CHAPITRE II
CALCULS BILIAIRES
Genèse. — Cholélithiase chronique. Coliques hépatiques. — Accidents : 1° Modifications et lésions de la vésicule : cholécystite calculeuse. Tumeur calculeuse ; 2° Issue des calculs par un trajet accidentel. Rupture dans le péritoine. Fistules cystico-viscérales.
Partout où la bile peut séjourner, on voit se former des calculs biliaires. On en peut donc rencontrer dans les canaux biliaires tant intra qu’extra-hépatiques. Mais le point où se produisent d’une façon presqu’exclusive ces concrétions est assurément la vésicule biliaire. La présence de la vésicule entraîne en effet toutes les conditions susceptibles de ralentir le cours de la bile. Le mouvement rétrograde que suit ce liquide pour pénétrer dans la vésicule arrête ou du moins ralentit sensiblement son cours. Le canal cystique et le col de la vésicule par leurs plicatures retardent encore sa sortie. Ne sait-on pas enfin que la bile doit stagner d’une façon normale et périodique dans le réservoir d’où elle n’est expulsée que pendant la période digestive?
Le volume de ces concrétions est très variable : ils peuvent se présenter sous forme de gravelle ou de sable
CALCULS BILIAIRES
biliaire : en général, ils sont gros comme un petit pois ou une noisette. Ils peuvent dépasser de beaucoup ces dimensions.
Leur nombre est en relation inverse de leur volume. 11 est rare qu’un calcul soit unique ; souvent très nombreux, ils peuvent remplir la vésicule. Cruveilhier en a compté jusqu'à 2,000.
Leur forme dépend surtout de leur nombre. Les calculs uniques sont arrondis ou ovoïdes ; multiples ils prennent une forme polyédrique, à facettes, qu’expliquent leurs
frottements réciproques.
Leur consistance est, en général, peu considérable. Sans doute les calculs sont durs au toucher : mais ils sont peu denses, extrêmement légers, et se réduisent en poussière sous une pression modérée.
~ La coupe d’une de ces concrétions montre trois zones : un noyau central, une couche moyenne, une corticale.
a) Noyau central. — Il est brun verdâtre, et résulte d'une combinaison du pigment biliaire avec la chaux : le centre du calcul peut être creusé d'une cavité (géode calculeuse de Cruveilhier). Dans quelques cas exceptionnels, le noyau central renferme autre chose qu’un amas de pigment et de chaux ; on y a trouvé : 1° du mucus concret ; 2° des cellules épithéliales ratatinées ; 3° des corps étrangers de nature diverse (ascarides, distomes, pépins de raisin) ; 4° une petite concrétion ramifiée venue probablement des voies biliaires intra-hépatiques.
b) Couche moyenne . — Cette couche est de beaucoup
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la plus considérable ; elle affecte une disposition rayon-* née ; elle est formée de cristaux de cholestérine.
c) Couche corticale . - — Cette couche est lamelleuse elle est essentiellement formée par de la cholestérine amorphe; accessoirement, on y trouve des stries de pigment biliaire et du carbonate de chaux.
En résumé, ce qui domine dans la composition chimique du calcul, c’est la cholestérine •: puis vient le pigment biliaire uni toujours à de notables proportions de chaux. Quant aux acides biliaires et à leurs sels alcalins, on ne les trouve qu’en très petite quantité. La migration d’un calcul à travers l’intestin ou hors des voies naturelles peut modifier profondément sa composition chimique ; c’est un point qu’il est important de connaître, mais que nous ne pouvons que signaler en passant.
Dans la genèse des calculs, nous ne voulons retenir qu’un point, mis en lumière par le professeur Bouchard. Nous avons vu que les calculs contiennent surtout de la cholestérine et des sels de chaux. Or, la cholestérine se précipite : 1° quand elle est produite en excès ; 2° quand il y a défaut d’alcalinité des sels biliaires. La lithiase biliaire ne survient que chez les individus dont la nutrition est ralentie. D’une manière générale, le ralentissement de la nutrition amène la permanence dans l’organisme des acides qui ne sont pas brûlés, et par conséquent diminue l’alcalinité des humeurs en général, des sels biliaires en particulier. En outre, cette accumulation des acides a pour effet de précipiter la chaux des élé-