OCCLUSION CHOLÉDOQUE
par des adhérences péritonéales, on pourrait se borner à la même manière de procéder. Les dangers d’intoxication cholémique seraient mis de côté.
Mais, dans ces cas, on doit non seulement parer aux accidents urgents, mais encore chercher à obtenir un retour à la santéaussi complet quepossible. Or, la cholécystotomie simple présente deux grands inconvénients. Elle laisse après elle une fistule dont la guérison est impossible et ne doit pas même être tentée. Cetle fistule donnera passage à une quantité de bile souvent considérable, et sera très incommode pour le malade. D'autre part, il n’est pas certain que l’absence de bile dans l’intestin n’ait pas sur les phénomènes de la digestion une influence néfaste.
Notre intention n’est point de discuter ici l’action physiologique de la sécrétion biliaire. Les expérimentateurs modernes s’accordent même à ne lui attribuer, dans la digestion, qu’un rôle secondaire. Un travail récent de Rohmann (1) que nous rapportons d’après Roth, établit les conclusions suivantes, à ce sujet : la bile est avant tout un antiputride. Malgré son absence, l’intestin peut fonctionner d’une façon normale. Mais le moindre trouble physiologique, la moindre lésion intestinale • prendront une gravité insolite. Déplus, la bile joue un rôle dans l’absorption des graisses, sans en être toutefois le seul facteur.
Donc, la perte de la bile peut être supportée, mais présente de graves inconvénients. Harley lui attribue la
(1) Rohmann. Pflüger’s Arçh . Bd. XXIX.
CHOLÉCYSTOTOMIE
constipation, la flatulence, et la décomposition fétide des fèces que Ton observe chez les sujets porteurs d’une fistule biliaire. Il conseille d’y remédier par l’ingestion de bile de cochon en capsules.
Nussbaum, ayant observé que les chiens qui lèchent leur fistule, dépérissent moins vite, avait proposé le même artifice. Pour Winiwarter la bile provoque les mouvements péristaltiques, et son absence a pour effet de ralentir la digestion et de la rendre incomplète.
Bien que plusieurs observations (citées par Harley) établissent qu’une fistule biliaire complète est compatible avec un état général satisfaisant, il est évident que, dans les limites du possible, on doit éviter à l’opéré cette infirmité.
La suppression de l’obstacle n’est guère possible que si l’occlusion est due à l’enclavement d’un calcul. Divers procédés ont été proposés. Le plus simple est de tenter, pendant l’exploration, la mobilisation du calcul par des dressions douces sur le canaf ce que plusieurs auteurs ont fait avec succès.
Handfield Jones (1), dans un cas semblable, proposa de faire la laparotomie, et d’essayer, en agissant sur le canal, de pousser le calcul dans le duodénum. Le chirurgien qui l’assistait n’osa prendre sur lui la responsabilité d’une semblable opération. Le malade mourut.
Lange (loc. cit.) parvint à repousser le calcul dans la vésicule, d’où il put l’ëxtraire.
(1) Handfield Jones. Med. Times and Gazette , 1878, p. 247.