions une infiltration étendue des parois de la vésicule : celles-ci sont épaissies, mais leur forme est peu modifiée. La cavité est plus ou moins oblitérée par des fongosités, des nodules à surface ulcérée. La perforation des parois est rare : il se produit des adhérences péritonéales, des néo-membranes, qui enveloppent la vésicule et rendent la découverte de la tumeur vésiculaire parfois assez difficile.
Tantôt, la tumeur primitive siège plus ou moins loin de la vésicule, et le néoplasme dont celle-ci devient secondairement le siège, peut être considérée comme « métastatique ». Ici encore, la tumeur de la vésicule a les mêmes caractères que la tumeur d’origine : le plus souvent, elle représente un carcinome, ou un épithélioma, rarement un sarcome. Son mode de développement n’est pas le même. que dans le cas précédent. Elle apparaît sous forme de nodules peu volumineux, isolés ou agglo-
mérés, qui s’étendent et se fusionnent peu à peu ; ils font saillie dans la cavité de la vésicule et y déterminent des fongosités ulcérées. On peut voir se produire des ulcérations sur les points de la muqueuse non envahis parla néoplasie. La perforation de la vésicule, dans cette forme nVst pas très rare, et entraîne ses conséquences habituelles, passage de la sanie et de la bile dans le péritoine, péritonite suraiguë et mort rapide (Von Schueppel).
Dans les deux variétés, l’occlusion des canaux excréteurs est fréquente, et provoque les complications que nous étudierons plus loin.
Le cancer primitif de la vésicule a été étudié en premier lieu par Durand-Fardel (1). Cruveilhier, cependant l’avait déjà signalé (2). Depuis il a donné lieu à un certain nombre de descriptions, parmi lesquelles nous signalerons celles de Frerichs (3), de Barth et Besnier (4), la thèse de Bertrand (b), le mémoire très complet de Villard (6), celui de Julius Schreiber (7), la dissertation inaugurale de Kohn (8), enfin le chapitre que Von Schueppel a consacré à ce sujet (9). Les comptes rendus
(1) Durand-Fardel. Soc. a nat., 1838, p. 157. — Arch. gèn., 1840, VIII, p. 167. — Maladies des vieillards, p. 761.
(2) Cruveilhier. Anat. pathol., II, p. 542.
(3) Frerichs. Traité prat. des mal. du foie. Trad. fi\, p. 661.
(4) Barth et Besnier. Art. Voies biliaires du Dictionnaire Dechambre.
(5) Bertrand. Thèse de Paris, 1870.
(6) Villard. Mouvement Médical, 1870.
: (7) J. Schreiber, Berl. Klin. Wochenschr., 1877, n° 31.
(8) Kohn. Dissert, inaug. Breslau, 1879.
' (9) V. Schueppel. Loc. cit., p. 68.
TUMEURS DE LA VÉSICULE
de la Société anatomique contiennent de nombreuses observations de cancer primitif de la vésicule.
Anatomie pathologique. — A l’examen microscopique, les tumeurs malignes primitives de la vésicule biliaire se trouvent être des carcinomes et, plus fréquemment encore, des épithéliomas à cellules cylindriques. Le carcinome primitif est le plus souvent colloïde ; l’encéphaloïde est assez fréquent ; le squirrhe est rare. L’épithéliome se montre sous forme de tubes ou de cavités non limités par une membrane isolée, et tapissés dhine couche de cellules cylindriques laissant au centre un espace vide. Ces cellules ont une atypie peu prononcée. Leur forme est assez bien conservée : on peut quelquefois reconnaître l’existence d’un plateau à leur extrémité libre. Dans les nodules secondaires du foie, il serait même possible de leur retrouver les mêmes caractères.
L’aspect macroscopique diffère peu pour les deux variétés. Tantôt, comme dans le squirrhe, la tumeur est d’abord constituée 'par une infiltration nodulaire ou en plaques des parois : celles-ci, envahies peu à peu, sont épaissies, indurées, rétractées. La muqueuse dans cette forme est peu intéressée: la paroi externe de la vésicule est parfois enchâssée dans une masse dégénérée qui la rend difficile à reconnaître. Tantôt, dans l’encéphaloïde, ou l’épithélioma, le cancer offre l’aspect d’une fongosité plus ou moins développée, remplissant complètement ou presque complètement la vésicule, à la face interne de laquelle elle adhère soit par un pédicule, soit par une large base. La fongosité peut n’être pas unique : on voit